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Quintessence

ODF - 2012

SFODF - La classe III dans tous ses états

Dr Sarah Chauty - La classe III fait peur : jugée inesthétique, elle s'accentue nettement au cours de la croissance.La réussite de son traitement est subordonnée aux choix thérapeutiques effectués au moment adéquat et en fonction d'indicateurs précis.Pour cela, le diagnostic d'une classe III doit être effectué le plus tôt possible. Certes la mandibule finit tard sa croissance mais dès l'enfance certains signes peuvent permettre le diagnostic : un profil rectiligne, des aires para-nasales creusées...Néanmoins, il n'existe pas un schéma de classe III mais des schémas de classes III.Certains signes peuvent nous alerter : l'hérédité, la divergence, les compensations dentaires, le décalage osseux évalué par la céphalométrie (en particulier les signes d'alarme de Ricketts, les prévisions de croissance)...L'objectif est d'apprendre à différencier les classes III : de repérer quelles classes III répondent bien aux traitements interceptifs (les mini-attaches, les plaques amovibles, les masques faciaux...) et quelles classe III nécessiteront un prise en charge plus complexe.Dr Pascal Baron - Le traitement des classes III a de tout temps constitué une gageure pour l'orthodontiste car il opère à l'inverse de la croissance naturelle de la face, de surcroît perturbée le plus souvent dans sa composante mandibulaire. La thérapeutique repose sur la réduction du décalage maxillo-mandibulaire avec un triple aspect :- qualitatif concernant l'origine de la dysmorphose, - quantitatif quant à son intensité, - dynamique en raison de son évolutivité. La base génétique des classes III sous entend que les thérapeutiques précoces sont tout au mieux, des traitements étiologiques incomplets. Les traitements symptomatiques, orthodontiques ou chirurgico-orthodontiques, devront être entrepris avec un recul suffisant en tenant compte de l'effet boomerang de la croissance. Chez l'enfant, même dans les formes sévères, l'interception reste néanmoins de règle. Nous ne pouvons pas condamner un jeune patient à une chirurgie certaine. Pour autant, nous n'avons pas le droit non plus de le traiter, depuis le berceau jusqu'au permis de conduire. L'arsenal thérapeutique doit rester ciblé, bordé dans le temps et les effets stochastiques du traitement bien maîtrisés. En période infantile, la normalisation d'un sens transversal perturbé est systématiquement nécessaire pour rétablir les bases physiologiques d'une croissance para-normale. La correction sera effectuée préférentiellement par disjonction orthopédique afin de normaliser une hypoplasie maxillaire tout en rétablissant des rapports occlusaux fonctionnels. En phase pubertaire et pré-pubertaire, le décalage antéro-postérieur s'invite volontiers à la discordance transversale et nécessite le plus souvent une action orthopédique plus complexe avec des répercussions multi-directionnelles sur le développement facial et dentaire du jeune patient. Plus tard, les traitements orthodontiques se situent en denture définitive lorsque l'issue de la croissance sera mieux définie et en l'absence de nécessité d'indication chirurgicale. Les effets squelettiques du traitement multi-attaches s'associent alors aux compensations alvéolo-dentaires pour produire un résultat acceptable sur le plan esthétique et fonctionnel. Un mauvais pronostic à ce niveau orientera le cas vers un protocole chirurgico-orthodontique qui sera mis en place en fin de croissance et permettra notamment de retrouver un équilibre de la face en garantissant la pérennité de l'occlusion. Les asymétries apparaissent comme des complications habituellement retrouvées dans les classes III et selon leur aspect étiologique et en fonction de l'âge du patient feront l'objet d'une prise en charge différenciée éventuelle. Si les principes thérapeutiques applicables aux classes III n'ont globalement pas changé, l'orthodontie moderne impacte cependant leur approche thérapeutique. Aujourd'hui, l'incorporation de nouveaux outils offre des possibilités de contrôle inégalées. La biométrie 3D permet de préciser le diagnostic et orientera la prise de décision. L'utilisation raisonnée des ancrages vissés donne un réel avantage en fournissant un point d'appui fixe et osseux pour nos appareils orthodontiques. Les techniques chirurgicales sont modifiées pour répondre plus précisément à l'aspect polymorphe des classes III. Les temps de traitements sont optimisés, les contraintes du traitement sont atténuées pour des résultats toujours plus proches des critères idéaux de fin de traitement.

Conférenciers

Dr Caroline Akharzouz

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