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Parodontologie



Parodontologie : Comment concilier esthétique et fonction ?
Version : 1998
Auteur : Philippe Bouchard, André-Jean Faucher

Les maladies parodontales, appelées faussement maladie des gencives, intéressent le support des dents : gencives et os.

Lorsque seule la gencive est atteinte, il s'agit de gingivites, souvent bénignes et faciles à traiter, mais lorsque l'os qui soutient la dent est malade, on parle alors de parodondites. Plus graves, elles peuvent, sans traitement, aboutir à la perte des dents et engendrer des troubles généraux parfois sérieux.

Les maladies parodontales sont très répandues dans le monde et intéressent tous les âges, y compris les jeunes enfants. En France, selon l’enquête ICSII réalisée par l'ADF sous l’égide de l'O.M.S., 87,5% des adultes entre 35 et 44 ans souffrent de maladies parodontales... Pour 80 %, il s'agit de gingivites, les parodontites touchant 27% de la population de cette tranche d'âge. Pour les enfants et adolescents, un dépistage précoce lors des visites chez le chirurgien-dentiste est indispensable.

- Les acquis

La prévention

Ce sont les bactéries qui sont à l’origine de processus inflammatoires (gingivites) et infectieux (parodontites). Le brossage individuel quotidien des dents et le nettoyage de la bouche par un professionnel, en diminuant la charge bactérienne, permettent de prévenir l’apparition des maladies parodontales.

Une bouche bien entretenue, c’est-à-dire des arcades dentaires bien alignées, sans caries ni dents absentes, contribuent également à la prévention de ces maladies. Des visites régulières chez un chirurgien-dentiste réduisent donc considérablement le risque de voir se développer une maladie parodontale grave.

Les soins

Lorsqu’une maladie parodontale est installée, le traitement consiste à stopper son évolution et à réparer les conséquences de celle-ci qui sont nombreuses, tant sur le plan esthétique que fonctionnel.

Dans le cas des gingivites, le chirurgien-dentiste indique au patient des méthodes d’hygiène personnalisées et procède à un nettoyage complet de la bouche à l’aide d’instruments appropriés : détartreurs ultrasoniques, aéropolisseurs à base de bicarbonate, petits instruments manuels permettant d’éliminer les dépôts microbiens sous la gencive. Il conseille également la prise d’antiseptiques sous forme de bains de bouche à base de chlorhexidine ou de triclosan. Il peut lui-même procéder à des irrigations indolores d’antiseptiques sous la gencive. Parfois, dans les cas de gingivites graves dites "ulcéronécrotiques", les antibiotiques peuvent être conseillés.

En cas de parodontites, le même traitement, mais plus poussé, sera appliqué. Les racines dentaires sont surfacées à l'aide de fines curettes afin d'éliminer le tartre profond et d'éviter l'adhérence du film microbien. Ces manoeuvres sont répétées jusqu'à l'arrêt de la maladie. Un traitement antibiotique est parfois prescrit.

En cas d'échec du traitement initial, ou lorsque l'accès aux racines dentaires est difficile voire impossible, on fait appel à la chirurgie parodontale. Celle-ci consiste à soulever la gencive pour accéder directement aux racines.

Dans certains cas, pour améliorer la régénération de l'os perdu, on procède à des greffes osseuses, à la pose de matériaux de comblement ou de membrane. De même, si les gencives sont rétractées, des greffes de gencives permettent de réparer le préjudice esthétique.

- Les progrès

- Les praticiens ont maintenant à leur disposition des examens microbiologiques qui leur permettent d'identifier la nature des bactéries chez leur malade. Le prélèvement est indolore : un cône stérile en papier est placé sous la gencive, les microbes prélevés sont mis en culture pendant trois semaines. Il existe également d’autres tests reposant sur le principe des sondes à ADN. Ces tests permettent de cibler l’antibiothérapie et d’ajuster le traitement. Ils ne sont pas remboursés par la Sécurité Sociale.

- Les maladies parodontales sont d’origine bactérienne et sont donc multifactorielles : leur développement est sous la dépendance de facteurs de risque.

- Des facteurs de risques génétiques ont été identifiés. Récemment, un test génétique a été commercialisé ; il permet au chirurgien dentiste, par un simple prélèvement sanguin au bout du doigt, de savoir si le patient présente un risque accru vis à vis des parodontites.

- A côté de ces risques génétiques, il existe des facteurs d’environnement tels que le tabagisme ou le diabète non traité. Le stress apparaît aujourd’hui comme un facteur de risque important car il diminue les défenses immunitaires et modifie les comportements notamment en matière d’hygiène et d’adhésion des malades à leur traitement. Des études ont mis en évidence un lien entre angoisse et maladies parodontales.

Les techniques chirurgicales actuelles permettent de réparer les cicatrices des parodontites. Beaucoup d’entre elles sont à visée esthétique. Elles autorisent un aménagement parfait de la gencive avant la pose d’une prothèse afin d’éviter les racines visibles et le trous entre les dents sur la ligne du sourire. Lorsqu’une dent extraite doit être remplacée, elles permettent de compenser la perte tissulaire souvent inesthétique. Enfin, les techniques nouvelles sont maintenant douces, atraumatiques et exceptionnellement douloureuses.

