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Odontologie pédiatrique



Prévention et interception orthodontique en chirurgie dentaire pédiatrique
Version : 2004
Auteur : Annie Berthet

PRÉVENTION ET INTERCEPTION ORTHODONTIQUE EN CHIRURGIE DENTAIRE PÉDIATRIQUE
Séance D64 du samedi 27 novembre 2004 de 9h30 à 12h30


LES DENTS DE LAIT : DE L'IMPORTANCE DE LES SOIGNER

Vers l'âge de 3 ans, toutes les dents de "lait" (dents temporaires) ont fait leur apparition dans la bouche du petit enfant. Pour préserver son sourire, il est essentiel de les conserver et donc de les soigner lorsque cela est nécessaire même si ce sont des dents qui vont tomber. Une lésion carieuse non traitée peut s’infecter et endommager la future dent permanente qui est en dessous.

La destruction plus ou moins importante de la couronne de la dent de "lait" par la carie réduit son volume initial et diminue la longueur de l'arcade. De plus, la perte prématurée des dents de lait pour extraction (infection) ou pour traumatisme (chute de vélo...) entraîne aussi un déséquilibre. En effet, les dents de "lait" restantes, s'étalent plus ou moins dans les espaces laissés libres par les dents extraites ou perdues. Les dents permanentes n'ont plus la place pour pousser, soit elles restent bloquées à l'intérieur de la mâchoire, soit elles évoluent en malposition (par exemple, dans le palais...). Elles ont perdu leur « chemin » pour arriver en bonne position dans la bouche. Ainsi, les dents de « lait » préfigurent l’architecture des arcades dentaires adultes.

Prévenir les malpositions signifie soigner les « dents de lait » et en cas de perte, maintenir l’espace par des petits appareillages provisoires, fixes ou amovibles.


LES DENTS PERMANENTES

A partir de l'âge de 6 ans, le remplacement des dents de "lait" par les premières dents permanentes est souvent le point de départ ou l’accentuation de malpositions. La taille des dents n'est pas toujours en correspondance avec le volume des mâchoires. Une ou plusieurs dents peuvent évoluer en position "inversée" par rapport aux autres, la mâchoire inférieure peut être déviée d'un côté en raison d'un palais trop étroit (occlusion croisée). Elle peut être positionnée trop en avant ou trop en arrière, et cette tendance est susceptible de s'accentuer avec la croissance. L'hérédité joue ici un rôle fondamental souvent à l'origine de ces décalages et à laquelle s'ajoute tous les effets néfastes des mauvaises habitudes (pouce...).

- La succion d'un pouce ou d'un doigt interfère souvent de façon défavorable sur les dents et les mâchoires. Il n'est pas facile, chez le petit enfant, d'éliminer cette pratique. Il est souvent préférable d'attendre qu'il ait acquis une maturité suffisante pour le convaincre d'arrêter. Il faut l’aider à abandonner son pouce en évitant de le culpabiliser.
Par exemple, en dessinant sur le doigt concerné (au feutre indélébile), le visage d'un personnage favori ce qui l'obligera à ne pas mettre son doigt à la bouche.
La succion digitale déforme le palais et est à l'origine de malpositions dentaires.
Les incisives supérieures se déplacent vers l'avant et créent souvent un espace avec les incisives inférieures. La langue se faufile ainsi dans la béance et adopte une mauvaise posture. La déglutition et la phonation sont précocement perturbées.

Il existe une solution : si vers 4 ans, le jeune enfant est d'accord, le chirurgien-dentiste peut lui proposer de porter un petit écran qu'il place lui-même devant ses incisives, la nuit ou même la journée à la maison, pour contraindre le doigt à s'éloigner de la bouche. Raisonnablement, c'est vers l'âge de 8 ans qu'une méthode plus coercitive mais radicale peut être envisagée. Le chirurgien-dentiste place dans la bouche, un appareil anti-pouce qui ne se retire pas (porté 24 heures sur 24).

- Attention aux rhumes à répétition et au nez bouché sur de longues périodes, aux amygdales et aux végétations trop volumineuses chez le petit enfant et aux rhinites allergiques chez le plus grand. Ils sont souvent à l'origine d'une respiration par la bouche car les voies aériennes supérieures sont obstruées. L'enfant bave et ronfle la nuit parce que les lèvres sont entrouvertes pour prendre l'air. Il a soif. Son sommeil est fréquemment agité, il est fatigué le matin, il a souvent des cernes sous les yeux. Ces phénomènes s'expliquent par des échanges énergétiques perturbés (oxygénation moindre). La bouche "toujours ouverte" interfère sur la position et le volume des maxillaires (palais étroit, posture basse ou en avant de la mâchoire inférieure entretenue par une mauvaise position de la langue).

Une consultation à la fois chez l'ORL et chez le chirurgien-dentiste ou chez l'orthodontiste permet d’intercepter ces dysfonctions aussi à l’origine de troubles de la dentition. Une intervention précoce permet de rétablir une respiration normale "par le nez" (ablation des amygdales et/ou des végétations, exercices pour apprendre à respirer par le nez), de corriger les malpositions naissantes ou installées et la dysfonction associée de la langue.


En résumé, vers 3 ½ ans (toutes les dents de "lait" sont en place) puis vers 6/7 ans (arrivée des premières dents permanentes), une visite chez le dentiste ou chez l'orthodontiste est primordiale car il va dépister les éventuelles anomalies et il va indiquer le moment favorable pour agir. Pour certains cas, il peut recommander un traitement précoce qui s'avère parfois suffisant pour rééquilibrer la denture et qui supprime toute autre intervention vers 12-13 ans sur les dents permanentes. Pour d'autres, cette première étape facilite la suite de la thérapeutique orthodontique (souvent complexe à un âge plus avancé) et réduit le temps du traitement.


QUELQUES RÈGLES SIMPLES À METTRE EN PRATIQUE DÈS LE PLUS JEUNE ÂGE

- Privilégier l'allaitement maternel chaque fois que cela est possible (la tétée au sein stimule la mâchoire inférieure et les muscles environnants),
- Coucher le bébé sur le côté car la position ventrale favorise la respiration par la bouche,
- Moucher quotidiennement les narines de l'enfant, et une par une si possible, pour maintenir une respiration par le nez,
- Introduire des aliments durs pour apprendre à l'enfant à mastiquer. La fonction masticatoire participe au développement harmonieux des mâchoires.


Source : Dr Annie Berthet

 
 
 
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