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Quintessence

Odontologie conservatrice - 2011

Evolution et efficacité clinique des nouveaux matériaux de restauration

Séance en interprétation simultanée français-anglais.Comment les matériaux de restauration que nous utilisons quotidiennement évoluent-ils? Les nouvelles générations d’adhésifs (moins d’étapes, moins de flacons,moins de temps) nous conduisent-elles vers le matériau idéal? On parle aujourd’hui de compobond , comme on a parlé de colles auto-adhésives. Les résines composites vont-elles se passer d’adhésifs? Et les verre-ionomères? Quelles sont leurs indications réelles et leurs avantages? Tous ces matériaux ont permis la révolution silencieuse de l’odontologie: économie tissulaire, restaurations esthétiques, bioactivité réelle. Cependant, leur faible tolérance aux erreurs de manipulation, l'écart séparant les promesses et la réalité clinique, ont suscité une méfiance face à leurs développements récents et à leurs nouvelles indications. L’évolution des pratiques est indiscutable, les restaurations métalliques disparaitront dans un délai relativement bref. Que faire en cas de risque carieux élevé, de parafonctions? Que faire chez un patient ou un enfant difficile à traiter?Les trois conférenciers,qui sont de remarquables spécialistes et cliniciens, nous informeront sur les développements les plus récents, sur les améliorations cliniques concrètes et sur les conditions de mise en œuvre qui permettent ces améliorations.XXXX

Dr Armelle Manière-Ezvan - Les anomalies de la dimension transversale les plus souvent rencontrées chez l'enfant sont les occlusions inversées unilatérale et bilatérale. Selon les études, on les rencontre chez 6 à 23% des enfants en denture temporaire. Sans traitement, elles peuvent évoluer vers une asymétrie de développement maxillaire et/ou mandibulaire, d'où l'intérêt de savoir bien les diagnostiquer et les traiter. L'occlusion inversée unilatérale est tout d'abord diagnostiquée en Occlusion d'Intercuspidie Maximale ; il faudra ensuite mettre doucement la mandibule en Relation Centrée et observer l'existence ou non d'un différentiel ORC /OIM. S'il y a un différentiel, ce qui est le plus souvent le cas : c'est parce qu'il n'y a pas de concordance entre les deux arcades dentaires, d'où la latéro-déviation mandibulaire afin que le patient trouve une O.I.M. stable. Il faudra également rechercher la ou les prématurités, qui peuvent être des canines temporaires non abrasées. Pourquoi cette insuffisance de développement de diamètre transversal maxillaire ? Elle peut être associée à une succion du pouce ou de la tétine, à une ventilation orale et une langue basse... Il faudra rechercher la cause de cette anomalie pour assurer la stabilité du traitement. Quel traitement ? Le meulage des canines temporaires, une plaque d'expansion maxillaire avec vérin médian d'activation lente, un quad-hélix avec appui sur les molaires temporaires ou permanentes. Cette malocclusion se traite facilement avec un bon résultat, stable dans le temps à condition que les parafonctions et/ou dysfonctions associées aient été prises en compte. Quelle évolution sans traitement ? Le patient va avoir tendance à mastiquer du côté de l'occlusion inversée, donc la mastication sera unilatérale non alternée : les condyles ne seront pas alternativement pivotant et travaillant d'ou un risque possible d'asymétrie mandibulaire... Peu à peu, le différentiel ORC/OIM diminue, car ce qui n'était qu'une anomalie dento-alvéolaire au départ peut évoluer vers une dysmorphose de l'étage inférieur de la face avec des répercussions esthétiques et/ou fonctionnelles. L'occlusion inversée bilatérale en O.I.M. sera retrouvée en O.R.C. Le diamètre transversal maxillaire est très diminué entrainant un bon calage occlusal des secteurs latéraux, mais à l'envers. Pourquoi ? L'origine est multifactorielle : comme pour toutes les anomalies, il existe des familles d'endognathe. Cependant, une ventilation orale exclusive peut être fortement associée. Un obstacle sur les voies aériennes supérieures doit être recherché, d'où la nécessité d'une consultation chez le médecin ou l'ORL. Cet obstacle peut se situer au niveau nasal ou pharyngé, notamment les amygdales ou végétations adénoïdes hypertrophiques. Lors de ce tableau clinique, il faudra chercher tous les signes de ventilation orale mais aussi les signes d'apnée obstructive du sommeil, assez fréquents chez les enfants. Quel traitement ? la disjonction maxillaire rapide à l'aide d'un dispositif placé sur les molaires temporaires ou permanentes avec vérin médian activé tous les jours. L'effet de l'appareil se traduira par l'apparition d'un diastème entre les incisives, signe d'une bonne « disjonction » de la suture palatine. Les répercussions seront à la fois nasale et orale : amélioration de la ventilation et de l'occlusion. Lorsqu'un Syndrome d'Apnées Obstructives du Sommeil a été diagnostiqué, l'expansion maxillaire rapide est un des éléments majeurs de la thérapeutique avec l'amygdalectomie. Quelle évolution sans traitement ? Outre l'aspect dysfonctionnel qui peut perdurer, et l'encombrement dentaire maxillaire qui en résultera, l'endognathie maxillaire peut être associée plus tard à une insuffisance antérieure mandibulaire. A la disjonction ou distraction maxillaire chirurgicale pourra être devoir associée une distraction symphysaire. Le traitement des anomalies transversales chez l'enfant est fortement conseillé car les outils sont simples, les résultats excellents : c'est le traitement interceptif par excellence d'anomalies majeures de développement. Dr Paul Saulue-Laborde - La situation clinique de l'agénésie d'incisives latérales fait partie des cas de compromis thérapeutique. Compromis sur les critères de choix esthétique, sur le pronostic à long terme, sur l'âge de traitement, notamment. Plusieurs solutions sont envisageables, soit par réouverture pour une réhabilitation prothétique conventionnelle ou implanto-portée, ou bien par substitution des canines en place des incisives latérales. Les avantages et inconvénients de chacune des solutions demandent à être discutés en fonction des critères de choix spécifiques, après avoir réalisé un bilan complet pluridisciplinaire systématique. Le patient doit être associé à la prise de décision thérapeutique. La recherche de la symétrie est un élément décisif dans le résultat esthétique obtenu.Le bruxisme chez l'enfant demande à être analysé, en particulier pour en tirer un diagnostic différentiel, notamment avec les lésions d'usure chimique fréquentes à l'âge précoce de denture mixte. La prévalence et le pronostic demandent à être considérés. Un dépistage et des attitudes thérapeutiques adaptées peuvent être proposées.

Conférenciers

PR JACQUES DEJOU
DR ANNE RASKIN - Les verres ionomères : des matériaux très utiles
DR LORENZO BRESCHI - Évolution et améliorations des systèmes adhésifs
DR DAVID GERDOLLE - Solutions cliniques actuelles avec les résines composites : vers le biomimétisme

Bibliographie

Composite resins and bonded porcelain: the postamalgam era?
MAGNE P. - 2006
J Calif Dent Assoc. Feb;34(2):135-47. Review
A new shading concept based on natural toot color applied to direct composite restorations
DIETSCHI D., ARDU S., KREJCI I. - 2006
Quintessence Int. Feb;37(2):91-102
FDI World Dental Federation - clinical criteria for the evaluation of direct and indirect restorations. Update and clinical examples
HICKEL R., PESCHKE A., TYAS M., MJÖR I., BAYNE S., PETERS M., HILLER KA, RANDALL R., et al. - 2010
J Adhes Dent. Aug;12(4):259-72
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