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Les maladies parodontales


Attention fiche rédigée en 2004 - en cours de révision

Définition

La maladie ou plutôt les maladies parodontales concernent tous les tissus de soutien des dents : la gencive, le ligament et l’os alvéolaire.
Jadis jugées inéluctables et sans réel recours, ces affections bénéficient en fait de traitements bien codifiés et de succès thérapeutiques tangibles.

 

Les points importants

Les maladies parodontales sont très répandues et intéressent tous les âges.

En France, selon l’enquête ICSII réalisée par l’ADF sous l’égide de l’OMS, plus de 80 % des adultes entre 35 et 44 ans souffrent de maladies parodontales. Beaucoup estiment à tort cette situation inéluctable et se résignent à porter vers 60 ans un dentier, comme leurs parents.
Des études récentes mettent en évidence les rapports entre maladie parodontale et état général. Ainsi, les femmes enceintes qui présentent une parodontite sévère ont un risque accru (3 à 7 fois) d’accoucher prématurément d’un enfant à faible poids. De même, les patients atteints de parodontite ont un risque d’atteinte cardiovasculaire accru de 25 %.

Au sein des parodonpathies, il est important de distinguer les gingivites, qui n’atteignent que la gencive. Elles sont le plus souvent bénignes et faciles à traiter.

A l’opposé, les parodontites atteignent les tissus de soutien de la dent (ligament, os). Plus graves, elles peuvent aboutir à la perte de dents et retentir sur tout l’organisme. Elles nécessitent un traitement plus approfondi.

Une certitude s’impose : il y a toujours une atteinte infectieuse. Les bactéries s’accumulent à la jonction dent / gencive, entraînant des manifestations plutôt localisées et inflammatoires (les gingivites) ou s’infiltrent davantage et réalisent une infection localisée (parodontie). Ces affections progressent d’autant plus vite que les défenses du patient sont affaiblies (hérédité, affection générale, déficit immunitaire).

La prévention de ces affections peut être tout à fait efficace : un brossage quotidien soigneux, des arcades dentaires bien rangées, sans caries ni dents absentes, des visites régulières chez un praticien avec détartrage réduisent considérablement le risque d’atteinte parodontale.

De même, il ne faut pas attendre que les dents bougent pour consulter : la douleur, signe d’alarme est souvent longtemps absente. Un changement de couleur des gencives, un saignement au brossage, un allongement de la partie visible de la dent (rétraction gingivale) signent une pathologie parodontale avérée.

En cas d’atteinte, des mesures thérapeutiques s’imposent. Elles reposent sur un principe simple : la décontamination des tissus infectés. Ces traitements d’assainissement des surfaces dentaires et gingivales sont le plus souvent suffisants pour arrêter le processus de déchaussement.

En cas de gingivite, le praticien procède à un nettoyage complet de la bouche : détartrage ultrasonique et/ou manuel, pouvant être accompagné d’un aéropolissage au bicarbonate, irrigation d’antiseptiques sous la gencive. A charge pour le patient d’avoir une hygiène bucco-dentaire rigoureuse.

En cas de parodontite, le même traitement, plus poussé, sera appliqué, allant jusqu’au surfaçage des racines dentaires, afin d’éliminer le tartre profond et d’éviter l’adhérence du film microbien. Un traitement antibiotique d’accompagnement s’impose le plus souvent. Si nécessaire, le praticien aura recours à la chirurgie parodontale pour accéder aux racines dentaires. Dans certains cas, il faut procéder à des greffes osseuses, la pose de matériau de comblement ou de membrane pour améliorer la régénération de l’os perdu. De même, si les gencives sont rétractées, des greffes de gencives vont supprimer les sensibilités dentaires et le préjudice esthétique.

 

Des recherches récentes permettent d’affiner l’origine étiologique : les praticiens disposent d’examens microbiologiques pour identifier la nature des bactéries en cause et donc une éventuelle réponse antibiotique parfaitement ciblée. De même un test génétique réalisé à partir du prélèvement d’une simple goutte de sang au bout du doigt peut déterminer si le patient présente un risque accru de parodontite. Malheureusement, ces tests ne sont pas pris en charge par la Sécurité Sociale.

Parallèlement, la lutte contre les facteurs d’environnement tels que le tabagisme, le stress ou la recherche d’un diabète non traité sont au premier plan de la lutte contre les parodonpathies.

