
Quintessence
Endodontie - 2001Région cervicale et étanchéité : zone critique, attention danger.
T.ROOSParmi les critères de succès à long terme en endodontie, nous savons que l’étanchéité coronaire est l’un des plus important. En effet, le plus parfait des traitements canalaires voit son pronostic remis en cause en cas d’exposition prolongée au milieu bactérien. Les endotoxines atteignent la région apicale en trois jours et les bactéries elles-mêmes en vingt et un jours. Pour permettre une bonne étanchéité, la région cervicale doit être sous contrôle. Pour cela, nous disposons de solutions parodontales, orthodontiques et endodontiques . Cette séance a pour but de présenter des techniques permettant d’améliorer nos résultats quotidiens en assurant une bonne étanchéité coronaire. Elongation coronaire, traction orthodontique, traitement des perforations et des résorptions sont autant de méthodes fiables et simples à mettre en œuvre dans le cadre de l’omnipratique.
La restauration de dents présentant des lésions sous-gingivales constitue indéniablement un challenge pour l’omnipraticien. En 1973, Heithersay publia pour la première fois une nouvelle méthode combinant endodontie et orthodontie afin de traiter des cas de fracture sous-gingivale intéressant le tiers cervical de la racine : l’éruption forcée.
Ce mouvement orthodontique cherche à reconstituer l’espace biologique qui sépare le sommet de la crête alvéolaire du fond du sillon gingivo-dentaire, que Garguilo & al. (1961) ont estimé à 2,04 mm. De plus, il nous faut disposer de 1 à 2 mm de structures saines au-dessus de l’attache épithéliale, afin de positionner idéalement les limites de nos restaurations. En conséquence, la distance séparant la crête osseuse de l’extrémité coronaire saine de la dent à restaurer doit être au minimum de 3 à 4 mm. A l’opposé, toute limite sous-gingivale qui empiète dans l’épithélium de jonction va entraîner immanquablement une inflammation gingivale, un saignement et des lésions parodontales irréversibles avec perte d’attache.
Des impératifs endodontiques nous poussent également à bien veiller à l’emplacement des limites de nos restaurations. En effet, en cas de perte d’étanchéité cervicale d’une dent traitée endodontiquement, les endotoxines parviendront à atteindre la région apicale en trois jours et les bactéries en vingt et un jours.
L’exposé abordera successivement des considérations générales, telles que la vitesse d’éruption, les réactions tissulaires et interventions parodontales associées, l’estimation du rapport ultime racine/couronne cliniques. Puis l’alternative thérapeutique de l’élongation coronaire sera évoquée et les deux procédures comparées.
Les indications de l’éruption forcée sont constituées par toutes les lésions sous-gingivales du 1/3 cervical de la racine : les fractures obliques ou horizontales, les résorptions radiculaires internes ou externes, les caries primaires ou secondaires, les perforations mais aussi les poches parodontales à 1 ou 2 parois (Ingber, 1974) ou l’extraction, quand l’extraction chirugicale est contre-indiquée pour raison médicale. L’éruption forcée est également utilisée à présent dans le cas de dents condamnées avant extraction. Elle a alors pour but de créer de l’os et de la gencive nouvellement formés avant la pose d’implants (Salama & Salama, 1993).
Les contre-indications de l’éruption forcée sont les cas où la longueur radiculaire ultime sera insuffisante (rapport racine/couronne cliniques ultimes inférieur à 1), où l’espace prothétique interarcade est insuffisant, où l’on risque une complication parodontale telle que l’exposition d’une furcation, de racines courbes où l’on risque une proximité radiculaire.
Cet exposé abordera alors les différentes techniques qui peuvent être mises en oeuvre et les étapes successives qui mènent à la mise en place d’une restauration esthétique respectant le système d’attache parodontal. (Dr. Yves BOLENDER)
L'aménagement préprothétique de l'espace biologique d'une dent délabrée ou fracturée peut nécessiter préalablement un allongement coronaire (ou élongation coronaire). Cela comprend l'ensemble des moyens mis en oeuvre pour augmenter la hauteur coronaire afin de rétablir un environnement parodontal compatible avec le maintien à long terme de l'intégrité tissulaire et donc de l'étanchéité corono-radiculaire. Elle peut être chirurgicale par soustraction, ou orthodontique par égression.
L'espace biologique est le maillon critique de l'interface parodonte prothèse. Selon Garguilo & al., l'espace biologique est de 2.04 mm (entre 1.19 et 2.88 mm). De nombreuses publications détaillent les conséquences de l’effraction de cet espace biologique.
Au cours de la chirurgie d’élongation, l’os alvéolaire sera réduit afin de ménager 3 mm de tissu dentaire sain. L’analyse des tissus mous (sondage parodontal et hauteur de gencive kératinisée) déterminera le type de lambeau. L’ostéoplastie se fera à l’aide de fraises boules diamantées associées aux ciseaux à os. Le lambeau sera repositionné par différents types de sutures.
La réalisation de restaurations esthétiquement et biologiquement acceptables sur des dents délabrées ou fracturées passe par la combinaison de différentes thérapeutiques ; les conditions de succès impliquent la compréhension des paramètres dentaires et parodontaux. (Dr. Albert Pinto)
Conférenciers
DR RENE SERFATY - Solutions endodontiques : les techniques endo canalaires et micro chirurgicalesDR THIERRY ROOS
DR ELIE MANDEL - Perte détanchéité cervicale : conséquences endodontiques et pronostic infectieux.
DR YVES BOLENDER - Solutions orthodontiques : les techniques de tractions axiales.
DR ELY MANDEL - Perte d'étanchéité cervicale, conséquences endodontiques et pronostic infectieux.
DR ALBERT PINTO - Solutions parodontales : les techniques délongations coronaires


