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Médecine buccale



Quelles solutions pour les maladies des glandes salivaires ?
Version : 2004
Auteur : Carlos Madrid

QUELLES SOLUTIONS POUR LES MALADIES DES GLANDES SALIVAIRES ?
Séance A5 du mercredi 24 novembre 2004 - 9h30 à 12h30

Les maladies des glandes salivaires frappent à des titres divers près de 3,5% de la population
Elles touchent généralement les personnes âgées, c’est le cas d’une grande partie des cas de sécheresse buccale liée au vieillissement des cellules des glandes salivaires ou de la Maladie de Sjögren trouble de l’immunité qui entraîne une destruction des systèmes cellulaires sécrétant, entre autres, la salive.
D’autres affections des glandes salivaires atteignent des sujets nettement plus jeunes, telles que des tumeurs ou des calculs qui, comme les calculs des reins, créent de douloureuses coliques des glandes salivaires.

Le but de cette séance du Congrès de l’ADF est donc de faire un tour d’horizon international des avancées scientifiques dans la compréhension des causes, dans le diagnostic et dans le traitement de ces maladies peu connues du public mais pourtant redoutablement invalidantes pour ceux qui en sont frappés.


-- La SÉCHERESSE BUCCALE est sans aucun doute l’affection salivaire la plus répandue : elle concerne la plupart des sujets très âgés qui voient arriver, avec les autres avatars de la vieillesse, la sécheresse des muqueuses et de la conjonctive oculaire avec un cortège d’ennuis qui vont de l’impossibilité d’absorber des aliments acides ou vinaigrés, à la sensation de soif intense et à la multiplication des plaies intrabuccales qui entraîne l’impossibilité de se nourrir.

Les patients de tous âges traités médicalement par des psychotropes (antidépresseurs, tranquillisants) sont également sujets à ces signes de sécheresse buccale comme d’ailleurs les utilisateurs de drogues.
Enfin, les patients qui ont fait l’objet d’une irradiation directe ou indirecte des glandes salivaires pour une tumeur de ces glandes ou de la gorge, peuvent éprouver une destruction partielle ou totale de leur potentiel de sécrétion salivaire en fonction de la région anatomique irradiée et de la dose délivrée.
Quelle que soit la cause, la baisse du flux salivaire s’accompagne très souvent d’une modification des caractéristiques physico-chimiques de la salive qui devient plus épaisse, plus collante et moins mouillante.

Tous les stades sont possibles, d’une salive diminuée mais encore très liquide à l’écoulement d’un enduit pâteux qui, en se collant aux dents, va favoriser l’agression bactérienne et permettre la formation de caries particulières des faces visibles des dents qui ne sont rencontrées que dans cette circonstance.


- La MALADIE de SJÖGREN se traduit par une réduction parfois drastique de la quantité de salive produite, les cellules de défense de l’organisme détruisant spécifiquement les systèmes cellulaires qui sécrètent la salive, les larmes ou les sécrétions vaginales.
Ce « syndrome sec » a, en outre, la caractéristique de ne pas être une affection isolée mais de s’accompagner très souvent d’altérations biologiques et cliniques comme, par exemple, la polyarthrite rhumatoïde.
Aujourd’hui, on pense qu’un virus tel que celui de l’hépatite C peut être à l’origine de bouleversements de l’immunité, ce qui expliquerait la volte-face des cellules contre leur hôte. Cette hypothèse solide est encore controversée.


LES TRAITEMENTS

Lorsque les glandes salivaires sont encore capables de sécréter un peu de salive, un médicament très ancien comme la pilocarpine donne de bons résultats.
En revanche, lorsque le tissu qui produit la salive est totalement détruit, seules les salives artificielles, dont les agents mouillants et tensio-actifs protègent les muqueuses de la dessiccation, ont une certaine efficacité

Les souffrances provoquées par l’impossibilité d’évacuer la salive dans la bouche, lorsque le canal excréteur de l’une ou l’autre des glandes salivaires principales est bouché par un calcul, sont très importantes et n’ont rien à envier aux douleurs des coliques néphrétiques. Les douleurs sont à leur paroxysme lorsque l’on tente de faire sortir le pus par massage direct de la glande infectée et enflammée.
La fréquence de ce type de complication a conduit, et conduit encore, à supprimer la glande salivaire malade. Cependant, les données plus récentes de la médecine ont permis la mise au point de la sialendoscopie, une chirurgie exploratrice et curative des calculs salivaires. Elle fait appel à des endoscopes miniaturisés (pas plus de 3 mm de diamètre) qui permettent de pénétrer, de voir en couleur et d’opérer à l’intérieur des canaux salivaires à peine dilatés par l’injection simultanée de sérum physiologique, le tout sous anesthésie locale.
Les calculs sont ainsi saisis dans le canal par une pince et tractés jusqu’à la sortie naturelle de la glande. La sialendoscopie est, en outre, une remarquable technique de diagnostic, peu invasive, qui permet de dénombrer les calculs, de connaître leur position relative et d’apprécier leur forme. Cette technique révolutionnaire diminue considérablement les suites opératoires et les séquelles de la chirurgie conventionnelle.


Les tumeurs des glandes salivaires frappent 7 habitants sur 100 000 pour les tumeurs bénignes et près de 1 habitant sur 100 000 pour les tumeurs malignes. Parmi elles, certaines sont souvent insidieuses et s’installent très progressivement avant de rompre leur enveloppe et d’envahir irrémédiablement les tissus environnants. C’est pourquoi leur dépistage précoce est un enjeu important.

Les séquelles de la chirurgie de ces tumeurs peuvent être impressionnantes en particulier pour les tumeurs de la plus importante des glandes salivaires, la parotide, située sous le lobe de l’oreille, dont la chirurgie peut s’accompagner d’une paralysie temporaire ou définitive des muscles qui donnent son expression au visage et permettent de fermer les lèvres et les paupières.

Mal connues et peu « visibles » les maladies des glandes salivaires altèrent souvent de façon majeure la vie de ceux qui sont atteints, depuis les difficultés alimentaires d’une bouche désespérément sèche jusqu’aux chirurgies mutilantes des tumeurs. Les glandes salivaires sont également au carrefour de plusieurs domaines de la pathologie, immunologie, virologie, médecine interne et constituent en recherche un modèle particulièrement pertinent dans l’étude des maladies du tissu conjonctif.

Si la thérapeutique des maladies tumorales a fait des progrès considérables, si les techniques de radiothérapie ont fait des avancées sensibles qui permettent de préserver et souvent de mieux protéger le tissu salivaire contre les effets de l’irradiation, il reste que l’asialie et l’hyposialie, c’est à dire le manque ou l’absence de salive, restent des défis face auxquels le thérapeute est encore souvent mal armé.
En revanche, les progrès récents de l’endoscopie des glandes salivaires devraient permettre de traiter la plupart des calculs qui obstruent les canaux excréteurs des glandes sans perte immédiate de la glande salivaire concernée.


Source : Docteur Carlos MADRID

 
 
 
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