visuel-mediatheque

Quintessence

Parodontologie - 1998

Traitement des récessions gingivales : quelle technique chirurgicale pour quel résultat ?

Philippe Sebbag

L'objectif de cette séance est de permettre à l'omnipraticien d'approfondir ses connaissances sur l'étiologie et les thérapeutiques des récessions gingivales. Ainsi, après avoir identifié sources et indications de traitement, un panorama complet des techniques chirurgicales et des facteurs de choix sera présenté : lambeaux pédiculés, greffes gingivales libres et greffes conjonctives, techniques combinées, techniques de régénération tissulaire avec matériaux résorbables et non résorbables. Le point sur les différents types d'attache obtenus et sur l'incidence thérapeutique sera réalisé. Dans un dernier temps, une comparaison des avantages et inconvénients et des résultats possibles des différentes options sera établie, en s'appuyant sur la littérature et de nombreux cas cliniques.

Dr Patrick Schmidlin - Excessive loss of dental hard tissues poses difficulties for subsequent prosthetic tooth restorations. Traditionally reconstructive treatment to restore affected teeth has been provided using rather invasive methods like porcelain-fused-to-metal crowns or ceramic overlays. Less invasive and expensive treatment modalities would be of interest. An alternative treatment option is the use of direct adhesive composite restorations. To establish a simple and controlled build-up, a mini-plast splint based on an ideal wax-up can was proposed (Tepper & Schmidlin 2005). However, the use of resin composite materials to restore the complete occlusion of worn teeth is still controversial and data are scarce. In a small case series, we reported in a case series on seven cases of progressive mixed erosive/abrasive worn dentition after 3 and 5.5 years that have been reconstructed with direct resin composite restorations (Schmidlin et al. 2009; Attin et al. 2012). In all patients, either one or both tooth arches was completely restored using this direct resin composite restoration technique. After 5.5 years, some deterioration with respect to marginal quality, marginal discoloration, surface texture and anatomy was shown as compared to the 3-year investigation. However, the marginal impairments could be mostly resolved by polishing. It was therefore concluded that this non-invasive technique provides a possible treatment option at least for the displayed observation period. In general, patients were satisfied with this non-invasive and economic treatment option, which nevertheless has the characteristic of a medium-term rehabilitation. But the outcomes were comparable to other direct composite restorations successfully applied in adhesive dentistry.This method was also shown to be well-accepted by private practitioners who used this treatment approach at least once after attending hands-on continuing education courses on this technique, even though some minor clinical problems were observed (Tauböck et al. 2012). The three most frequently observed clinical problems were related to marginal discolorations, bulk fractures and adhesive failures. However, the restorations were predominantly rated 'good' within the assessed criteria surface texture, anatomical form, marginal integrity, marginal discoloration and colour match under private practice settings.Dr Ivan Chakalov - IntroductionLa résistance à l'usure des matériaux restaurateurs dentaires est une des qualités principales déterminant la longévité clinique du traitement. Les données les plus fiables concernant cette propriété sont les résultats de recherches cliniques à long terme qui sont malheureusement trop chères et demandent des années pour être effectuées. La plupart des recherches actuelles dans ce domaine sont faites à l'aide de dispositifs spéciaux dont le but est la simulation de l'acte masticatoire in vitro. Ces bouches artificielles" peuvent être plus ou moins exactes et sophistiquées. La conférence présente le processus de création d'un simulateur d'usure du principe théorique, du rapport de l'occlusion et de la mastication aux résultats obtenus et leur interprétation dans le but de trouver la réponse à des questions concrètes liées au traitement clinique.La physiologie de la masticationIl est notoirement connu que l'usure est plus de deux fois plus importante dans les zones de contact occlusal par rapport à la zone de la surface occlusale libre de contact. Il serait préférable qu'un simulateur d'usure soit capable de recréer l'usure dans les deux zones. Il faut y ajouter le fait qu'un glissement dentaire de plus augmente l'usure 8 fois comparé à un contact vertical. Voila pourquoi la connaissance du schéma occlusal càd le rapport dynamique entre les dents qu'on va simuler est d'une importance primordiale. La revue de la littérature scientifique concernant les forces développées pendant la mastication révèle toutefois des faits difficiles à expliquer à l'aide du modèle traditionnel de la protection canine et la désocclusion immédiate des dents postérieures. Une conception française dont les auteurs sont Dr. Marcel Le Gall et Dr.Jean-François Lauret de l'occlusion fonctionnelle nous propose un modèle théorique qui permet d'expliquer nos observations cliniques et expérimentales. La différence réside dans le fait que l'occlusodontie classique est basée sur des mouvements centrifuges tandis que le modèle fonctionnel analyse les rapport entre les dents pendant les mouvements centripètes. Étant donné que le cycle masticatoire est d'orientation centripète nous avons adopté le Revue de simulateurs d'usure existantsL'analyse des dizains de