visuel-mediatheque

Quintessence

Environnement - 2001

Gérer son temps, pour gérer son stress

M. TOUSSAINT

Organiser sa vie pour gérer son stress, est-ce vraiment possible ?Quatre praticiens ayant des types d’exercice totalement différents vont livrer leurs diagnostics et leurs remèdes. Gérer, c’est utiliser les moyens dont on dispose pour obtenir des objectifs préalablement déterminés. En l’occurrence, c’est bien de la qualité de la vie professionnelle dont il s’agit. Eviter de subir le stress dû au ( manque de ) temps, organiser l’emploi que l’on fait de son temps pour ne pas subir, pour choisir l’essentiel, le confort, l’équilibre. Décider comment l’on veut utiliser son temps, c’est choisir ce que l’on fait de sa vie. La réussite provient non seulement de la compétence, bien entendu, mais aussi de la qualité de la relation humaine avec le patient. Application de recettes plus ou moins dérivées du marketing ou recherche de la relation optimale, en donnant le meilleur de soi, le résultat thérapeutique dépend toujours de la qualité de cette relation. Le patient accorde de moins en moins facilement sa confiance, il a besoin de plus en plus de considération. Une enquête réalisée dans un cabinet auprès des patients apporte des réponses surprenantes. La question : Parlez-nous de votre stress . Les patients nous apprennent ce qui a le plus diminué leur stress …Des réponses dont il faut tenir compte.Face à la demande du patient, souvent à sa souffrance, le praticien doit écouter pour entendre et pouvoir recevoir le message . Comment vivre cette relation émotionnelle, être juste assez sensible pour être concerné, mais pas trop pour ne pas être démoli par ce que cela réveille en nous. Etre prêt à recevoir, c’est aussi faire le ménage chez soi, avant… Une large place est réservée pour les questions et les solutions proposées aux problèmes particuliers des participants. La séance se veut largement interactive. Chacun est responsable de la qualité de sa vie…même s’il y a de grandes inégalités …