 

En bref

Les affections parodontales sont très fréquentes et exposent les patients à des risques locaux et généraux. Toutes présentent une composante infectieuse. Si la prévention par une hygiène rigoureuse et des contrôles (avec détartrages) peuvent suffire, les praticiens sont de mieux en mieux armés pour lutter contre les gingivites ou les parodontites. Les traitements visent à l’assainissement local mais aussi à une restitution des fonctions bucco-dentaires optimales sans oublier la correction des préjudices esthétiques.

L’avenir s’articule autour de plusieurs axes :
- lutter contre les facteurs de risque (tabac, hygiène, stress,...) ;
- déterminer au mieux les patients à risque (tests génétiques) ;
- affiner les réponses thérapeutiques (tests microbiologiques) ;
- accroître les succès thérapeutiques et le confort des patients.

Enfin, une information accrue, sur les risques mais aussi le caractère non inéluctable des " déchaussements " et pertes dentaires en cas de parodonpathies, contribuera à une meilleure santé de la population Française.

Les implants dentaires


Attention fiche rédigée en 2004 - en cours de révision
Définition

L’implant dentaire correspond à une racine artificielle en titane destinée à être enfouie dans l’os maxillaire ou mandibulaire qui supportera secondairement un élément prothétique.


Les points forts

L’implantologie moderne est née dans les années 50, grâce aux travaux du Pr. Branemark sur l’ostéo-intégration. Il s’était aperçu lors d’études sur la moelle osseuse de lapins et de chiens que des vis creuses en titane implantées dans l’os faisaient pratiquement corps avec lui. Le principe de l’ostéo-intégration était né.
Les systèmes et techniques pouvaient alors se développer.

Pour faire un tour d’horizon des implants, il faut en voir les avantages, les inconvénients, les contraintes, les techniques et les résultats.

Les indications de l’implantologie sont le plus couramment le remplacement de dents absentes.
Il peut s’agir de remplacer une seule dent absente sans pour autant être amené à intervenir sur les dents adjacentes, comme cela s’impose pour un bridge classique ;
Des implants peuvent aussi servir à remplacer une prothèse amovible par une prothèse fixe.

Des impossibilités existent et doivent être rigoureusement éliminées.
Elles peuvent être d’ordre médical : un terrain immuno-déprimé, une affection systémique, des allergies majeures, un traitement médical à risque (anti coagulant par exemple), certaines affections cardiaques (valvulopathies), ou des affections évolutives sont des contre indications absolues.
Elles sont parfois d’ordre anatomique : qualité des gencives, densité et structure de l’os, situation des nerfs dentaires inférieurs, volume sinusien.
Enfin, elles peuvent relever du patient : incompréhension des implications en matière de suivi, négligence, hygiène insuffisante et motivation faible sont tout aussi rédhibitoires.

 Le bilan pré-implantaire passe par un examen clinique et médical et par une phase de radiologie et d’empreintes.

Tout doit donc concourir à assurer un résultat optimal et c’est cette somme d’informations qui permet au praticien de proposer une solution précise, à charge pour le patient d’accorder son " consentement éclairé " plein et total.

Enfin, il faut savoir que les interventions implantaires nécessitent pour le praticien une formation appropriée et pour le patient une discipline rigoureuse.

Techniquement, deux solutions sont actuellement proposées.
La technique " suédoise " en deux temps : les implants sont placés dans l’os " en nourrice " pendant 3 à 6 mois, laissant ainsi la cicatrisation et l’ostéo-intégration se faire. Secondairement, les implants sont découverts, une vis est mise en place : c’est la mise en fonction. Si l’ensemble est stable dans l’os, la prothèse à proprement parler est alors réalisée.
La technique " suisse ". Elle se fait en un temps. Les implants sont mis en place dans l’os mais ne sont pas enfouis sous la gencive, le col de l’implant dépassant. La prothèse pourra être réalisée après le même délai d’ostéo-intégration.

L’implantologie est une science en pleine évolution et des progrès récents ont permis d’offrir toute une gamme d’implants adaptés à des conditions anatomiques " difficiles ". De même, à côté des implants en titane pur, divers alliages sont à l’étude. Parallèlement, l’utilisation des techniques parodontales de régénération tissulaire a permis d’élargir les indications et d’accroître les succès.

