
Quintessence
Odontologie pédiatrique - 2001L'anesthésie chez l'enfant : duo ou duel ?
H. BESSEL’anesthésie locale ou loco-régionale en odontologie pédiatrique est très souvent la première difficulté à franchir pour la pratique de soins non douloureux. C’est donc de ce premier acte thérapeutique que dépendra très fortement la qualité des relations enfant/praticien. En effet, l’évolution du développement psycho-comportemental, comme celle des structures anatomiques au cours de la croissance doit permettre au praticien d’adapter l’analgésie à l’âge de l’enfant, aux orientations cliniques choisies. Le recours à une prémédication, le choix du matériel et des techniques, les molécules analgésiques se feront en fonction des traitements envisagés. La réussite de l’anesthésie permet au praticien de pratiquer des soins de qualité en toute sérénité sur un enfant confiant et détendu. En revanche l’échec sera souvent lourd de conséquences psychologiques et cliniques. La maîtrise de l’anesthésie chez l’enfant demeure donc primordiale.
Les repères anatomiques des techniques analgésiques font toujours référence à une anatomie standard de l’adulte et les indications d’adaptation en fonction de l’âge du patient sont plutôt d’ordre philosophique que technique.
En ce qui concerne le choix du matériel, les fabricants ont pris le parti de fournir aux praticiens un éventail important de matériel sans en préciser les indications et les limites. Ceci conduit les praticiens à utiliser du matériel inadapté qui, dans certains cas, conduit à des incidents ou accidents ( blessures vasculaires ou nerveuses, ruptures d’aiguilles etc.).
La croissance du maxillaire et de la mandibule se traduit par des modifications au niveau des repères des techniques analgésiques nécessitant d’adapter à chaque fois les techniques et le matériel.
Nous étudierons, au niveau des principaux sites d’injection, les modifications des rapports anatomiques en fonction de la croissance osseuse.
Ceci nous permettra d’expliquer les problèmes rencontrés et de proposer le moyen de les éviter. (Dr. Jean François GAUDY)
Quoi de plus naturel que de proposer à un enfant une séance de soins dentaires où on lui épargnerait un vécu douloureux grâce à une analgésie locale ? Mais l’évidence gestuelle doit être pondérée par une conduite générale intégrant un préalable intellectuel. Celui-ci repose principalement sur l’observation clinique qui permet au praticien de recueillir un certain nombre de données cliniques relatives à l’enfant. A partir de ces données, il procédera à leur mise en adéquation avec les notions pharmaco-thérapeutiques de l’analgésie locale actuellement acquises. De cette opération va découler la réussite de l’acte analgésique chez l’enfant éliminant ainsi de fait les sources d’inquiétude à la fois pour l’enfant et le praticien.
Aussi, afin de dresser un bilan des contraintes auxquelles l’acte de l’analgésie locale soumet le praticien, nous vous proposons d’exposer ensemble les problèmes potentiellement rencontrés avant, pendant et après l’acte de l’analgésie locale chez l’enfant en focalisant plus particulièrement sur les aspects pharmacologiques. A partir de ces données rationnelles et reproductibles, le praticien parviendra ainsi à déduire des objectifs susceptibles de l’amener à un résultat analgésique optimal tout en respectant le problématique équilibre entre critères d’efficacité et critères de tolérance.
Une telle démarche le conduira à la fois à démystifier et à démythifier certaines notions constituant des zones d’ombre de l’analgésie locale chez l’enfant. C’est à ce prix que la relation thérapeutique analgésique locale entre le praticien et l’enfant sera totalement couronnée de succès. (Dr. Charles-Daniel ARRETO)
L’analgésie est un acte essentiel chez l’enfant. En effet, un échec conditionnera négativement toutes les séances de soins à venir. Le contrôle de la douleur engendrée par un certain nombre d’actes thérapeutiques fera au contraire des patients coopérants pratiquement toute leur vie. Cette confiance acquise s’établit bien évidemment par une anesthésie par infiltration mais aussi plus subjectivement dans l’approche du patient pour cette technique.
Deux aspects sont à considérer pour l’analgésie dentaire :
1. Le bon choix de la technique analgésique
2. L’acte d’analgésie qui s’effectue chez l’enfant en 3 temps : avant, pendant, mais aussi après.
Le choix de la technique analgésique est primordial. En effet, nous ne devons pas chez le jeune enfant recommencer une infiltration parce qu’elle n’a pas pris ! Nous n’avons pas le droit à l’erreur. Pour cela une bonne connaissance de l’anatomie est indispensable. Elle est d’autant plus indispensable que nous nous situons sur un terrain en pleine croissance. Au maxillaire supérieur, la technique de choix est l’analgésie par infiltration para-apicale. Elle est en général non douloureuse sauf dans le secteur antérieur ou quelques gestes adéquats atténueront cette infiltration plus douloureuse. Tout autre type de technique (intraligamentaire ou intraseptale) ou au niveau palatin est à éviter car généralement très désagréable. Au maxillaire inférieur, pour les secteurs molaires, l’analgésie régionale au foramen mandibulaire est recommandée. Certains praticiens la pensent plus difficile et délicate à réaliser alors que c’est une anesthésie qui marche pratiquement à tous les coups . Dans le secteur antérieur, l’infiltration para-apicale est suffisante.
L’approche de l’acte est ensuite l’élément déterminant. Il faut distinguer trois temps :
1. Avant l’infiltration : Le premier contact avec l’enfant est déterminant dans l’approche psychologique ; Il n’est pas recommandé lors de la première séance de réaliser ce type d’acte. Cette première séance doit être l’occasion de se connaître et pour l’enfant de se familiariser avec le cadre et notre matériel.
2. L’acte d’infiltration doit toujours être précédé d’une analgésie de surface. L’infiltration doit être réalisée lentement sans gestes brusques. Il faut éviter tout terme angoissant et tout bruit superflu ; L’ambiance doit être détendue.
3. L’analgésie ne se termine pas à la fin de l’infiltration ; Il faut rassurer sur les sensations bizarres que perçoit rapidement l’enfant. D’autre part, il vaut mieux toujours attendre un peu avant de se précipiter sur les premiers soins afin d’éviter toute sensation douloureuse.
L’analgésie chez l’enfant est un acte indispensable à la réalisation de soins. Elle doit se réaliser suivant certains critères anatomiques et cliniques. Elle se fera dans une ambiance agréable avec une méthodologie éprouvée pour ce type d’acte. (Dr. Frédéric COURSON)
Conférenciers
DR FREDERIC COURSON - Est-ce que tu vas me faire mal ?" Approche de l'analgésie chez l'enfant."DR CHARLES DANIEL ARRETO - aspects pharmaco-thérapeutiques de l'analgésie en endontologie pédiatrique
DR JEAN FRANCOIS GAUDY - Incidences de la croissance sur le choix du matériel et des techniques analgésiques


