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Quintessence

Environnement - 1998

La dentisterie de 2005 - Perspectives

Michèle Temam-Albou

Depuis une vingtaine d'années, nous assistons à une évolution incessante de notre exercice allant dans le sens d'une moindre mutilation tissulaire, du respect des tissus mous, d'une meilleure esthétique, d'une meilleure hygiène et d'un confort accru pour le patient et le praticien.Qu'en sera-t-il en 2005 ? Bien évidemment cette évolution va continuer !Une part importante dela dentisterie sera consacrée à la prévention : les jeunes patients plus motivés formeront-ils le centre de notre activité ? Le vaccin contre la carie tiendra-t-il ses promesses ?L'implantologie va se démocratiser et augmenter le nombre de ses indications. En parodontologie, les techniques chirurgicales vont régresser au profit des techniques non chirurgicales ou régénératrices. L'abord bactérien et microbiologique va se développer : sondes A.D.N., prescriptions plus ciblées, antibiothérapie locale. Les recherches sur les rapports entre maladies générales et parodontales vont nous ouvrir d'autres horizons.En dentisterie restauratrice et esthétique, l'évolution des matériaux et des adhésifs va continuer. L'amalgame va-t-il disparaître de nos cabinets, mettant ainsi fin à la polémique sur son éventuelle toxicité ? Les matériaux composites tiendront-ils leurs promesses ou bien les matériaux céramiques seront-ils toujours d'actualité ?Les éléments périphériques de iagnostic, de soin, de gestion, ont fait leurs apparitions dans nos cabinets. Certains y resteront, d'autres disparaîtront. Qu'en sera-t-il des microscopes, des lecteurs optiques, des caméras intra-buccales, des systèmes de fabrication assistée, des aides cliniques (lasers) ?