simulateurs d'usure décrits montre des différences essentielles par rapport à des indicateurs tels que force, nombre de cycles, antagonists. Des simulateurs d'usure les plus cités dans la littérature y sont présentés en bref. Le point de vue de l'auteur est que si sophistiqué que le dispositif puisse être il ne peut pas reproduire la multitude des variations individuelles. Conception du simulateur d'usure "Sophia"Pour créer la force dynamique en conformité avec les recherches in vivo nous avons choisi de générer les forces dynamiques en utilisant un couple d'aimant permanent puissant et une came en rotation. Le simulateur offre de nombreuses opportunités de recherches avec de différent antagonists, avec des milieux alimentaires artificiels, avec de différentes forces et des trajets de glissement et de différents mécanismes d'usure.Résultats et conclusionsLes premiers experiments avec des matériaux composites mènent à des résultants intéressants concernant la pratique. La résistance à l'usure de certains matériaux existants sur le marché depuis trente ans montre des qualités supérieures à certains produits de dernière génération. Les nanocomposites ont demontré une résistance à l'usure supérieure aux autres matériaux testés. La comparaison entre l'usure dans la présence de l'eau distillée et le milieu alimentaire artificiel soulève la question du rôle du mécanisme tribologique d'usure dans la pathogénèse du bruxisme.Dr Amélie Mainjot - Les restaurations réalisées après usure sont très souvent cataloguées à risque en raison des contraintes mécaniques élevées auxquelles elles sont soumises. Dès lors la pérennité des traitements complexes mis en ½uvre dépend en grande partie du choix, de la connaissance et de la maîtrise du biomatériau destiné à remplacer la substance dentaire perdue. A l'heure actuelle il n'existe pas de biomatériau universel adapté à toutes les situations cliniques. Les restaurations en céramique possèdent d'excellentes propriétés optiques et de biocompatibilité, associées à une grande stabilité chimique et physique dans le temps. Cependant ces restaurations sont fragiles et la fracture est leur première cause d'échec, ce qui, encore plus que leur comportement en terme d'usure propre et d'usure de l'antagoniste, fait craindre leur utilisation dans le cadre des reconstructions après usure et attrition. D'autre part l'évolution des composites actuels remet en question leurs indications dans le cadre des restaurations minimalement invasives, notamment en terme de coût et de facilité de réparation. Cependant les céramiques ont toujours une place de choix dans la stratégie thérapeutique, que ce soit au niveau des restaurations partielles, des restaurations périphériques unitaires et plurales, ou des restaurations sur implants. Aujourd'hui il existe une large gamme de matériaux céramiques sur le marché : ils diffèrent tant au niveau de leur composition que de leur procédé de fabrication, ce dernier faisant de plus en plus souvent appel aux technologies de conception et de fabrication assistée par ordinateur (CFAO). Chaque matériau céramique a ses indications cliniques en fonction de ses propriétés de résistance, de son aptitude au collage, mais aussi du résultat esthétique souhaité, et le choix éclairé effectué par l'équipe praticien/prothésiste influencera grandement le taux de succès des restaurations, particulièrement dans les cas à risque. De même il est important de respecter le protocole de mise en ½uvre spécifique à chaque céramique, notamment en ce qui concerne la procédure de collage, facteur clef du succès biomécanique des restaurations partielles préconisées après usure. Dans cette optique on peut classer les céramiques en trois catégories en fonction de leur microstructure, ce qui permet de comprendre simplement comment elles s'indiquent et s'utilisent. On distinguera les vitrocéramiques classiques ou renforcées, qui s'indiqueront particulièrement dans le cadre des restaurations partielles collées, des céramiques infiltrées et des céramiques polycristallines, recommandées pour les restaurations plurales ou sur implants. Parmi les dernières venues, la zircone, matériau très sophistiqué, présente des avantages importants particulièrement pour les restaurations implantaires, restaurations auxquelles on est également confrontés chez certains patients présentant des signes d'usure. Les restaurations en zircone nécessitent une mise en oeuvre prudente de manière à réduire leur principale cause d'échec : la fracture de la céramique d'émaillage (chipping). Dans ce contexte, des éléments nouveaux nous permettent de mieux comprendre, de mieux maîtriser et de réduire cette problématique qui met en péril un matériau aux propriétés pourtant intéressantes. Enfin, face aux évolutions et à l'industrialisation de la fabrication des prothèses dentaires, il est important de garder un ½il critique face aux différents matériaux et procédés proposés, de prendre conscience du futur et des changements à venir, de leurs avantages comme de leurs inconvénients, en continuant de viser avant tout, à côté du marketting et au-delà du fantôme du matériau idéal, une démarche thérapeutique de qualité..."

Conférenciers

DR MAYA FEGHALI ASSALY - Traitement des récessions gingivales : quelle technique chirurgicale pour quel résultat ?
DR PHILIPPE GEORGES - Traitement des récessions gingivales : quelle technique chirurgicale pour quel résultat ?
DR PHILIPPE SEBBAG
DR JACQUES MALET
DR PHILIPPE SEBBAG - Traitement des récessions gingivales : quelle technique chirurgicale pour quel résultat ?

Bibliographie

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