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Quintessence

Odontologie pédiatrique - 2011

Anomalies bucco-dentaires : de la clinique à la génétique

Le nouveau Plan Maladie Rare 2011-2014, comporte 47 mesures regroupées en 3 axes : renforcer la qualité de la prise en charge des patients, développer la recherche sur les maladies rares, amplifier la coopération européenne et internationale afin de partager l'expertise, les expériences et les ressources disponibles sur les 7000 maladies rares recensées. Le Chirurgien-dentiste est un partenaire indispensable de la prise en charge de patients présentant des anomalies bucco-dentaires du développement. Ces anomalies représentent parfois des signes d’appel à intégrer dans le diagnostic des syndromes. Cette séance illustre à l’aide d’exemples concrets et de maladies génétiques à répercussions bucco-dentaires les progrès réalisés dans le domaine des maladies rares. Elle a pour objectif d’attirer l’attention des Chirurgiens Dentistes sur leurs rôles de sentinelles, d’acteurs du diagnostic de maladies génétiques, de soignants confrontés aux spécificités et difficultés de prises en charge pluridisciplinaires des patients atteints de maladies rares en partenariat avec le réseau des centres de références/compétences.XXXX

Dr. Stéphane Escure - La conception du châssis métallique doit être réalisée par le praticien. Il est le seul à pouvoir apprécier les appuis nécessaires et suffisants afin de lutter contre les mouvements de rotation et de translation inhérents à la nature même de la prothèse amovible partielle et respecter ainsi la triade de Housset (rétention, sustentation, stabilisation). Souvent, certains de ces appuis se heurtent au désir esthétique légitime du patient. Le but de cette communication est de décrire une démarche rationnelle de conception du châssis et les moyens possibles (types de crochets, prothèse fixée, implants) afin de respecter l'esthétique.Dr Amandine Leterme - La prothèse amovible supra-implantaire est une réponse aux exigences fonctionnelles et esthétiques que nos patients édentés complets ou partiels sont en droit de formuler. La mise en place d'implants associés à des systèmes d'attachements (barres ou attachements axiaux) améliore la rétention et la stabilité des prothèses amovibles, les rendant plus confortables pour nos patients. La conférence de consensus de la BSSPD (British Society for the Study of Prosthetic Dentistry) qui s'est tenue à York (Royaume Uni) en 2009 a d'ailleurs conclu à une augmentation significative de la satisfaction et de la qualité de vie des patients traités par prothèse amovible complète supra-implantaire.Le succès et la pérennité des prothèses amovibles supra-implantaires résident en partie dans le choix du système d'attachement. Celui-ci est déterminé par deux critères: les caractéristiques intrinsèques de l'attachement et la situation clinique rencontrée.Chaque système d'attachement doit répondre au cahier des charges suivant : o Simplicité (de la mise en ½uvre, du fonctionnement et de la maintenance) ;o Facilité d'insertion prothétique et d'entretien pour le patient ;o Volume réduit ;o Biocompatibilité ;o Efficacité rétentive initiale et maintenue au cours du temps ;o Fiabilité (réintervention et maintenance simple et rapide, activation et désactivation possible et aisée).A l'heure actuelle, nombreux sont les attachements qui tentent de répondre à ce cahier des charges. Cependant, aucun système ne peut prétendre s'adapter à toutes les situations cliniques. C'est pourquoi, le système de connexion doit également être choisi à partir d'une évaluation raisonnée de la situation clinique rencontrée. Plusieurs paramètres sont alors pris en compte :o Le type d'arcade (maxillaire/mandibulaire) ;o La forme de la crête mandibulaire (trapézoïdale/curviligne) ;o Le degré de résorption et la qualité osseuse ;o La position des piliers implantaires ;o La distance entre les implants ;o L'espace prothétique disponible ;o Le parallélisme ;o L'orientation des axes du système de connexion par rapport à l'axe prothétique et au plan d'occlusion ;o L'évolutivité de la prothèse ;o Le coût.Ainsi, le système d'attachement idéal pour une situation clinique donnée est choisi pour ses caractéristiques intrinsèques et sa capacité à répondre aux spécificités de la situation rencontrée.Dr Sébastien Baixe - La CFAO s'est particulièrement développée ces dix dernières années en prothèse fixée grâce aux progrès des performances informatiques et des différentes machines-outils. Toutefois, elle est encore peu présente en prothèse amovible car de nombreux paramètres ont limité son développement : grands volumes à modeler, formes complexes à reproduire, matériau dur à usiner... Les performances informatiques n'étaient pas assez bonnes au début des années 2000 pour créer un logiciel capable de modéliser un châssis par ordinateur. Le coût des différentes machines et les habitudes de laboratoire ont également limité cet essor.Récemment, la réalisation de prothèse à châssis a pu bénéficier de la CFAO. Un scanner optique numérise le maître-modèle en plâtre. A l'aide du logiciel de CAO, la modélisation du châssis est réalisée directement à l'écran sur le modèle virtuel. Ces données, sous format STL, sont envoyées à une machine de FAO qui réalise une maquette du châssis en matériau calcinable. Différents procédés existent pour obtenir cette maquette : impression 3D, usinage, stéréolithographie... Elle est ensuite traitée selon un procédé classique de cire perdue. Les étapes de finition du châssis restent similaires à une méthode conventionnelle. L'ensemble des étapes donnant lieu à une maquette constitue le prototypage rapide.La CFAO permet de s'affranchir de la duplication du maître-modèle et de la modélisation en cire du châssis. Elle évite des étapes technicien-dépendantes et onéreuses, et offre un gain de temps significatif au praticien et au prothésiste dans la réalisation des châssis métalliques. La précision d'adaptation des châssis réalisés par CFAO s'avère très intéressante.La possibilité de modéliser les armatures de prothèse fixée et les châssis de prothèse amovible sur le même logiciel simplifiera les procédures en prothèse combinée. La technique de CFAO en Prothèse Partielle Amovible semble se diriger vers la réalisation directe en matériaux finis, sans passer par une maquette calcinable. Dr Xavier Ravalec - Le choix des dents prothétiques constitue l'un des piliers sur lesquels s'appuie la réussite d'un traitement par prothèse amovible. A l'esthétique propre de la dent retenue s'ajoute son intégration dans le parodonte prothétique, l'ensemble devant plus largement s'insérer harmonieusement dans le visage et le sourire du patient. Dans les édentements de faible étendue, le choix de la teinte, de la forme, de la dimension et le montage des dents prothétiques sont conduits en se référant aux dents adjacentes et antagonistes restantes.Dans les édentements de grande étendue, les critères retenus sont ceux de la prothèse amovible complète, associant observation des dents restantes et dentogénique (sexe, personnalité, âge), le choix final devant répondre aux exigences du patient.A ces paramètres esthétiques s'associent les impératifs bio-mécaniques (axe d'insertion, choix et mise en ½uvre des dispositifs de rétention tels que les attachements et les crochets) et les impératifs fonctionnels (schéma occluso-prothétique) nécessaires à l'équilibre de la prothèse amovible et à la pérennité de la restauration prothétique.