Dr Yves Delbos - o Pendant la phase de croissance, la préservation du capital dentaire est indispensable à un développement harmonieux de l'enfant. La morphogenèse des arcades dentaires correspond à la croissance et au modelage des bases osseuses maxillaires et mandibulaires, en rapport avec les phénomènes de dentition et s'étale sur une vingtaine d'années. Elle comporte des phases d'activité, au cours desquelles apparaissent des groupes de dents et des phases de stabilité sans modifications apparentes de la denture. o La dent naturelle reste le meilleur mainteneur possible et le maintien de l'espace est essentiel pour préserver l'harmonie des arcades lorsqu'il y a perte prématurée des dents temporaires. Le mainteneur ou stabilisateur d'arcade est efficace s'il est mis en place sitôt l'extraction réalisée. L'espace se ferme très vite, près de 90% dans les 6 mois. Après un an, le maintien passif de l'espace est généralement inutile. D'une manière générale on considère qu'il est inutile de poser un mainteneur si la dent permanente doit faire son éruption dans les 6 mois, quand la dent temporaire est en stade 3 ou si les 3/4 de la racine de la dent sous jacente sont achevés, ou encore si l'épaisseur de la corticale osseuse est < 1 mm.o Le choix du type de mainteneur dépend de la situation clinique, de la coopération (difficulté de la prise d'empreinte chez l'enfant de moins de 3 ans) et de l'hygiène bucco-dentaire de l'enfant, des paramètres financiers (peu ou pas de prise en charge). Suivant les types d'édentement et leur étiologie (traumatisme, polycarie...), les mainteneurs peuvent être fixes ou amovibles, unitaires ou multiples, mono ou bilatéraux. D'un point de vue clinique, deux situations retiendront plus particulièrement notre attention : celle des incisives maxillaires temporaires, pour les répercussions esthétiques et fonctionnelles ; et celle de la deuxième molaire temporaire, dont la perte prive la première molaire permanente de son plan guide d'éruption naturel.o Dans l'idéal, les dispositifs mis en place doivent, dans les meilleures conditions de sécurité, maintenir le périmètre d'arcade voire la DVO, permettre la mastication, préserver la phonation et l'esthétique. Dr Hervé Foray - La perte précoce des dents temporaires pour des raisons carieuses, ou bien traumatiques ne peut rester sans réponse thérapeutique. Il en est de même pour les enfants atteints d'anomalies diverses, en particulier celles de nombre (hypodontie, anodontie).La réalisation de prothèses pédiatriques permet de compenser ces déficits précoces, d'accompagner voire susciter la croissance et de garder ou d'optimiser les futures thérapeutiques qui le mèneront à l'âge adulte.Les objectifs de ces prothèses « d'attente » sont le maintien de l'espace, l'établissement et la conservation de fonctions buccales correctes, prévenir des malocclusion et rétablir l'esthétique.Les contraintes liées à la réalisation de ces traitements prothétiques sont liées à l'âge de l'enfant, à la spécificité des traitements pédiatriques en particulier la croissance.Les différentes étapes sont détaillées : indications, contre indications, prise d'empreinte, détermination des rapports intermaxillaires, choix et montage des dent et suivi.A la finale, ces prothèses revêtent pour le patient un rôle psychologique important en participant au développement de sa personnalité en plus de leur objectif thérapeutique.Ces prothèses doivent rester simples, aisément utilisables par un enfant et facilement ... réparablesCes prothèses ne sont qu'une étape dans un plan de traitement qui impose un suivi et qui doit conduire l'enfant à l'âge adulte dans des conditions fonctionnelles et esthétiques optimales.Dr François Clauss - Les thérapeutiques implanto-prothétiques précoces, mises en place avant la fin de la croissance squelettique, sont indiquées dans le cadre de phénotypes sévères d'oligodontie isolée ou syndromique, voire d'anodontie. Les traitements implantaires précoces dans le cadre d'agénésies multiples ont fait l'objet d'un avis favorable de la HAS en 2006 et sont pris en charge par les Caisses d'Assurances Maladies. Ils consistent en la mise en place de 2 implants mandibulaires, uniquement dans la région symphysaire.Indications : Les jeunes patients présentant une forme d'oligodontie isolée ou syndromique peuvent bénéficier de ces thérapeutiques implanto-prothétiques précoces. Dans le groupe des oligodonties syndromiques, les plus caractéristiques sont celles associées aux dysplasies ectodermiques hypohidrotiques (DEH). Parmi les DEH, les formes les plus prévalentes sont la DEH liée à l'X, dont l'étiologie moléculaire est une mutation du gène EDA, et les DEH autosomiques. On trouve également des DEH plus rares, associant des manifestations extra-ectodermiques, comme les syndromes P63 (Syndrome de Rapp-Hodgkin, EEC et AEC) ou les syndromes avec mutation du gène NEMO (Incontinentia Pigmenti). De nombreux autres syndromes associent une oligodontie comme le syndrome de Van de Woude, Wolf-Hirschorn...Les patients présentant une oligodontie non-syndromique sont également concernés par les traitements implantaires précoces. Sur le plan phénotypique, aucune autre anomalie du développement ou pathologie n'est associée. Les étiologies moléculaires de ces oligodonties non-syndromiques sont multiples et correspondent notamment aux mutations de gènes homéotiques MSX1, PAX9 ou AXIN2.La mise en place d'implants n'est indiquée que dans les situations cliniques avec une oligodontie mandibulaire, des agénésies localisées notamment dans la région symphysaire mandibulaire et une intolérance aux thérapeutiques prothétiques conventionnelles.Contre-indications : Ces thérapeutiques sont contre-indiquées lorsque des germes dentaires sont présents dans la région symphysaire ou dans des situations anatomiques défavorables (hypotrophie osseuse, risques anatomiques par rapport aux structures vasculo-nerveuses). Des implants maxillaires ne peuvent être mis en place avant la fin de la croissance squelettique. La mise en place précoce d'implants mandibulaires symphysaires présente des spécificités anatomiques et physiologiques. Les caractéristiques anatomiques et structurales osseuses, notamment dans le cadre des DEH, doivent faire l'objet d'une étude précise pré-opératoire, basée notamment sur un examen d'imagerie de type CBCT ou scanner. Un guide radiologique peut être utilisé lors de cette phase. Une simulation implantaire assistée par ordinateur est également indiquée dans ces contextes anatomiques souvent complexes (hypotrophie osseuse, hyperminéralisation osseuse médullaire ou corticale). L'axe de la crête osseuse symphysaire peut être lingualé imposant un compromis entre les impératifs anatomiques et prothétiques. La physiologie osseuse peut également être modifiée, notamment dans le cadre des formes syndromiques, nécessitant un suivi régulier de l'ostéointégration implantaire, pouvant faire l'objet de complications.La phase chirurgicale implantaire peut se faire sous anesthésie générale pour les patients jeunes, anxieux ou présentant des difficultés de coopération. De plus, les difficultés anatomiques et chirurgicales justifient une AG. Lors de l'intervention sous AG, l'intubation sera préférentiellement naso-trachéale et un guide chirurgical pourra être utilisé.Les implants choisis lors de la simulation implantaire pré-opératoire sont de diamètres et de longueurs réduits (longueur 8-10 mm, diamètre : 3mm) et permettent la stabilisation d'une prothèse adjointe mandibulaire supra-implantaire, qui sera renouvelée durant la croissance.Le suivi prothétique et implantaire doit être régulier, afin d'éviter toute interférence avec la croissance et de diagnostiquer précocément toute complication post-opératoire.

Conférenciers

DR DAVID CHARLES BENSOUSSAN - Les aides optiques : loupes, microscopes.
DR DENIS BOUTER - L'avènement des matériaux composites:- en remplacement de l'amalgame et de la céramique.
DR ROBERT FROMENTAL - Laser Co2 et tissus mous péri-implantaires. Le concept du guide de cicatrisation.
DR JEAN MAX SITBON - 2005, parodontologie ou médecine parodontale ?
DR FRANCK DECUP - L'avènement des matériaux compodites :- en remplacement de l'amalgame et de la céramique.
DR MICHELE ALBOU TEMAM - La dentisterie de 2005 - Perspectives
DR GILLES ALDIE - Les techniques de CFAO de prothèse dentaire au cabinet ont-elles un avenir ?
DR JEAN FROMENT - Les techniques de CFAO de prothèse dentaire au cabinet ont-elles un avenir ?
DR HADI ANTOUN - L'implantologie orale de demain : pour tous. Mais quelle implantologie ?
DR CHANTAL NAULIN IFI - En 2005, parodontie ou édecine parodontale ?
DR PHILIPPE POUGATCH - 2005, parodontie ou médecine pardodontale ?

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