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Quintessence

Parodontologie - 2009

Réussir le sevrage tabagique pour mieux traiter en parodontologie et implantologie

Le tabac est un facteur de risque reconnu dans la pathogénie parodontale ainsi que dans les échecs implantaires.Prendre en charge, de façon responsable et efficace, un patient en parodontologie et implantologie, exige de la part des chirurgiens-dentistes de respecter les données récentes acquises de la science et, par conséquent, de considérer le sevrage tabagique comme partie intégrante de ces traitements et comme garant de leur succès.Cette séance sera animée par des tabacologues , parodontistes et médecins, afin d’aider les praticiens à participer à cette prise en charge : connaître les effets du tabac sur le parodonte et les tissus péri implantaires ainsi que les effets du sevrage représente la motivation majeure pour un praticien à s’engager dans le sevrage tabagique, connaître les schémas type de prise en charge pluridisciplinaire : les moyens, et les techniques d’aide à ce sevrage, connaître nos droits et devoirs en terme de prescription de substituts nicotiniques, tout cela sera abordé et permettra aux chirurgiens-dentistes de démystifier cette démarche, de la rendre ergonomiquement envisageable au cabinet dentaire et de choisir son niveau d’implication qui est en passe de devenir exigible.XXXX

Dr Elisabeth Dursun - La prise en charge des lésions carieuses de la dent temporaire et de la dent permanente immature doit aujourd'hui s'appuyer sur le principe d'économie tissulaire, du stade de l'approche préventive primaire aux thérapeutiques de lésions carieuses plus avancées. L'objectif de cette présentation sera de faire le point sur les matériaux à notre disposition et leurs indications actuelles en odontologie pédiatrique.Dans une première partie, après un rappel sur les particularités des dents temporaires, nous exposerons différents matériaux à notre disposition pour leur restauration : les résines composites ; les ciments verres ionomères (CVI) ; les compomères et les résines d'infiltration. Nous détaillerons en particulier l'usage des CVI, en précisant les indications des différents types de CVI : ciments verres ionomères modifiés par addition de résine (CVIMAR) et ciments verres ionomères condensables (CVIc), entre autres. Ces matériaux sont dotés de propriétés uniques telles que la biocompatibilité, l'adhésion intrinsèque aux tissus dentaires humides et une action anti-cariogénique, liée au relargage d'ions fluorures. Ce sont des matériaux tolérants à la manipulation et au protocole simple, dont le recours se justifie chez le jeune enfant à la coopération parfois limitée. Nous nous pencherons aussi sur l'utilisation récente des résines d'infiltrations pour le traitement des lésions carieuses proximales débutantes, amélaires à amélo-dentinaires confinées au tiers externe de la dentine, et non cavitaires.Dans une seconde partie, après un rappel sur les particularités des dents permanentes immatures, nous présenterons également les indications des différents matériaux permettant leur restauration : les résines de scellement (ou sealants) à titre préventif ; l'utilisation raisonnée de ciments verres ionomères (CVIMAR ou CVIc) : dans les cas difficiles de dents délabrées en éruption (en résines de scellement, pour les lésions carieuses ou les anomalies de structures, telles que les hypominéralisations molaires incisives), en base intermédiaire pour préserver la vitalité pulpaire ou en « technique sandwich » ; les résines composites, dans les situations plus favorables. Tous ces propos s'appuieront sur les données actuelles de la littérature et seront illustrés par de nombreux cas cliniques. Dr Hélène Fron Chabouis - Idéalement, un matériau de restauration coronaire doit restaurer la perte de substance en même temps que la fonction et l'esthétique de la dent originelle dans son environnement. Pour cela il doit répondre à un cahier des charges qui comprend des impératifs à court terme et à long terme.A court terme, la restauration doit pouvoir présenter une interface (ou interphase) dent/matériau rétentive et étanche. La qualité de cette interphase est sous la dépendance des caractéristiques du matériau et de sa mise en ½uvre mais aussi de la nature des tissus dentaires (ex : dentine cariée, sclérotique, réactionnelle...etc).A long terme, la restauration doit pouvoir résister aux contraintes physiques, chimiques, mécaniques et enzymatiques de l'environnement. Cette résistance dépend évidemment du matériau mais aussi de l'agressivité plus ou moins forte du milieu buccal.Dans les 2 cas nous notons que l'âge de la dent (et donc du patient) est un paramètre qui risque d'influencer notablement les performances de restauration : en dehors des particularités notables de la composition et de la structure de la dent temporaire qui nous indiqueront des matériaux spécifiques, les dents usées (chimiquement ou mécaniquement) par le temps passé dans la cavité buccale devront aussi relever de traitements particuliers. Par ailleurs les sollicitations de la cavité buccale se modifient aussi avec l'âge, entraînant, là encore, des modifications de nos traitements.Le but de cette conférence qui introduit cette séance, est donc de décrire, au cours de la vie, l'évolution des conditions cliniques qui entraîne des modifications, illustrées par les conférenciers suivants, dans le choix d'un matériau ou d'une technique de restauration.Dr Alexandre Gaucher - Cette présentation a pour objectif de proposer une approche thérapeutique pérenne de la dent cariée chez l'adulte et la personne âgée. Basées sur la littérature, des propositions thérapeutiques seront illustrées à l'aide de cas cliniques. Dans un premier temps, après un rappel sur la physiologie de la dent adulte et de la dent âgée, nous évoquerons la prise en charge de la dent cariée. Après avoir réalisé le diagnostic global associé à l'évaluation du risque carieux du patient, nous exposerons nos choix thérapeutiques qu'il s'agisse de l'utilisation des ciments verres-ionomères ou des résines composites. Nous proposerons une utilisation raisonnée de ces matériaux en tant que base intermédiaire et en tant que matériaux d'obturation. Nous savons qu'il n'existe pas de réponses simples à la question de la pérennité de nos restaurations. Nos solutions thérapeutiques doivent donc tenir compte d'autres facteurs tels que la compliance du patient, le modèle socio-économique, les parafonctions du patient comme le bruxisme ou encore l'habilité du praticien.Dans une deuxième partie, nous aurons une approche des cas plus complexes qui nécessitent des restaurations indirectes comme les inlays-onlays. Ces restaurations sont réalisées en or, en composite ou en céramique. Après un rappel sur les différentes propriétés de ces matériaux nous proposerons toujours à l'aide de cas cliniques des propositions thérapeutiques avec des protocoles précis de mise en place de ces restaurations.La pérennité de nos restaurations reste un challenge permanent dans notre activité. Néanmoins, l'analyse de la situation clinique initiale, la mise en place rigoureuse de nos matériaux et un bon suivi du patient nous permettent aujourd'hui de répondre à cet objectif.Dr Lucile Goupy - Quel praticien ne s'est pas retrouvé face à l'impossibilité de poser un champ opératoire étanche ? Ouverture buccale limitée, gencive inflammatoire et absence de limites supra-gingivales font aussi partie de notre quotidien. Peut-on alors faire des compromis ?Différents facteurs peuvent nous empêcher d'être dans une situation idéale :- Des facteurs extrinsèques, liés à l'environnement, au patient : état général, patient avec des besoins spécifiques, anxieux, non coopérant, à haut risque carieux, avec une mauvaise hygiène bucco-dentaire, une ouverture buccale limitée , une prise en charge dans le cadre d'une urgence;- Des facteurs intrinsèques, locaux : limites de la préparation cavitaire sous-gingivales, pronostic pulpaire réservé, difficulté d'accès avant un aménagement parodontal.Il y a d'une part la problématique de la mise en place du matériau, et d'autre part le choix du matériau.Lorsque la situation clinique ne nous permet pas de réaliser une préparation cavitaire adéquate et/ou lorsque la mise en place d'un matériau de restauration avec des techniques adhésives est impossible, ou encore lorsque le risque carieux doit être contrôlé avant la réalisation d'un soin définitif, des restaurations de temporisation seront réalisées.Parmi les différents matériaux de restauration à notre disposition, certains, comme les Ciments Verre Ionomère sont plus tolérants. Ces matériaux peuvent présenter une solution de temporisation à court ou moyen terme et permettre de retrouver une situation clinique idéale vis à vis de la qualité et de la pérennité des soins sur le long terme.Nous proposons de vous présenter des cas cliniques complexes où ce type de thérapeutique trouve toute son indication, en décrivant les protocoles pas à pas, et les astuces. Nous pourrons ainsi vous démontrer que le compromis n'a pas sa place dans notre démarche thérapeutique.

