visuel-mediatheque

Quintessence

ODF - 1998

Les acquis en ODF

André Salvadori

L'omnipraticien a un rôle capital à jouer dans le dépistage et le traitement précoce des dysmorphoses en orthopédie dento-faciale. Il doit diagnostiquer et traiter les dysfonctions qui sont à l'origine des dysmorphoses squelettiques secondaires. La régulation des fonctions, la neutralisation de l'enveloppe fonctionnelle sont à la base de l'orthopédie dento-faciale bioprogressive.Favoriser une respiration nasale satisfaisante, c'est assurer une croissance transversale du maxillaire suffisante. Permettre une fonction linguale efficace est le garant d'une croissance transversale et sagittale des maxillaires plus harmonieuse.Enfin, réaliser une expansion maxillaire transversale permettra, outre une amélioration de la respiration nasale, un déverrouillage occlusal favorisant l'expression sagittale de la croissance mandibulaire.

Dr Sylvia Riemenschneider-Chillès - Cette conférence présente une méthode de traction et de mise en place de dents incluses utilisant comme unique ancrage un système innovant constitué de deux mini-vis et d'un bras de traction. Celui-ci tracte directement la dent incluse avec un contrôle tridimensionnel, ce qui permet de s'affranchir de tout autre appareillage orthodontique. La procédure générale de dégagement et de collage des dents incluses, puis la mise en place chirurgicale du système de traction seront exposées en détail et illustrés à l'aide de cas cliniques.La prise en charge des dents incluses est pluridisciplaire avec un volet chirurgical et un volet orthodontique. C'est le dialogue entre ces deux spécialités qui permet d'établir un plan de traitement cohérent. La localisation de la dent incluse est primordiale et basée autant sur des indices cliniques que radiologiques.Après dégagement de la dent, le collage du bracket se fait toujours en per-opératoire. Il permet de fixer une ligature qui, après repositionnement du lambeau, fera son émergence le plus proche possible de la position définitive de la dent.Le dispositif de traction autonome (appelé « CT8-1 » pour Cortical TMA, terminaison en forme de « 8 » à un bras), est mis ensuite en place. Il est constitué de deux mini-vis fixant une connectique directement contre la surface osseuse. Elles sont placées sous le périoste en fond de vestibule. La connectique est formée de deux boucles dans lesquelles passent les vis, et d'un bras qui émerge dans la cavité buccale à travers la muqueuse libre.Il sera ensuite terminé en crochet et connecté avec la ligature de la dent à déplacer. Il crée un nouveau paradigme : celui de l'ancrage direct actif. Les sites anatomiques d'implantation sont tous extra-alvéolaires, en fond de vestibule. Les zones recherchées sont celles présentant un os cortical épais et dense, sans proximité d'éléments anatomiques à risque. Comme les vis sont courtes (5mm) et ne dépassent quasiment pas la corticale, il y a moins de risques anatomiques qu'avec des vis longues qui plongent, elles, dans l'os spongieux. Polyvalentes, elles peuvent être placées quasiment partout, excepté bien entendu dans la zone du foramen mentonnier, mais leurs localisations les plus fréquentes pour les tractions de dents incluses sont la ligne oblique externe et le bord antérieur la branche montante à la mandibule, et le processus zygomatique du maxillaire. Ainsi, leur position ne limite pas l'amplitude des mouvements dentaires. Les mini-vis corticales courtes se révèlent être une excellente alternative aux mini-vis transgingivales classiques et aux mini-plaques. Elles allient la simplicité d'utilisation des premiéres à la fiabilité des secondes, et leur polyvalence leur permet d'être utilisées dans de très nombreuses situations cliniques difficiles.Leur pose et leur dépose demeure rapide et facile. Ni lambeau ni sutures ne sont nécessaires, les suites opératoires sont limitées et les risques anatomiques réduits.Le système CT8 est le seul système à ancrage osseux permettant à la fois la traction et la mise en place finale des dents incluses avec un contrôle tridimensionnel. Il est donc totalement autonome et permet de se passer de tout autre appareillage. Le risque de mouvements parasites est éliminé et le risque de rhizalyses des dents adjacentes lors du déplacement de la dent incluse est fortement diminué.Dr Jean-Baptiste Charrier - Les demandes de traitement orthodontique chez l'adulte ne cessent d'augmenter. Cette population souhaite que le traitement soit le plus rapide possible. Les corticotomies alvéolaires sont une chirurgie de scarification de la corticale alvéolaire. Cette technique consiste dans sa version conventionnelle à récliner un lambeau de gencive de pleine épaisseur et à effectuer des sections superficielles de l'os alvéolaire pénétrant à peine l'os médullaire dans la région où il est souhaité une résistance alvéolaire amoindrie et un déplacement rapide des dents. Inspirées par les premières corticotomies segmentaires décrites par Köle, les techniques de corticotomies ont intéressé depuis de nombreuses équipes. Des travaux expérimentaux ont démontré l'intérêt et la fiabilité de ces techniques. On considère actuellement que le principe des corticotomies alvéolaires est le même que pour la consolidation des foyers de fractures. Toute modification du turnover osseux, qu'elle soit médicamenteuse ou chirurgicale, entraine des variations dans la vitesse de déplacement orthodontique. Il ne s'agit pas de mobiliser les dents ni de les rendre plus mobiles, il