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Quintessence

Pathologie - Chirurgie buccale - 2011

Recours à un plateau technique hospitalier : pour qui ? Pourquoi ? Comment ?

Le recours à un plateau technique hospitalier en médecine bucco-dentaire et/ou en chirurgie buccale est conditionné par la pathologie du patient, l'acte à réaliser et un plateau technique adapté. Les patients qui présentent un handicap psychomoteur, les patients difficiles peuvent bénéficier de soins dentaires, soit sous MEOPA, soit sous IV, soit sous AG. Ces techniques seront décrites avec leurs avantages et leurs limites.Les recommandations de la SFMBCB seront précisées pour les patients traités par des antithrombotiques ou des bisphosphonates. Le recours vers l’hôpital peut être programmé pour une anesthésie locale ou générale, et l’indication de chacune d’entre elles sera précisée. Si l’acte n’est pas programmé, c’est qu’il relève de l’urgence. La continuité et la permanence de soins sont des sujets difficiles ; à nous d’imaginer une complémentarité entre la ville et l’hôpital.XXXX

Dr Laurence Lupi Pégurier - L'analyse de la littérature démontre l'évolution progressive d'une succion des doigts, dans les années 80, à une succion prépondérante de la tétine dans les années 20002.La tétine est donc désormais présentée par les médias ou certains professionnels de la petite enfance comme inoffensive, voire bénéfique. On lui prête des vertus antistress" - "antipleurs" - "antidouleurs". En fait, la succion chez le nouveau né est une stimulation tellement intense et agréable que les sensations qu'elle provoque peuvent bloquer la perception de la douleur. Mieux encore, une récente étude aurait démontré l'effet protecteur de la tétine vis à vis de la mort subite du nourrisson5.Autrefois accusée de nuire à la bonne instauration de l'allaitement maternel, la tétine a pourtant été réhabilitée par une récente revue systématique de la littérature, pour peu qu'elle soit introduite après l'âge de un mois, une fois que l'allaitement maternel a bien démarré6.Pour réévaluer les facteurs de risque et relier habitudes de succion non nutritive et déformation des maxillaires, nous avons conduit une étude épidémiologique descriptive exhaustive dans toutes les classes de moyennes sections des écoles maternelles de la ville de Cagnes-sur-mer (5ème ville des Alpes Maritimes). Notre questionnaire, distribué à tous les parents, reprenait les facteurs de risque évoqués dans la littérature et des photos décrivant la situation intrabuccale.N'ont répondu que les parents volontaires, ce qui nous amène à considérer nos résultats avec prudence puisqu'on peut imaginer qu'il existe un biais lié aux non réponses : ce sont sans doute les parents les plus motivés (peut être les plus concernés) qui ont répondu. Nous avons recueilli 266 questionnaires, obtenant ainsi un taux de réponse de 58,1%.Notre étude nous aura permis de dresser le "profil" du "suceur addict à la tétine", au-delà de l'âge de 4 ans. Il s'agit d'une fille, n'ayant pas ou peu été allaitée au sein, ayant 1 seul petit frère et/ou soeur. Son papa étant trop occupé par une profession prenante, elle a fréquenté une crèche collective.Notre étude a également révélé que les enfants ayant eu des habitudes de succion passées ou présentes, ont plus de déformations que les autres et que l'interposition d'un "doudou" serait moins délétère que la succion du doigt ou de la tétine. Par ailleurs, ceux qui poursuivent cette mauvaise habitude au-delà de l'âge de 4 ans, présentent plus fréquemment des déformations bucco-dentaires.Si maintenant nous comparons les déformations bucco-dentaires provoquées par la tétine et par les doigts (en nous restreignant aux seuls enfants qui présentent des déformations), les plus fréquentes sont les béances antérieures. Plus intéressant encore, nous constatons que les déformations induites par la tétine sont plus complexes et plus difficiles à traiter puisque chez près de 20% des enfants concernés, elles intéressent à la fois le sens vertical et le sens transversal.Les anomalies bucco-dentaires liées à la succion prolongée de la tétine ne sont donc pas à négliger. La connaissance du "profil" des "enfants-addicts" nous permettra de mieux les cerner et de mieux communiquer avec eux et avec leurs parents, pour optimiser nos traitements.Dr Olivier Revol - L'impact des jeux vidéo sur les enfants du XXI ème siècle est un sujet de controverse. Chaque génération d'adulte aime pointer les insuffisances des adolescents, en désignant un « bouc émissaire. Les jeux vidéo, les médias et internet en particuliers attisent actuellement les rancoeurs des parents, qui les accusent de tous les maux. Et surtout leur attribuent la responsabilité de l'échec scolaire de leurs enfants...Pourtant, l'impact de ces nouveaux medias n'est pas forcément négatif Outre leur participation au développement cognitif (mise en place des compétences visuo-spatiales, entraînement des habiletés motrices), et social (pour les jeux en ligne et MSN), ils ouvrent l'adolescent sur le reste de la culture planétaire. Néanmoins, plusieurs écueils méritent d'être connus et incitent à la vigilance : Le retentissement sur la scolarité est indiscutable en cas de « surdosage ». Les soirées face à l'écran sont responsables de matinées scolaires gênées par des troubles d'attention, rapidement suivis de démotivation. Quant au climat familial, il risque d'être contaminé par des troubles du comportement liés à l'arrêt du jeux, au moment du repas (opposition, irritabilité), avec des risques difficilement contrôlables (insomnie, dérapages dans l'imaginaire...).Et surtout le problème de la violence. L'effet délétère des images vidéos sur le comportement des ados a été particulièrement incriminé après le massacre de Columbine High School (1999). Les études récentes incitent à minimiser l'impact de la violence télé-visuelle sur les enfants et les ados « standards ». Le risque concernerait essentiellement les adolescents les plus vulnérables qui eux, méritent d'être protégés.Dix questions reflètent particulièrement les inquiétudes parentales1- Pourquoi un tel engouement?Parce que ce sont des jeux. Et comme tous les jeux, ils participent à la construction de la personnalité, au développement de la socialisation, et stimulent le sens de la compétition. 2- Sont-ils utiles pour les enfants?Comme tous les jeux, ils développent des compétences: maîtrise des risques, adaptabilité à un environnement + ou - hostile, gestion de l'inattendu, traitement d'informations multiples, socialisation, acceptation de l'échec, persévérance.3- Pourquoi cette préférence pour les jeux en ligne ? Les ados privilégient le contact avec d'autres personnes. La possibilité de jouer en réseau avec des jeunes d'autres continents permet de trouver un interlocuteur à n'importe quelle heure du jour et de la nuit.4- Rendent-ils épileptiques ?Non, sauf en cas d'épilepsie photo-sensible. Dans ce cas, il faut en limiter le temps d'utilisation, et éventuellement porter des lunettes surteintées.5- Pourquoi tant de jeux violents ?Malheureusement, la violence fait vendre et facilite l'interactivité (il est plus facile de mettre en scène une bagarre qu'une romance !). Une bonne formule serait de faire découvrir aux enfants des jeux de stratégie en ligne non violents, tels que Age of Empire, Civilization...6- Les jeux vidéos rendent-ils violents ?Il existe un lien entre surconsommation de jeux violents et agressivité. Mais pas un lien de cause à effet. C'est plus la démission des parents et la carence affective qui poussent l'enfant à rester des heures devant l'écran.7- Les jeux vidéos sont-ils un obstacle à la scolarité ?Non si l'usage est règlementé.8- Comment savoir si un jeu vidéo est adapté à mon enfant ? Les parents peuvent se référer aux informations délivrée au dos de la jaquette. Une classification internationale, PEGI (Pan European Game Information), nous renseigne sur l'âge minimum et le contenu (dialogues grossiers, sexe, consommation de drogues, alcool, violence...). 9- Les jeux vidéos rendent-ils obèses?L'explosion de l'obésité (15 % des 6-12 ans sont obèses ou en surpoids contre 6% en 1980) est-elle corrélée à l'inflation des jeux vidéos ? Non ! Les jeux vidéos peuvent rendre obèse en cas d'utilisation exclusive, au détriment d'activités sportives, mais uniquement si l'enfant est prédisposé.10- Comment savoir si mon enfant est accro aux jeux vidéos?L'indicateur majeur est l'isolement social. Le risque le plus important d'addiction concerne les enfants de 14-25 ans, évoluant dans des familles laxistes au à l'inverse hyperexigeantes, et traversant des périodes critiques (déménagements, séparation parentale...).En somme :- L'accès au virtuel est un phénomène de société incontournable...Comme tous les objets addictogènes, à petites doses, l'écran ouvre les relations sociales, à haute dose, il les ferme...- Apprenons à nos enfants à consommer avec modération..."

