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Quintessence

Pluridisciplinaire - 2001

Avez-vous des problèmes de santé ?

J. JEANDOT

Le diagnostic et les thérapeutiques médicales ont largement progressé ces dernières années.Le corollaire des avancées biotechnologiques est une médicalisation de plus en plus poussée des patients présentant un équilibre physiologique précaire.L’odontologiste engage sa responsabilité quotidiennement, au cours des prescriptions et des actes qu’il prodigue. Parallèlement, les malades, de plus en plus informés, n’hésitent pas à recourir aux tribunaux.Comment prévenir les complications liées au contexte médical ? Comment se prémunir au plan légal ? Les conférenciers tenteront de répondre à ces questions.

Dr Marie-Laure Colombier - La maladie parodontale est une pathologie infectieuse qui se traduit cliniquement par une réaction inflammatoire destructrice des tissus de soutien dentaire. L'identification de la pathologie (classification AAP de 1999) doit s'accompagner d'une évaluation du profil du patient en fonction des facteurs de risque systémiques et environnementaux, de façon à proposer une prise en charge plus personnalisée voire médicalisée de sa pathologie. Cette évaluation a été proposée en 1996 par Lang et Tonetti pour calculer le risque parodontal individuel d'un patient et établir une thérapeutique de maintenance adaptée. Elle peut également être réalisée lors de l'examen initial, puis au cours du traitement, et peut servir à améliorer la communication avec le patient.Le traitement de la maladie parodontale est un traitement étiologique, antibactérien, non chirurgical, et a pour objectif de restaurer la compatibilité biologique des tissus lésés, c'est-à-dire de favoriser la réattache tissulaire à la surface radiculaire assainie. Les progrès scientifiques au niveau infectieux comme au niveau de la réponse de l'hôte ont conduit à une évolution du concept de traitement parodontal. Les travaux des années 90 ont montré l'importance du contrôle mécanique des biofilms, structure résistant aux traitements chimiques, et favorisant le développement de bactéries anaérobies capables d'envahir le tissu gingival et d'entrainer une forte réaction inflammatoire destructrice.Depuis, le concept de traitement a évolué vers une thérapeutique à la fois moins agressive sur la surface radiculaire et d'action limitée sur les tissus mous, aboutissant à une nouvelle approche de « débridement » radiculaire (Smart 1990) et la disparition de la notion de curetage. L'évolution des technologies a contribué à cette évolution du traitement, l'instrumentation ultrasonore étant aussi efficace dans le traitement des poches que l'instrumentation manuelle (Walmsley et coll. 2008). Depuis les années 2000, d'autres thérapeutiques se sont développées, tels que l'air-abrasion ou le laser, et font l'objet d'études.Pour certaines pathologies, le contrôle bactérien implique l'utilisation d'antimicrobiens, antibiotiques et/ou antiseptiques. Cette utilisation doit être raisonnée et associée à la décontamination mécanique de la surface radiculaire. Elle a abouti à l'évolution des protocoles de traitement, avec le concept de désinfection globale (Quyrinen 1995), qui cherche à décontaminer les niches orales potentiellement infectées en même temps que la décontamination des poches parodontales, de façon à éviter leur réinfection. Cette approche conduit aujourd'hui à réaliser le traitement étiologique de certaines maladies parodontales en un temps limité. Le recours au traitement adjuvant par des antibiotiques permet d'améliorer les résultats du traitement étiologique, réduisant de ce fait les indications d'un traitement supplémentaire, généralement chirurgical (Mombelli et coll. 2011). Celui-ci reste nécessaire lorsqu'il s'agit de réduire des poches persistantes profondes, de traiter les lésions de furcations, de régénérer les tissus parodontaux, soit de traiter les conséquences des maladies parodontales.Dr Antoine Sancier - Les thérapeutiques parodontales progressent et leurs prises en charge dans le cadre de la NGAP restent inexistantes ou du moins inadaptées. Le praticien, dans l'obligation de se former aux techniques nouvelles, se voit parfois contraint de ne pas les mettre en oeuvre en raison d'un arbitrage financier qu'il doit faire entre son patient, les impératifs de sa structure et les organismes de prise en charge. Ce rôle d'arbitre est souvent démotivant alors qu'une modification de son organisation peut suffire à le libérer de cet étau politico-financier néfaste à la relation de soins. L'intégration de la parodontie dans nos thérapeutiques ne relève pas seulement de compétences cliniques, elle nécessite aussi une réforme cohérente de nos modes d'exercice. La conduite de changement est aujourd'hui au coeur de toutes les politiques de ressources humaines. Sans faire de nos structures des outils logistiques complexes mais au contraire pour s'y épanouir dans un cadre humain et autonome, nous devons être réactif faces aux contraintes socio-économiques et techniques qu'imposent la pratique de cette discipline.Cette communication aura pour but de discuter des schémas organisationnels sur le plan individuel et structurel à mettre en place au cabinet dentaire pour permettre la pratique d'une parodontie intégrée à l'omnipratique.Remettre les bases de la prise en charge parodontale au coeur de l'omnnipratique relève d'une nécessité thérapeutique pour nos patients, et d'une obligation en matière de santé publique.

Conférenciers

DR JACQUES HENRI TORRES - Diagnostic et prise en charge du patient allergique au cabinet dentaire.
DR SABINE SAINTE MARIE SPATARO - Prise en charge du patient sous anti-coagulants au cabinet dentaire.
DR ALAIN ZERILLI - Le patient « médicalisé » : responsabilité médico-légale du chirurgien dentiste.
DR JACQUES JEANDOT
DR SABINE SAINTE MARIE SPATARO - Le patient diabétique : risques et conduite à tenir.
DR JEAN CHRISTOPHE FRICAIN - Le patient diabétique : risques et conduite à tenir
DR JEAN MARIE MARTEAU - :Prise en charge du patient sous anti-coagulants au cabinet dentaire.

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