 En bref

 L’implant est une solution parmi d’autres solutions prothétiques avec des avantages et des inconvénients. Il est du ressort du praticien lors de son colloque singulier avec son patient de définir et de proposer la solution la mieux adaptée au cas particulier que représente l’édentation.

L'halitose (la mauvaise haleine)


Attention fiche rédigée en 2004 - en cours de révision
Définition

L' halitose, plus couramment appelée mauvaise haleine est un "désagrément " fréquent, souvent vécu de façon honteuse.
Son origine est buccale dans plus de 70 % des cas.
Le chirurgien-dentiste est donc tout à fait habilité à en faire le diagnostic, proposer un traitement efficace et dans certains cas particuliers, adresser son patient à un confrère médecin.

Les points forts

Toutes les odeurs buccales ne sont pas mauvaises et seules celles qui caractérisent une mauvaise haleine correspondent à l'halitose. Encore faut-il faire la différence entre la personne qui croit avoir une mauvaise haleine (affection psychiatrique, trouble neurologique) et le sujet qui en est effectivement atteint.
Le patient d'ailleurs n'en a pas toujours conscience, comme s'il s'y était habitué et c'est souvent après une remarque de son entourage qu'il vient demander de l'aide.
Le praticien doit alors véritablement se pencher sur son patient auquel il demandera d'exhaler sans honte !
Il entreprendra alors une véritable enquête etiologique pour proposer une solution efficace.

Cette démarche aura pour but de déterminer si l'halitose a une origine buccale ou non.
Les halitoses non buccales ont de multiples origines : Affections ORL (sinusite, amygdalite...), digestives (reflux gastro-œsophagien, trouble hépatique...), pulmonaires (abcès, tumeur...) rénales (urée...), endocrines (diabète, troubles menstruels...), métaboliques (déshydratation...), causes iatrogènes (psychotropes...), etc. - Citons les cas particuliers de l'oignon et de l'ail dont les composés volatils sont exhalés par les poumons et celui du tabac qui imprègne presque totalement le fumeur.
Les halitoses buccales sont de loin les plus fréquentes.

Comment se produisent -elles ?

De nombreuses bactéries, pas forcément pathogènes, présentes dans la cavité buccale vont dégrader des protéines (issues de l'alimentation, de la salive, des cellules buccales) en composés sulfurés volatils (CSV), vecteurs expressifs de l'halitose. D'autres composés malodorants sont aussi impliqués.

Qu'elles en sont les causes ?

Un examen clinique et radiologique permet de distinguer :
- une gingivite (inflammation des gencives) d'une parodontite (atteinte plus profonde des tissus parodontaux avec perte de l'os de soutien des dents) ;
- les caries et les infections dentaires ;
- les restaurations inadaptées, défectueuses qui favorisent la rétention de débris alimentaires ;
- l'odeur émise par l'enduit lingual.

Quelles solutions pour combattre l'halitose ?

Tout d'abord dédramatiser, rassurer le patient et lui proposer une réponse adaptée :
- traiter les caries, changer les restaurations défectueuses, soigner les parodontopathies, éliminer le tartre au cabinet du chirurgien-dentiste ;
- améliorer l'hygiène buccale en renforçant le brossage dentaire, en utilisant le fil dentaire, un hydropulseur, un gratte-langue en cas d'enduit lingual manifeste, une solution buccale anti-microbienne ;
- prendre des mesures hygiéno-diététiques simples : modifier les habitudes alimentaires (ail, oignon, épices, alcool¼), réduire la consommation de tabac à défaut d'obtenir l'arrêt, s'hydrater, y compris au coucher pour réduire la mauvaise haleine du réveil.

Les solutions thérapeutiques sont donc multiples et le plus souvent curatives.

 

En bref

L'halitose, ou mauvaise haleine, ne doit plus être considérée comme une tare honteuse et insoluble. Lutter contre cette gène ou ses conséquences sociales relève le plus souvent du chirurgien-dentiste. En effet dans plus de 70% des cas son origine est buccale.

Tout chirurgien-dentiste peut, après interrogatoire et examen précis, proposer à ses patients d'en traiter la cause dentaire, gingivale, prothétique... et d'y associer des mesures hygiéno-diététiques simples et efficaces.

Les amalgames dentaires


Attention fiche rédigée en 2009 - en cours de révision

Amalgames dentaires : répondre à nos patients

Aujourd'hui l'amalgame dentaire est le matériau d'obturation qui présente le risque le plus faible.