- Des études récentes mettent en évidence le rôle des maladies parodontales sur l’état général des patients. Les malades atteints de parodontite ont un risque de maladie cardio-vasculaire augmenté de 25 % par rapport aux sujets saints. Chez les femmes enceintes atteintes de parodontite sévère, le risque d’accoucher prématurément d’un enfant à faible poids est 3 à 7 fois plus important que chez les femmes non atteintes. Chez le diabétique, l’amélioration des conditions parodontales s’accompagnerait d’une amélioration des conditions métaboliques.


Le futur

Deux grands axes de recherche en parodontologie visent à améliorer le confort des patients traités et à déterminer avec plus de précision les patients à risque.

Dans l'avenir, le chirurgien-dentiste utilisera des tests microbiologiques et génétiques plus précis afin de mieux cibler ces patients à risque et de déterminer les thérapeutiques. Son rôle sera de plus en plus important dans la lutte contre le tabagisme, le dépistage précoce des maladies générales et le contrôle de celles-ci par le biais des traitements parodontaux.

Les techniques chirurgicales parodontales viseront à améliorer de plus en plus l'esthétique du sourire à l'aide de moyens de moins en moins agressifs.

Source : Philippe Bouchard
Secrétaire Scientifique du Congrès

L’ESTHETIQUE DU SOURIRE :
L'APPORT DES TECHNIQUES DE "BLANCHIMENT" DES DENTS VITALES.


Le sourire est chez l'individu le meilleur moyen de communication. Synonyme dans le monde actuel de jeunesse, de réussite et de séduction, son importance n'échappe donc à personne.

La dentisterie restauratrice, au travers de techniques aussi diverses que les résines composites, les facettes céramiques collées, les coiffes céramiques et enfin l'apport des implants, permet une réhabilitation esthétique du sourire. Mais, souvent le prix à payer est important et parfois au-delà des moyens de nos patients.

L'éclaircissement des dents vitales apparaît, pour sa part, comme un moyen d'embellissement à la portée du plus grand nombre.

- Les acquis

Il faut rappeler qu'une dent, constituée d'un noyau de dentine recouvert d'émail, n'est pas un objet inerte dans la bouche. Outre un organe vivant, elle est le siège d'échanges entre le milieu extérieur et la dent elle-même. Véritable membrane, l'émail permet le passage de corps à faible poids moléculaire.

De ce fait, il apparaît naturel que la dent voit sa teinte "saturer" et perdre de sa translucidité au cours de la vie de l'individu, et ce, en dehors de toute pathologie.

Les caries, les traumatismes et les colorations d'origine interne comme les antibiotiques favorisent également la formation de chromophores. Situés pour la plupart à la jonction entre l'émail et la dentine, ils absorbent la lumière et "foncent" ainsi la dent.

Mais, de même que les colorants traversent l'émail et modifient à la longue l'éclat des dents, il est possible de faire pénétrer des produits qui les décomposent en les oxydant.

C'est le principe simplifié à l'extrême du "blanchiment" des dents, qu'elles soient vitales ou non ; seules diffèrent les modalités d'application.

Ces techniques sont connues et pratiquées depuis la fin du siècle dernier. Après une période de désuétude, le début des années 80 a vu un regain d'intérêt pour ces méthodes sous la pression des patients devenus exigeants quant à leur esthétique.

- Les progrès actuels

Une étape importante a indéniablement été franchie avec la vulgarisation des méthodes ambulatoires.

Le principe est de permettre aux patients, après une visite chez leur praticien, de réaliser d'une façon quotidienne l'éclaircissement de leurs dents. Cette façon de procéder, en réduisant le nombre et la durée des séances chez le praticien, permet d'abaisser le coût du traitement et de le rendre abordable à un plus grand nombre de patients. A en juger par la multiplication de tels produits, le but a été atteint, du moins dans certains pays.

Il est devenu courant que les patients, éduqués par des praticiens d'un bon niveau, considèrent l'éclaircissement de leurs dents au même titre que les pratiques d'hygiène et de prévention annuelles.

Enfin, on peut ajouter qu'il est toujours plus plaisant pour un patient devant recevoir un traitement de dentisterie restauratrice prothétique, de voir la teinte de ses dents naturelles restantes considérablement améliorée.

- Le futur

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, l'avenir de l'éclaircissement des dents vitales est entre les mains des praticiens.

L'expérience personnelle acquise au cours des 15 dernières années, tant dans une pratique libérale qu'hospitalo-universitaire, nous a conforté dans l'idée que les personnes les plus difficiles à convaincre étaient les chirurgiens dentistes eux-mêmes. La plupart du temps, ils ne font pas l'effort d'étudier sérieusement ces techniques.

On peut donc souhaiter que les patients, dûment éduqués et persuadés de la pérennité des résultats et de l'innocuité de telles pratiques, exigeront d'avoir les dents "blanches", via l'utilisation de produits biologiquement bien tolérés.


Source : André-Jean FAUCHER

 
 
 
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