s'agit de faire une activation métabolique régionale dont les mécaniques orthodontiques conventionnelles vont permettre de déplacer physiologiquement les dents, plus rapidement avec des forces moindres. La période de consolidation permettra de maintenir une mobilité dentaire augmentée pendant un certain temps après l'intervention.Les corticotomies de l'os alvéolaire permettent d'accélérer les mouvements dentaires par rapport à un traitement orthodontique conventionnel. Cette technique chirurgicale s'est développée considérablement ces dernières années et de plus en plus de praticiens lui font confiance. Des évolutions techniques récentes permettent aujourd'hui le développement d'une approche des corticotomies dite mini-invasive pratiquée sans l'élévation de lambeaux gingivaux.Le développement du Traitement Orthodontique combiné aux Corticotomies ouvre de nouvelles perspectives et apporte des solutions à certaines limites du traitement orthodontique adulte. Cette méthode présenterait de nombreux bénéfices comme la réduction de la durée de traitement, une meilleure expansion, un mouvement dentaire différentiel, une plus grande possibilité de traction des dents incluses et une plus grande stabilité post-thérapeutique. A travers la description de cas cliniques, nous proposons une mise à jour des données actuelles sur les corticotomies, en décrivant les différentes techniques chirurgicales « invasives » et « mini-invasives » avec leurs avantages et leurs limites. Les perspectives d'application des corticotomies en pratique clinique courante sont exposées. Les données scannographiques et par imagerie cone beam concernant l'ostéogenèse induite par les corticotomies sont présentées, ainsi que les perspectives de recherche clinique sur la perfusion dentaire avant et après corticotomies.Dr Chawket Mannaï - Lors du traitement des malformations dento-faciales, l'équipe dentaire, travaillant étroitement ensemble, doit connaître les possibilités et les limites pour chaque praticien. Le chirurgien oral doit être conscient de la mécanique et des techniques utilisées pour le traitement orthodontique. De même, l'orthodontiste doit être parfaitement au courant dans le détail de la chirurgie orthognathique et chaque fois que c'est possible, participer à l'intervention. Dans tous les cas et avant le début du traitement, le chirurgien et l'orthodontiste doivent se réunir pour définir précisément le plan de traitement ainsi que le rôle complémentaire indissociable au succès de la chirurgie. De plus, les déplacement des dents ou des structures osseuses, sont souvent accompagnées d'un changement au niveau des tissus mous. Selon le type de mouvement, ce changement peut être considérable et peut varier de façon significative selon le type de mouvement. Si des résultats esthétiques optimaux sont souhaités, le chirurgien oral et l'orthodontiste doit connaître les ratios spécifiques dans les mouvements des structures osseuses et des tissus mous de support.Cette présentation a pour but de résumer les possibilités orthodontiques et chirurgicales dans les trois dimensions de l'espace.Dans le plan frontal, il s'agira de corriger les désordres dento-maxillaires transversaux. Une attention particulière sera donnée à la constriction maxillaire et son traitement tant par le biais de l'orthodontie que par la chirurgie distractive.Dans le passé, l'élargissement de la mandibule était difficile à réaliser et était limité par les tissus mous et les risques potentiels liés à la rotation du condyle. Aujourd'hui, grâce à l'utilisation de la distraction osseuse, nous sommes capables d'atteindre un élargissement conséquent de la mandibule avec un minimum d'effets indésirables.Le rétrécissement de la mandibule est techniquement réalisable, mais très rarement nécessaire, car l'expansion maxillaire est plus indiqué dans la grande majorité des cas. Néanmoins, si cela s'avérait nécessaire dans de rares cas, elle peut nécessiter l'extraction d'une incisive inférieure.Le menton est sans doute le seul élément des maxillaires, qui peut être déplacé dans n'importe quelle direction de l'espace. Expansion et rétrécissement du menton sont des compléments très communs et utiles à la chirurgie orthognathique et à l'équilibre du visage. En cas d'expansion génienne, une greffe osseuse ou des blocs d'hydroxyapatite peuvent être facilement insérés et fixés.Dans le plan sagittal, il s'agira de corriger les malformations dans le sens antéropostérieur bien décrites par la classification d'Angle. Les traitements des classes II et III seront revus notamment l'avancée ou le recul du maxillaire et de la mandibule et la combinaison de ces 2 techniques. Les changements esthétiques associés à ces techniques sont importants et doivent être pris en considération préalablement a la chirurgie. C'est souvent le diagnostic esthétique qui guidera le mouvement des maxillaires.Enfin dans le sens vertical, il s'agira de modifier la hauteur des étages moyens et inférieurs. Ces chirurgies sont presqu'exclusivement adressées au maxillaire. La correction se fera soit par impaction soit par augmentation qui peut être ou non associée à une greffe. Cette dernière technique a évolué considérablement pour limiter les phénomènes de récidive.

Conférenciers

DR ANDRE SALVADORI - Les acquis en O.D.F.
DR HELENE MARTINEZ - Correction du sens traversal.
DR MIREILLE GUIBERT - Le repousse langue.
DR PHILIPPE CANNONI - Rééducation des fonctions.

Bibliographie

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