A ce jour, aucun fait pathologique grave n'a jamais été constaté - selon des critères scientifiques objectifs - consécutivement à la pose d'amalgames d'argent.

Qu'est-ce qu'un amalgame, de quoi est-il composé ?

L'amalgame d'argent est un produit composé d'environs 50 % de poudre d'alliages d'argent, d'étain, de cuivre et de zinc et de 50 % de mercure. Une fois malaxé, il se présente sous la forme d'une pâte, plastique qui durcit dans la cavité nettoyée de la lésion carieuse et devient pratiquement aussi résistant que les tissus dentaires.Ce produit est utilisé depuis 150 ans environ sans entraîner de problème médical dûment identifié, ce qui témoigne de ses qualités. Il a connu de nombreuses améliorations, surtout en terme de stabilité dans le temps.

Le mercure n'est-il pas une substance toxique ?

Absorbé à des doses élevées, le mercure est un poison. Son usage a été restreint dans la composition de médicaments et de produits de cosmétologie. Les effets toxiques du mercure n'apparaissent que pour des doses beaucoup plus élevées que celles qui sont susceptibles d'être libérées par les obturations à l'amalgame d'argent. Le seuil de risque n'apparaît que dans le cas de restaurations multiples (plus de 10 obturations) et si elles sont très volumineuses.

Du fait de l’abrasion au cours de la mastication, l'amalgame libère une partie infime de particules riches en mercure dont une partie est ingérée, avec la salive. Cette partie ne passe pas la barrière intestinale. Elle est éliminée dans les selles et ne présente donc aucun effet biologique ou toxique.

Une autre partie, encore plus infime, est inhalée sous forme de vapeur. Ces vapeurs mercurielles passent dans les tissus pulmonaires, puis dans le sang. A moyen terme, la majeure partie est éliminée dans les urines.

Aucun fait pathologique grave n'a été constaté et aucune action toxique générale n'a été prouvée scientifiquement à ce jour. Les sujets les plus exposés restent les chirurgiens-dentistes, chez qui on n'a pas identifié de maladies professionnelles liées au mercure autres que d’éventuelles et rares allergies.

Des traces de mercure, de taux comparables à celles des obturations dentaires, peuvent se trouver dans l'alimentation, en particulier dans la chair de certains poissons. Même si l'on additionne les apports de l'alimentation et celles des obturations, on reste encore très en deçà des doses susceptibles d'exercer des effets toxiques généraux.

Cependant, rejeté dans la nature, le mercure peut avoir des répercussions défavorables sur l'environnement. C'est pourquoi les chirurgiens-dentistes ont pris des mesures de récupération et de retraitement des déchets d'amalgame en vue de réduire les effets polluants indésirables.

Le mercure peut-il provoquer des réactions pathologiques ?

Toute substance mise au contact avec l'organisme est susceptible de provoquer des réactions tissulaires dont certaines de type allergique. Elles sont rares et généralement de faible importance. Selon les études faites ou à partir des projections déduites de l'étude de groupes homogènes, le nombre de patients susceptibles de présenter des réactions est probablement compris en 0,04 % et 0,00001 % alors que l'usage de résine, matériau d'avenir, présente encore à ce jour, au moins 40 fois plus de risque allergique que celui de l'amalgame.

Quels en sont les symptômes ?

Les réactions allergiques et leur dérivés

Elles sont très exceptionnelles. Les symptômes qui apparaissent sont habituellement des lésions inflammatoires localisées des gencives en regard de la dent obturée. Dans des cas rarissimes, des oedèmes et de l'urticaire peuvent apparaître.

Le lichen plan
On a pu montrer qu'un groupe de patients dont les tests de sensibilité immunologiques au mercure sont positifs, présente du lichen plan oral, au voisinage immédiat des obturations. La suppression de ces obturations entraîne la disparition de la lésion. Cependant, les obturations à l'amalgame d'argent ne sont pas tenues pour êtres seules responsables dans l'apparition de ces lésions dermatologiques buccales. D'autres matériaux de reconstitution dentaire, dont les résines composites et des ciments verre ionomères, peuvent être également inductrices de lichen-plan. En effet, l'état de surface de la reconstitution et la prolifération de la plaque bactérienne sont au moins aussi importants que la nature du produit de reconstitution lui-même.