Conférenciers

DR HERVE BOUTIGNY - Comment le chirurgien-dentiste participe à la prise en charge du sevrage tabagique en paro-implantologie
DR SOPHIE MYRIAM DRIDI - Tabac : pourquoi le pronostic parodontal et implantaire part en fumée !
DR MARION ADLER
PR ELISABETH DELCOURT DEBRUYNE

Bibliographie

Association between passive and active smoking evaluated by salivary cotinine and periodontitis
YAMAMOTO et coll. - 2005
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Tobacco as a risk factor for survival of dental implants
SANCHEZ PEREZ A., MOYA-VILLAESCUSA M.J., CAFFESSE R.G. - 2007
J Periodontol ; 78 : 351 -359
Smoking interferes with the prognosis of dental implant treatment: a systematic review and meta-analysis
STRIETZEL et al. - 2007
J Clin periodontol ; 34 : 523-544
The transtheoretical mode of health behaviour change
PROCHASKA J.O., VELICER W.F. - 1997
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La charte du réseau des comités d’éducation pour la santé
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In : Education pour la santé et éthique ; Vanves : CFES, 131-133
Méthodes des 6 A : Account, Ask, Advise, Assess, Assist, Arrange : Recommandations de la Conférence de Consensus « Grossesse et Tabac »
- 2005
Journal de gynécologie, Paris, Masson, avril
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