Dr Claire Lassauzay - Il y a deux manières de vieillir. Généralement, on décrit le vieillissement « réussi », qui correspond à un vieillissement en bonne santé, exempt de pathologies associées et le vieillissement « fragile », associé à des pathologies, induisant un certain niveau de dépendance. En 2004, 19% de la population française était âgée de plus de 65 ans, cette prévalence devrait dépasser 35% en 2050. Les spécificités orales, physiologiques et pharmacologiques de la personne âgée nécessitent une adaptation des modalités de prise en charge en Odontologie. Les pathologies liées à l'âge s'accompagnent parfois de troubles cognitifs et comportementaux, rendant difficile la réalisation des soins dentaires. La prise en charge de ces patients peut majorer les effets liés à leurs pathologies générales (crise hypertensive, agitation, confusion...) et compromettre un équilibre précaire. La prescription sédative doit donc être adaptée aux modifications physiologiques liées à l'âge, aux pathologies présentées par le sujet âgé ainsi qu'à leur traitement. L'approche psychologique, comportementale et la prévention de la douleur sont une partie intégrante de la prise en charge de ces patients, l'objectif étant, à terme, de permettre de diminuer le stress anticipatif et celui occasionné par les séances de soins dentaires. Les besoins en soins chez les personnes âgées sont importants et les procédures médicales et les systèmes de santé publique doivent s'adapter aux besoins en soins de la population vieillissante. La problématique est particulièrement pertinente en Odontologie du fait de l'augmentation des pathologies buccales inhérentes à l'âge. Les besoins en soin sont encore majorés chez les personnes présentant une dépendance. Les obstacles à la santé buccodentaire sont d'ordre social, économique mais également technique. La perte d'autonomie, les modifications physiologiques et les troubles de l'adaptation liés au vieillissement viennent aggraver les difficultés techniques liées aux soins. La prise en compte de ces spécificités va permettre au praticien, en accord avec les objectifs de soin du patient et des aidants, de mettre en place un plan de traitement adapté au projet de vie du patient, prenant en compte le rapport bénéfice /risque lié à la réhabilitation, à la conservation ou à l'avulsion des dents.Dr Pierre-Yves Cousson - Le traitement endodontique constitue l'ultime tentative conservatrice de la dent sur l'arcade, et est actuellement l'alternative à l'avulsion et/ou l'implant. Les objectifs du traitement endodontique sont désormais bien encadrés par des guides de bonne pratique, et il s'avère que les procédures de mise en ½uvre de ces traitements sont exigeantes en compétences, en techniques, et en temps. Pour certains patients, et dans certaines conditions d'accès aux soins, les exigences du traitement endodontique peuvent constituer un obstacle à la conservation de la dent. Dans un objectif de santé publique, et à l'heure où la recherche sur les processus de régénération tissulaire se développe, les techniques invasives de conservation pulpaire doivent être légitimement réévaluées. Les techniques de coiffage pulpaire direct, de pulpotomie partielle ou totale, de pulpotomie basse, font partie des thérapies invasives qui visent préserver la vitalité pulpaire et peuvent constituer une alternative au traitement endodontique pour les dents permanentes vitales à des fins transitoires ou définitives. Ces techniques reposent sur les capacités pulpaires de cicatriser en formant de la dentine réparatrice dans un environnement aseptique. La guérison pulpaire est caractérisée par la formation d'un pont dentinaire minéralisé sous le matériau de coiffage. Selon certains auteurs, l'indication de pulpotomie peut être posée dans le cas d'une hyperhémie réversible associée à une lésion carieuse stade 4, de pulpite irréversible avec ou sans élargissement périapical, à une effraction pulpaire iatrogène lors du curetage de lésions carieuses importantes ou à la présence de lésions carieuses volumineuses sur des dents immatures. Différents matériaux peuvent être utilisés pour réaliser les pulpotomies sur les dents permanentes. Ces matériaux doivent induire ou promouvoir la formation d'un pont dentinaire, prévenir la contamination bactérienne, être biocompatible, être étanche. Le premier matériau utilisé est l'hydroxyde de calcium dont l'action est basée sur le caractère alcalin. Le tissu pulpaire adjacent subit alors une nécrose de coagulation à son contact. Un autre matériau, le MTA (Mineral Trioxide Aggregate), biocompatible, insoluble dans les fluides, dimensionnellement stable peut également être utilisé . Aguilar et Linsuwanont, dans une revue de la littérature parue en 2011, rapportent qu'il n'y aurait pas de différence significative quant au taux de succès entre ces deux matériaux pour les pulpotomies totales.Une étude pilote réalisée au sein du service d'odontologie du CHU de Clermont-Ferrand évalue la guérison de dents permanentes vitales traitées par pulpotomie basse, et reconstituées à l'aide de coiffes préformées. Entre mars 2006 et février 2012, 100 pulpotomies ont été réalisées pour une population de 67 patients adultes soignés sous anesthésie générale. Après une période post-opératoire variant de 6 mois à 2 ans, 29 traitements ont pu être réévaluées chez 18 patients, et la radiographie rétroalvéolaire a révélé l'absence de radio-clarté périapicale dans 82,8% des cas. Cette étude pilote fournit assez d'arguments pour la mise en place d'une étude longitudinale contrôlée.Ainsi la pulpotomie pourrait être une alternative thérapeutique au traitement endodontique des dents vitales en présence d'un facteur prédictif d'échec du traitement endodontique pouvant être lié à la dent, au praticien, ou au patient, en particulier pour les patients peu observants des soins nécessitant des séances longues ou réitérées.Dr Nicolas Decerle - En France, comme dans le reste de l'Europe, alors que la prévalence de la maladie carieuse a considérablement diminué pour les enfants de 12 ans au cours des 20 dernières années, l'indice CAOD reste très élevé pour les adultes de 35-44 ans (1), un faible nombre d'individus adultes concentrant le maximum de lésions carieuses. La situation de ces groupes humains associe généralement une absence de réactivité vis à vis des actions de prévention des facteurs étiopathogéniques de la maladie carieuse (contrôle des apports en sucre, de l'hygiène et des apports fluorés) et des difficultés d'accès aux soins pour des raisons financières, géographiques et psychosociales (2). De nouvelles stratégies préventives et/ou thérapeutiques mieux adaptées à ces populations d'adultes doivent donc être mises en place pour satisfaire les objectifs d'équité en santé bucco-dentaire.Une étude en cours au CHU de Clermont-Ferrand vise à valider la pertinence d'un modèle de réhabilitation en une seule session sous anesthésie générale pour ces patients polycariés. Depuis mai 2011, les patients adultes polycariés autonomes, sans troubles cognitifs et présentant un obstacle aux soins à l'état vigile, sont orientés vers une consultation spécifique. Un entretien est conduit de manière à identifier, d'une part leurs attentes en termes de santé bucco-dentaire, et d'autre part les obstacles rencontrés lors de leurs demandes de soins. Un projet d'assainissement à visée conservatrice est alors réalisé à la suite d'un examen clinique et radiologique, et une session unique de soins sous anesthésie générale leur est proposée pour la mise en ½uvre de ce projet. Ces patients font ensuite l'objet d'un suivi post-opératoire, après 1 mois, 6 mois et 1 an. En 1 an, 40 patients ont été inclus dans ce dispositif. Parmi eux, 33 patients (17 femmes d'âge moyen 28,8±8,1 ans, et 14 hommes d'âge moyen 32,8±11,9 ans) présentant en moyenne 11,9±5,1 lésions carieuses (parmi lesquelles 5,2±4,0 présentaient une pulpopathie réversible et 6,7±4,9 présentaient une pulpopathie irréversible) ont été soignés sous anesthésie générale. La nature de l'obstacle à la réalisation des soins dans les conditions ordinaires à la population générale était un trouble anxieux spécifique au contexte du soin dentaire dans 28 cas (90,3%) et une raison médicale dans 3 cas (9,7%).Les critères mis en place pour évaluer la pertinence de ce projet sont :o pour la faisabilité de la procédure : la durée de la session de soins, le nombre et le type d'actes réaliséso pour l'efficacité de la session de soins : l'indice CAO-D, le nombre d'unités dentaires fonctionnelles, l'efficacité masticatoire (granulométrie du bol alimentaire avant déglutition) et la cinématique masticatoireo pour la satisfaction du patient : la qualité de vie en relation avec la santé orale (GOHAI), son observance vis-à-vis des visites de contrôle.Cette présentation rapportera l'analyse de l'évaluation de ce modèle de prise en charge pour la première année de son fonctionnement.

Conférenciers

DR MICHELINE RUEL KELLERMANN
DR MICHEL TOUSSAINT
DR ELIANE FERRAGUT
DR PATRICK DUPUY

imprimer