L'eczéma péribuccal, les brûlures
L'allergie au mercure, combinée généralement à des sensibilités à d'autres métaux, se manifeste aussi par un eczéma péribuccal.
En présence de sensation de brûlure et de bouche sèche, de nombreuses études démontrent l'absence de corrélation avec l'obturation à l'amalgame d'argent et la somatisation de troubles de la personnalité. Dans quelques rares cas, la dépose de ces obturations entraîne l'amélioration temporaire de ces stomatodynies, en particulier chez des patients à profil psychologique perturbé.

L'atteinte rénale
Des études ont démontré expérimentalement que le mercure pouvait déclencher, dans un groupe de rats génétiquement bien déterminé, une maladie auto-immune se traduisant par une glomérulonéphrite. Les autres races de rats n'ont pas présenté de tels effets pathologiques.

Il semble improbable que ces données expérimentales de laboratoire puissent s'appliquer à l'homme, cependant la prudence conseille d'éviter de réaliser des obturations contenant du mercure chez des patients présentant de telles pathologies rénales, même si l'on ne dispose d’aucune évidence d’une quelconque relation entre cause et effets. Les restrictions d’usage ont du reste été abandonnées des dernières recommandations, fautes de preuve, sauf pour ce qui concerne l’allergie.

 

L'amalgame dentaire peut-il être utilisé sans danger chez les femmes enceintes et allaitantes ?

Des quantités infimes de mercure diffusent à partir des obturations et passent la barrière placentaire sans aucun risque pour l'embryon ou le fœtus.

Cependant la prudence suggère de différer pendant cette période la pose et surtout la dépose, d'obturations à base d'amalgame d'argent, ce qui libérerait une infime fraction de mercure dans l'organisme du fœtus en dépit du filtre placentaire. Comme toujours dans le domaine biomédical, les thérapeutiques ont des indications et des contre-indications. Le suivi de la santé dentaire des mères enceintes devrait supprimer ou limiter à l'indispensable les indications de pose d'obturations. Pendant cette période, les matériaux alternatifs à l'amalgame peuvent être utilisés à titre temporaire.

Ces mêmes raisons imposent ces mêmes limitations temporaires aux femmes qui allaitent leurs enfants.

L'amalgame dentaire peut-il être utilisé sans danger chez les enfants ?

Une fois passée la période ante- et périnatale, les enfants doivent faire l'objet de conseils d'hygiène bucco-dentaire et de mesures de prévention accompagnées d'une surveillance effective. Si ce programme n'est pas assuré ou si l'enfant entre dans le cadre de patients à risque, les programmes thérapeutiques qui doivent être mis en œuvre n'ont aucune raison d'éviter l'emploi d'amalgame d'argent. Au contraire, les propriétés anti-carieuse en font un matériau de reconstitution particulièrement indiqué.

Les études publiées à ce jour démontrent la supériorité des amalgames d'argent sur tous les autres biomatériaux en dentisterie pédiatrique. Aucune pathologie liée à l'amalgame n'ayant été établie, on peut préconiser son emploi chez les enfants, sauf dans les cas de sensibilité allergique ou d'atteinte rénale.

Dans le cadre de ces mesures de prévention, la détection précoce de lésions carieuses peut, sur des cavités initiales donc de très petite taille, faire préférer les matériaux adhésifs qui demandent des préparations moins mutilantes. Cependant, il est clair que dès qu'une lésion carieuse atteint une certaine taille ou que l'on est en présence d'un patient à risque carieux, l'amalgame trouve ses indications majeures.

 

Existe-t-il des contre-indications à l'utilisation des amalgames ?

Seules les allergies à certains métaux constituent des contre-indications. Pour tous les autres patients, l'amalgame d'argent continue à être le matériau d'obturation de choix du secteur des dents postérieures.
Localement, afin d'éviter tout phénomène de bimétallisme et la création de micropiles, on évitera son emploi au contact de couronnes ou d'obturations métalliques.

 

Faut-il remplacer les obturations à l'amalgame ?

