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Quintessence

Prothèse Fixée - 2009

Aspect biomécanique des restaurations prothétiques : ce que l'omnipraticien doit savoir

Le succès prothétique immédiat, c’est à dire le fait de parvenir le jour de la pose à un résultat souhaité, va de pair avec satisfaction du patient et du praticien. Mais ce succès doit impérativement se prolonger dans le temps pour se transformer en réussite médicale et sociale. Les complications voire les échecs prothétiques médiats sont essentiellement liés aux ruptures des matériaux de scellement ou de collage, aux fêlures ou fractures des éléments dentaires support ou aux fractures des éléments tout céramique. Pour améliorer le pronostic de nos restaurations, la liste des matériaux disponibles s’allonge au fur et à mesure des recommandations d’experts. Cependant, dans bien des cas la vérité est ailleurs ! Elle se situe au fauteuil, dès l’analyse du cas clinique, avec la prise en compte par le praticien des données scientifiques établies dans le domaine de la biomécanique. Comment ? C’est ce que les trois conférenciers internationaux de cette séance vont illustrer, simplement, à partir de problématiques prothétiques quotidiennes dans le domaine de la restauration unitaire ou plurale. De l’observation initiale qui conduit à la prescription jusqu’à la réalisation des préparations et de la prothèse, ils nous montreront que l’analyse des facteurs biomécaniques dentaires et prothétiques conduit directement à des applications cliniques garantes de la longévité de nos thérapeutiques.XXXX

