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Parodontologie



Quand les gencives s'affolent ! Parodonte et pathologies parodontales
Version : 2007
Auteur : Philippe Viargues

Gonflement des gencives, inflammation (teinte rouge violacé, texture lâche), douleur, saignements... Une gencive gonflée et qui saigne n’est pas un signe de bonne santé ! Non traitée, la gingivite peut évoluer vers une pathologie plus compliquée : la parodontite, une inflammation des tissus de soutien de la dent (gencives, ligaments...) qui peut être irréversible avec perte d’attache de la dent.

La prolifération bactérienne, l’accumulation de la plaque dentaire, le tartre, les variations hormonales (femme enceinte), le tabagisme, le stress, le diabète ou encore un défaut de brossage sont les principales causes des pathologies parodontales, qui peuvent être infectieuses ou non infectieuses (anato traumatiques).

Le parodonte est constitué par l’ensemble des « tissus » de soutien de la dent, au nombre de 4:
- la gencive, la couche externe, la seule visible
- le ligament, ensemble de fibres qui réunissent l’os au cément
- le cément, couche minéralisée qui recouvre les racines dentaires et fait partie intégrante de la dent
- l’os.

LES PATHOLOGIES INFECTIEUSES DU PARODONTE : DE LA GINGIVITE A LA PARODONTITE

On parle de gingivite quand seule la gencive est atteinte et pas les 3 autres tissus. La gencive est rouge, gonflée, saigne au contact (brossage) et même parfois spontanément. Il s’agit d’une réponse inflammatoire presque toujours liée à la présence de bactéries. Cette gingivite est généralement le résultat d’une hygiène insuffisante. Elle est réversible et disparaît rapidement quand une technique de brossage correcte et efficace est instaurée.

Quand la réponse du système immunitaire, propre à chaque individu, permet à l’infection de se développer, les tissus profonds sont atteints : cément, ligament et os. L’inflammation se propage sous la gencive et provoque une destruction de ces tissus de soutien. La dent peut devenir mobile, parfois se déplacer légèrement, présenter des abcès.

En l’absence de traitement, l’apparition d’une mobilité extrême entraîne sa perte. Cliniquement cela se traduit généralement par une diminution du niveau de la gencive, les dents semblent plus longues et des espaces noirs apparaissent entre elles. On parle alors de parodontite. Comme pour toutes maladies infectieuses, tous les degrés sont envisageables. Le traitement avant tout anti-microbien est efficace dans la majorité des cas, à la condition que le patient accepte de mettre en place une hygiène bucco-dentaire personnelle parfaite.

La majorité de la population peut présenter une atteinte superficielle ou chronique du parodonte. 10 à 15 % des patients qui consultent présentent eux une forme dite agressive qui, en l’absence de traitement, conduit à la perte des dents. Il est important de préciser que ces maladies parodontales peuvent interférer avec la santé générale. Ainsi le diabète ou le tabagisme sont des facteurs de risques extrêmement importants dans l’apparition ou le développement de ces maladies. A l’inverse, il est aujourd’hui acquis que les patientes enceintes présentant une forme agressive de maladie parodontale voient le risque d’accouchement prématuré très augmenté.

LES PATHOLOGIES NON INFECTIEUSES DU PARODONTE : RECESSIONS GINGIVALES ET CHIRURGIE PLASTIQUE PARODONTALE

Les pathologies non infectieuses sont des destructions de différents éléments du parodonte en présence d’une anatomie des tissus résistant mal aux contraintes mécaniques. Ces défauts appelés « récessions gingivales » peuvent résulter d’un mauvais brossage (mauvaise technique, matériel inadapté), d’une inflammation gingivale marginale consécutive à des restaurations mal adaptées, débordantes ou trop profondément situées sous la gencive, ou encore de malpositions dentaires.

Dans tous ces cas, le problème n’est pas infectieux. Même si tous les traitements passent obligatoirement par une hygiène de qualité, il s’agit essentiellement de réparer les défauts ou de recréer ce qui n’a jamais été compatible avec la santé gingivale. Le but est de recouvrir la ou les racines dentaires dénudées par un apport de gencive. Ces techniques permettent d’obtenir un renforcement des tissus environnants et un recouvrement plus ou moins complet en fonction de l’importance du défaut initial.

Cette chirurgie a essentiellement recours à des procédés de greffes « pédiculées » ou « libres ». Dans le cas d’une greffe pédiculée, le greffon qui recouvre le défaut est toujours relié au parodonte. Dans le cas d’une greffe libre, le tissu qui recouvre ou répare le défaut se trouve à distance de celui-ci.

Au-delà de son aspect « réparateur» cette chirurgie permet d’améliorer l’esthétique d’un sourire ou d’améliorer l’intégration esthétique d’une reconstruction prothétique. En effet, il est aujourd’hui reconnu que la qualité d’un résultat esthétique est, avant tout, liée à l’absence d’inflammation et à l’équilibre harmonieux gencive/dents visibles lors du sourire.


Gingivites et maladies parodontales : des personnes plus sensibles que d'autres...-- 80% des adultes souffrent de gingivite.1-- 64% des femmes enceintes présentent une gingivite2 : l'inflammation gingivale chez la femme enceinte est due aux changements hormonaux pendant cette période. Les femmes enceintes présentant une forme agressive de maladie parodontale voient le risque d'accouchement prématuré très augmenté.-- 42% des parodontites sont associées au tabac3 : les fumeurs ont 2,5 à 6 fois4 plus de risque de souffrir d'une maladie parodontale car ils développent plus de plaque dentaire et de tartre que les non fumeurs.-- 50% des diabétiques présentent une maladie parodontale4 : ils sont 3 fois plus exposés(5). Leurs défenses immunitaires sont amoindries, ce qui favorise le développement des bactéries responsables des maladies parodontales.


1.Recommandations ANAES. Parodontopathies : diagnostic et traitement. Mai 2002
2 Lieff S et al. The oral conditions and pregnancy study: periodontal status of a cohort of pregnant women. J Periodontol 2004
75 :116-126
3. Johnson GK et Slach NA. Impact of tobacco use on periodontal status. Journal of Dental Education 2001 ;65 :313-321
4. Emrich LJ et al. Periodontal disease in non-insulin-dependent diabetes mellitus. J Periodontol 1991;62:123-130
5. Johnson NW et al. Tobacco and oral disease. British dental Journal 2000 ; 189 :200-206

 
 
 
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