Il n'existe aucune raison autre que le vieillissement des obturations à l'amalgame, des impératifs mécaniques (fissurations) ou la récidive des atteintes carieuses pour décider de remplacer les amalgames.
L'amalgame reste le meilleur matériau de restauration dentaire. Il assure de façon satisfaisante le contrôle de la plaque bactérienne et donc limite ou empêche la récidive de la carie. Il reconstitue des points de contacts interdentaires de bonne qualité et, de ce fait, assure la protection de la gencive. Sa résistance à la pression et à l'abrasion lui permet de répondre convenablement aux sollicitations mécaniques lors de la mastication.

La dépose de tout amalgame peut entraîner une augmentation temporaire de la teneur en mercure dans l'organisme. Cette dépose ne peut être acceptable que si une raison médicale fondée le justifie.

La décision de dépose d'un amalgame ne doit en aucun cas être contraire à l'éthique biomédicale, ni résulter de méthodes d'évaluation sans fondements biologique ou médical car il s'agit alors de mesures contraires au code de déontologie.

 

Quels sont les autres procédés d'obturation ?

Les matériaux dits composites sont actuellement développés. Ils présentent l'avantage d'être de la teinte des dents et de coller à l'émail.
Ils ne peuvent pas être utilisés dans tous les cas. A ce jour, les composites n'ont pas toutes les qualités requises pour une bonne obturation : ils s'usent rapidement et leur étanchéité est faible. Ils doivent donc être fréquemment refaits. Leur compatibilité avec les tissus n'est pas excellente ce qui provoque des réactions allergiques plus importantes que celles dues à l'amalgame. Ils n’ont pas de pouvoir anti-cariogène.
Les incrustations métalliques ou céramiques scellées peuvent rivaliser avantageusement avec les amalgames dans le secteur postérieur. Leur prix de revient élevé en limite l'usage.

 

Puisque tout le monde n'est pas d'accord, c'est qu'il y a un problème ? Y-a-til des recherches en cours sur les risques liés à l'usage de l'amalgame dentaire ?

Depuis 150 ans que l'amalgame dentaire est utilisé, des centaines d'études ont conclu à l'absence de risque de l'amalgame. Chaque année, et encore aujourd'hui, des dizaines d'études sont publiées et l'OMS a recensé en 1997 les plus importantes. En France, comme dans le monde, ces travaux se poursuivent et aucun à ce jour n'a mis en évidence le lien entre l'apparition de pathologies et les amalgames dentaires.

Quelle est la position des pouvoirs publics en France ? et à l'étranger ?

A ce jour, aucun gouvernement n'a interdit l'usage de l'amalgame, mais des recommandations de restriction sont effectives pour des raisons d’environnement et non pas pour des raisons médicales. Que ce soit le groupe d'experts réunis à l’initiative du Conseil supérieur d'hygiène publique de France (1) ou les conclusions du groupe d’experts réunis par l’Agence de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS), ou le document produit par un groupe d’experts européens du SCENHIR, les conclusions publiées, après analyse de l'ensemble des données scientifiques, n'ont pas envisagé d'autres restrictions à son emploi que celles qui ont été énoncées.

 

Conclusion

A ce jour, l'amalgame d'argent est encore supérieur à tous les autres produits utilisables pour les dents des secteurs postérieurs (prémolaires et molaires). La longévité des obturations, la qualité de la restauration des surfaces en rapport avec les surfaces dentaires adjacentes, les propriétés anti-bactériennes - donc de stabilisation de la lésion carieuse et de prévention de la récidive - font que ce matériau est meilleur que l'ensemble des résines et ciments qui sont proposés actuellement comme substituts. Seules les incrustations métalliques ou en céramique (inlays-onlays) ont une qualité comparable. Quels que soient les progrès réels de ces derniers, il leur reste encore beaucoup à faire pour que les amalgames soient supplantés.

 

(1) Le texte reprenant l'avis du Conseil Supérieur d'Hygiène Publique du 19 mai 1998, celui de l’AFSSAPS ou celui du Scenhir sont à votre disposition sur demande auprès de l'ADF.

dernière mise à jour : juin 2009

L'orthopédie dento-faciale


Attention fiche rédigée en 2009 - en cours de révision

Définition

Spécialité dentaire à part entière, elle concerne les malpositions dentaires et les décalages des mâchoires. Cette définition générale permet d’imaginer un vaste domaine d’intervention, de la correction de légères malocclusions jusqu’à celle des sévères dysmorphoses en passant par celle d’éventuelles dysfonctions. Son appellation officielle est l’Orthopédie dento-faciale (ODF).