Dr Patrick Bonne - La dentisterie actuelle est axée sur la sécurité et l'efficacité. Les patients ne mettent plus en doute les compétences de leur praticien, mais ils réclament des mises en ½uvre de techniques éprouvées capables d'améliorer leur santé. Cette requête a été prise en considération par les grandes instances en santé comme la Direction Générale de la Santé (DGS), la Haute autorité de Santé (HAS) et l' Agence Nationale de Sécurité des Médicaments et des produits de la santé (ANSM)qui proposent ainsi des référentiels et des guides de bonnes pratiques afin d'être en adéquation avec les dernières données acquises de la science. Cette multitude de règlementation réclame de plus en plus d'attention et de moyens aux praticiens et devient très vite chronophage dans un exercice déjà sursaturé en temps de travail. De nombreux confrères délaissent ces obligations par manque de temps ou d'organisation de leur activité. Nous ne sommes pas les seuls à être confrontés à ces problèmes et d'autres corporations ont trouvé leur solution par la mise en place de la démarche qualité.Cette démarche qualité est donc une méthode organisationnelle d'une activité. Elle présente comme caractéristique de s'adapter à chaque exercice parce qu'elle n'est pas figée pour une spécialité. Elle est ainsi passée de l'armée à l'industrie, puis à la santé dans les hôpitaux. Elle consiste dans sa version complète à demander à son instaurateur de réfléchir au futur de son entreprise. Quels sont ses objectifs et comment compte-t-il les atteindre. Tous ces arguments sont ensuite consignés dans un manuel appelé « le manuel qualité ». Ainsi la vision, la politique d'engagement de l'employeur et sa stratégie sont connus de toute personne qui consulte le manuel. L'ouvrage est ensuite approvisionné par les nombreux processus, procédures, et modes opératoires qui permettent de réaliser l'activité de l'entreprise, le tout étant représenté par la cartographie des processus. La mise en place de cette méthode demande deux années avec l'aide d'un consultant et selon la motivation de l'ensemble de l'équipe. Pour notre corporation il est plus judicieux de commencer par une méthode « allégée » plus accessible qui permettra d'arriver à la même finalité mais sur un espace-temps plus long et mieux adapté au fonctionnement de nos exercices.Ainsi nous nous limiterons à la rédaction des protocoles au format processus, procédures et mode opĂ©ratoires pour quelques secteurs prioritaires dans un premier temps. La chaine de stĂ©rilisation et le poste du secrĂ©tariat semblent les Ă©lĂ©ments de choix pour faire vos premiĂšres armes. Ces choix seront argumentĂ©s dans la confĂ©rence en dĂ©crivant Ă©galement les bienfaits de la dĂ©marche qualitĂ© dans la prĂ©vention des risques infectieux, et législatifs. Dans la seconde partie la mise en place sera décrite afin d'aller à l'essentiel et dédiaboliser la réalisation. Il sera évoqué le travail à fournir par l'équipe dentaire et les prérequis pour la rendre opérationnelle.Dans la dernière partie nous découvrirons comment faire évoluer la démarche et pour quelles raisons. Il est important de rappeler à ce stade que la seconde appellation du terme « démarche qualité » est la démarche de l'amélioration continue. Celle-ci, comme tout le monde le sait, représente le seul avenir possible pour une structure ou une entreprise, afin de rester opérationnel et perdurer, ceci ayant pour finalité de satisfaire et fidéliser ses patients pour la première et ses clients pour la seconde.Dr Didier Brahic - Tout chirurgien-dentiste qui emploie un salarié est considéré comme un chef d'entreprise. Le cabinet dentaire entre dans la catégorie des très petites entreprises et à ce titre est soumis à toutes les législations communes aux entreprises françaises.Le Code du travail à travers la loi du 31 décembre 1991 oblige le chef d'entreprise à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé de ses salariés.Cette évaluation systématique des risques professionnels doit être consignée dans un document dit « unique ».Le chirurgien-dentiste employeur doit mettre en ½uvre les principes généraux de prévention suivants : éviter les risques, évaluer les risques qui ne peuvent être évités, combattre les risques à la source, adapter le travail à l'homme.Cette réglementation peut paraitre contraignante pour nos petites structures mais elle peut être aussi un point de départ pour la mise en place d'une démarche qualité au sein du cabinet. Elle doit devenir un outil de management pour l'employeur pour fédérer l'équipe soignante.La séance rappellera les exigences de la réglementation et donnera une marche à suivre pour facilement mettre le cabinet en accord avec la règlementation.Dr Olivier Boutou - Envisagé sous un angle simpliste, un système documentaire performant se doit de regrouper l'ensemble des données ou informations nécessaires au pilotage d'un cabinet dentaire. Il s'agit là de l'établissement d'une communication d'intention.Ces données s'articulent autour de documents, entendus au sens large du terme : écrits, photographies, données « data », plans, logigrammes, etc. L'ensemble de ces informations est issu d'une réflexion interne au cabinet dentaire et ce à tous les niveaux du système qualité. Qu'il s'agisse de l'illustration d'une procédure, d'un mode opératoire, d'un système d'archivage, de techniques de stockage ou de toute autre action se rapportant de près ou de loin à la qualité déployée dans le cabinet dentaire. Chaque cabinet est un cas particulier et l'étendue de cette communication variera en fonction de sa taille, de sa structuration, de la complexité de ses activités.De ce fait, la production de documents ne doit pas être un acte de complaisance vis-à-vis du respect d'une norme mais elle doit être une activité créatrice de valeur, le reflet d'une organisation, d'une culture, de modes opératoires personnels, parfois confidentiels...Et qu'est ce que différencie des cabinets dentaires pratiquant le même métier ? C'est leur façon de « le faire ».On mesure alors l'importance du système documentaire dans l'organisation. Certes, les documents ne constituent pas la seule forme de transmission d'un savoir. Ce serait oublier les méthodes de tutorat de parrainage, de formation. Mais ces concepts de transfert de savoirs aussi nobles soient-ils, présentent-ils les mêmes garanties que des documents intégrés à un système qualité ? A l'évidence non. Et les écarts sont nombreux. Justement l'écart entre le transfert d'information informel et la notion de transfert d'information formel souligne la complexité d'un système documentaire, vivant, riche et dégagé de toute lourdeur.Par contre les difficultés sont bien réelles pour réaliser un système documentaire performant. Hiérarchisation, codification, interaction, traçabilité, actualisation, archivage, informatisation, autant de points qui devront être abordés par le concepteur du système documentaire. Sans oublier la sémantique du vocabulaire employé et qui est susceptible de changer l'acception faite par le lecteur. Cette intervention se veut le parfait traducteur de cette complexité. Au travers des exemples simples, étayés par les années d'expérience et d'immersion dans les systèmes qualité, le conférencier fournira à l'auditeur l'occasion de structurer son système documentaire sur des bases saines et architecturées. Il évitera ainsi tous les écueils propres aux débutants qui, dans un souci d'exhaustivité, tendent plus à la fabrication « d'une usine à gaz », qu'à la réalisation d'un système documentaire efficient. Garder à l'idée la citation de Cervantes qui disait que : « Qui veut une mule sans défaut doit se résoudre à aller à pied ».Et pour ceux qui seraient encore septiques vis-à-vis de l'importance des documents, faut-il leur rappeler le mode de transmission de l'histoire de notre vie. Que saurions-nous de nos ancêtres sans les peintures rupestres illustratives de la vie des homos sapiens ou la Pierre de Rosette qui a permis à Champollion de traduire les hiéroglyphes ? Nous avions là certainement, au travers de ces auteurs, les premiers qualiticiens de l'époque qui souhaitaient laisser une trace de leur façon d'exister, de faire et d'être... comme dans un cabinet dentaire lorsque l'on crée un document.

Conférenciers

DR ANSELM WISKOTT - Biomécanique des couronnes unitaires et plurales
DR MICHAEL SADOUN
DR JACOPO CASTELNUOVO - Restaurations unitaires antérieures partielles ou complètes ? Critères de choix fondés sur l'analyse biomécanique des cas cliniques
DR DANIEL DOT
DR AMELIE MAINJOT - Bridge tout céramique : connaître les contraintes biomécaniques pour bien prescrire

Bibliographie

The relationship between retention and convergence angle in cemented veneer crowns
JORGENSEN K. D. - 1955
Acta Odontol Scand 13: 35-40
The relationship between abutment taper and resistance of cemented crowns to dynamic loading
WISKOTT H. W., NICHOLLS J. I., BELSER U. C. - 1996
Int J Prosthodont 9:117-139
The effect of tooth preparation height and diameter on the resistance of complete crowns to fatigue loading
WISKOTT H.W., NICHOLLS J.I., BELSER U.C. - 1997
Int J Prosthodont 10: 207-215
Compressive and tensile zones in the cement interface of full crowns: a technical note on the concept of resistance
WISKOTT H. W., KREBS C., SCHERRER S. S., BOTSIS J., BELSER U. C. - 1999
J Prosthodont 8: 80-91
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