Conférenciers

PR AGNES BLOCH ZUPAN
PR PHILIPPE CRINE - De la maladie rare au traitement : l'exemple de l'hypophosphatasie
DR CORINNE STOETZEL - De l'anomalie bucco-dentaire à la découverte de nouveaux gènes ou du phénotype au génotype
PR DIDIER LACOMBE - Le diagnostic : anomalies bucco-dentaires et génétique

Bibliographie

The genetic basis of inherited anomalies of the teeth: Part1: Clinical and molecular aspects of non-syndromic dental disorders
BAILLEUL-FORESTIER I., MOLLA M., VERLOES A, BERDAL A. - 2008
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The genetic basis of inherited anomalies of the teeth: Part 2: Syndromes with significant dental involvement
BAILLEUL-FORESTIER I., BERDAL A., VINCKIER F., DE RAVEL T., FRYNS J.P., VERLOES A. - 2008
Eur J Med Genet, 51: 383-408
Candidate exome capture identifies mutation of SDCCAG8 as the cause of a retinal-renal ciliopathy
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Nat Genet. Oct ; 42(10):840-50
Identification of a novel BBS gene (BBS12) highlights the major role of a vertebrate specific branch of chaperonin-related proteins in Bardet-Biedl syndrome
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Enzyme replacement therapy for murine hypophosphatasia
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J Bone Miner Res 23(6): 777-787
Enzyme replacement therapy prevents dental defects I an model of hypophosphatasia
MCKEE M. D., NAKANO Y., et al. - 2011
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