Contrairement aux idées reçues, cette discipline concerne l’enfant, l’adolescent mais aussi l’adulte :
- chez l’enfant, le traitement d’Orthopédie dento-faciale a pour but de favoriser une croissance harmonieuse de la face et des mâchoires en aidant au bon développement des fonctions orales et nasales, en interceptant les anomalies apparues précocement et en diminuant les risques de traumatismes dentaires ;
- chez l’adolescent, l’Orthopédie dento-faciale traite les anomalies établies en portant une attention particulière à l’esthétique du visage et à l’occlusion de la denture définitive ;
- chez l’adulte, l’Orthodontie parfois en association avec la chirurgie s’efforce de disposer les dents de manière à assurer une fonction masticatrice maximale, d’améliorer l’apparence du visage et de la denture, de favoriser une bonne santé parodontale et articulaire enfin parfois de permettre de réaliser des prothèses dans de meilleures conditions.

Les points forts

• Quel parent peut, devant son enfant de 6 ans dont les premières dents définitives apparaissent, échapper à la question : " vont-elles bien se ranger ou lui faudra-t-il un appareil ? "
• Quel enfant de 10-12 ans ne demande-t-il pas à ses parents pourquoi ses camarades ont un appareil et pas lui ?
• Quel adulte gêné par " le mauvais rangement " de ses dents ne se demande-t-il pas s’il n’est pas trop tard pour lui ?
• Ces questions caricaturales ne doivent pas cacher une réalité : comment disposer au mieux dans une bouche 32 dents (voire 28), leur permettre d’entretenir des relations harmonieuses, efficaces, présenter une apparence esthétique et y rester toute une vie ?

Ainsi, lorsque la nature ne remplit pas pleinement son rôle, diverses techniques peuvent y suppléer et ce, pratiquement à tout âge.

Des désordres anatomiques variés expliquent le recours à l'ODF

- une bouche à priori trop petite pour ranger toutes les dents ;
une langue trop grosse et qui pousse les dents ;
une succion ou un tic de déglutition qui les contrarient ;
un décalage apparent entre les deux mâchoires comme par exemple la prognatie ;
une malformation cranio-faciale plus ou moins importante.

Citons aussi l'orthodontie pré-prothétique (pour préparer au mieux une réhabilitation de la bouche par prothèses dentaires), l'orthopédie pré-implantaire (avant implants) et l'orthopédie qui accompagne un traitement parodontologique.

On comprend ainsi mieux que cette discipline concerne les enfants comme les adultes.

Le bilan orthodontique, une démarche bien codifiée

Qu'il s'agisse d'une découverte fortuite ou d'une demande caractérisée, l'orthodontiste va pratiquer un bilan clinique et radiologique précis (avec mesures, moulages, constructions) pour proposer un plan de traitement à chaque fois individualisé.

Sur quelles techniques peut il s'appuyer ?

Les classiques appareils amovibles ont encore un rôle important à jouer aux cotés des techniques fixes, chacun ayant des indications propres et bien codifiées.

Pour les techniques fixes, des attaches (brackets) sont collées sur les dents et réunies par un fil métallique, dont certains sont à mémoire de forme, qui va provoquer le déplacement recherché.

Diverses variantes à cette technique, dans un souci d’esthétique et de confort, sont possibles : on peut, selon les cas, remplacer les brackets métalliques par des éléments transparents ou de la couleur des dents, les disposer sur la face linguale des dents (en dedans) plutôt que sur la face vestibulaire (apparente) des dents.
Une fois le traitement apparemment achevé, une période de consolidation (dite de contention) s’impose pour stabiliser les résultats.

Cependant de légers mouvements de récidive peuvent toujours se produire.
Dans les traitements orthodontiques, il faut aussi évoquer la participation des orthophonistes, des kinésithérapeutes, des chirurgiens maxillo-faciaux, des oto-rhino-laryngologistes pour le traitement de certains cas cliniques.

Il s’agit donc d’une discipline en peine évolution qui ne concerne pas seulement les enfants et les adolescents mais aussi les adultes et qui propose aujourd’hui des traitements plus courts, plus légers avec des résultats incontestables.

 

En bref

L'ODF ou orthopédie dento-faciale permet de corriger des malpositions dentaires, des atteintes dento-maxillaires, dento-maxillo-faciales.

Constamment en évolution elle concerne aussi bien les enfants que les adultes.

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