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Quintessence

Pluridisciplinaire - 2012

Gardons le sourire... malgré le temps qui passe

Maîtres du temps, on ne l'est jamais !Académiquement, on s'autorise à parler de long terme après cinq années.La relation avec le patient est-elle menacée, si à l'aune de la sixième année survient un accident, une disgrâce, une plainte ? Peut-on arguer du fallacieux prétexte que le long terme est échu et toute responsabilité dégagée ?Voila le dilemme qui sera débattu, lors de cette séance !Quatre praticiens de renom, instruits des derniers travaux publiés, habiles de leurs mains expérimentées, viendront montrer leurs acquis, engager leurs jugements sans complaisance, sur la rigueur de leurs décisions, sur la validité de leurs résultats.Dent unitaire sur implant ou bridge collé, comparaison sur le long terme. Un verdictéphémère sur des matériaux en perpétuelle évolution. L'involution d'un os qui diminue avec l'âge. Ces exercices à risque, on ne peut les abandonner à l'aveuglement de la chance.Les grandes restaurations implanto-portées impliquent de parer aux mécanismes évolutifsde l'occlusion. Il faut apprendre à dépister des para-fonctions, souvent dissimulées. Si elles n'interfèrent pas au moment décisionnel, elles peuvent apparaitre plus tard, à la faveur de raisons difficiles à élucider.Il en sera question.Dans la bouche, l'enchevêtrement des étiologies sur le système de soutien de la denture complique singulièrement l'application de traitements univoques. On exige maintenant d'inclure une notion nouvelle et complexe : la PREVISIBILITE.En parodontie et en implantologie, les termes de succès, survie, échec seront surement prononcés au cours de ces débats. Le succès de l'ostéointégration a été défini par les quatre critères d'Albrektsson en 1984. Ils règlent le problème osseux. Un seul de ces critères manque à la liste, l'implant, encore en fonction, rentre dans la survie.En parodontie, abandonnant les Lumières, le XXI° Siècle est rentré dans l'hystérie de l'apparence. La difficile quête de l'esthétique à tout prix, peut corrompre le jugementthérapeutique que des raisons pathologiques, prévalentes jusque là, détournent de l'objectif médical au profit du seul sourire.Le succès de la relation prothèse/ tissus mous n'est protégée elle, par aucun critère,sinon celui de l'expérience et de la maîtrise chirurgicale Les rapports gencive/dent sont commandés par la convergence des tissus mous à la ligne ondulante de la jonction amélo-cémentaire. L'implication de cette gencive libre avec ses prolongements papillaires est difficile à créer, reproduire, maintenir sans obérer les effets de l'âge.Il en sera question !Il sera question enfin, d'odontologie conservatrice.On parle des collages de facettes et de l'évolution des matériaux céramiques depuis de nombreuses années.A chaque découverte d'un nouveau mimétique, on exulte ! Il amène des effets esthétiquestels, qu'ils se confondent avec le naturel. Alors, on croit être arrivé à un point culminant,définitif. Un peu plus tard, on remet en question ce qui passionnait les débats, hier encore.L'implantologie, évoluant grâce au titane, les techniques adhésives venues des recherches aéronautiques, leur conjonction avec des connaissances de plus en plus avancées sur les structures amellaires et dentinaires grâce à l'imagerie, permettent de faire valoir une grande sécurité mécanique. Le pronostic de durabilité, dans le décours de la vie, autorise un optimisme à l'image du sourire. Le sourire, ce symbole accueillant de l'expression du bonheur.

Dr Jean-Louis Brouillet - On ne peut évoquer aujourd'hui l'Odontologie Restauratrice dans son ensemble sans souligner d'emblée l'importance de l'influence de l'implantologie et des techniques adhésives responsables de profondes modifications de nos stratégies thérapeutiques. Il faut en outre admettre que l'avènement des adhésifs amellaires puis dentinaires est à l'origine d'un véritable bouleversement des concepts. Au plan mécanique la recherche de la rétention toujours mutilante a laissé la place à des formes de préparation à minima dans le strict respect des tissus affectés, des opportunités de consolidation par collage des structures résiduelles des dents fortement délabrées peuvent être envisagées. De nouveaux concepts biologiques orientés vers l'étanchéité des interfaces par hybridation dentinaire autorisent les préparations sur dents vitales. Enfin ces perspectives adhésives ont généré l'apparition de nouvelles céramiques qui allient une grande fiabilité mécanique à de remarquables qualités esthétiques majorées par la disparition du métal et la libre circulation de la lumière. Ces changements de paradigmes nous obligent à repenser nos traitements en termes de « biomimètique » à savoir de rapprocher les techniques et matériaux restaurateurs du modèle naturel. Toutefois si ces progrès techniques et conceptuels sont indéniables il faut se garder de toute facilité et se souvenir que l'objectif de tout traitement dentaire est de maintenir dans le temps la fonction manducatrice si possible dans de bonnes conditions d'esthétique. Que deviennent dans le temps ces nouvelles approches thérapeutiques ? A partir de cas concrets, il sera tenté de répondre à ces interrogations. Dr Yves Samama - La réhabilitation des patients édentés par la prothèse implanto portée représente aujourd'hui un concept thérapeutique établi ,fondé sur la preuve et validé par le long terme .Dans le cadre de cet exposé nous aborderons 2 types d'édentement :- L'édentement unitaireSi les critères de succès des implants (critères d'Albreksson) étaient essentiellement liés à leur intégration osseuse, on considère depuis 1989-1990 qu'une restauration implanto portée unitaire est un succès lorsqu'elle est également intégrée sur le plan esthétique.Alors que nous pouvons évaluer de manière très objective l'ensemble des critères de succès liés à l'ostéointégration d'un implant (tel que le degré de perte osseuse, la qualité du site) la littérature reste très pauvre en critères objectifs d'évaluation du résultat esthétique d'une restauration implanto portée.Pour la dent unitaire cette esthétique ne concerne pas seulement le rendu cosmétique de la prothèse implanto portée, mais dépend aussi de son intégration au plan muco gingival et plus largement au niveau du sourire et de l'ensemble de la face. Par ailleurs le problème relatif à la croissance soulève la question de l'age auquel on peut implanter: plusieurs études souligné la nécessité d'attendre la fin de la croissance chez l'adolescent afin d'éviter que n'apparaisse un décalage vertical associé, préjudiciable sur le plan esthétiqueCertains adultes jeunes peuvent également présenter des remaniements alvéolaires importants et l'affirmation de certains auteurs qui suggèrent de placer les implants à 16 ans chez les filles et à 18 ans chez les garçons apparaît discutable, voire inappropriée. Ce problème de la croissance sera largement discuté car il infuence de manière notable le choix thérapeutique.Dans ce sens l'autre solution pour traiter ce type d'édentement que représente le bridge collé sera présentée avec un recul tout aussi valable que l'option implantaire .Les grandes restaurationsLors de ces traitements , les problèmes esthétiques, fonctionnels et technologiques demeurent importants et apparaissent souvent mal évalués entraînant des difficultés, des déceptions et même des échecs. Ces problèmes sont fréquemment en rapport avec une évaluation clinique confuse de ce type d'édentement où des destructions tissulaires plus ou moins importantes influent considérablement sur la démarche prothétique et sur le resultat esthétique.l'évolution récente dans le domaine prothétique s'est focalisé sur les matériaux (titane, zircone) plutôt que sur une tentative d'analyse et de rationalisation de situation clinique qui peuvent se révéler très différentes d'un cas à l'autre.

Conférenciers

Dr Grégoire Chevalier

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