Conférenciers

DR DANIEL ANASTASIO - Le recours à un plateau technique hospitalier : pour qui ? Pourquoi en médecine bucco-dentaire
DR HERVE MOIZAN - Comment se réalise et se déroule le recours vers l'hôpital
DR ARNAUD LAFON - Le recours à un plateau technique hospitalier : pour qui ? Pourquoi en chirurgie orale
DR DANIEL PERRIN

Bibliographie

A clinical guide to spécial care dentistry
FISKE J. & coll. - 2009
British dental journal. 118p
Pratique odontologique au bloc opératoire
GERARD E ., MOIZAN H. - 2010
JPIO. Edt CdP. Paris
Manuel de chirurgie orale, Technique de réalisation pratique, maîtrise et exercice raisonné au quotidien
PERRIN D., AHOSSI V., LARRAS P., LAFON A., GERARD E. - 2011
Edition Cdp
Recommandations pour la prise en charge des patients sous anti-vitamines K en chirurgie buccodentaire
- 2006
Médecine Buccale Chirurgie Buccale. VOL. 12, numéro 4, 188-211
Urgences Odontologiques
PERRIN D., AHOSSI V., LARRAS P. - 2005
Paris M. Edition Cdp
Recueil des bonnes pratiques organisationnelles observées dans les blocs opératoires
MEAH (Mission Nationale d’Expertise et d’Audit Hospitalier) - - 2006
septembre 2006
Pratique odontologique au bloc opératoire. De la chirurgie ambulatoire à l’anesthésie générale
GERARD E., MOIZAN H. - 2010
Collection JPIO. Editions CdP
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