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Pathologie/Chirurgie



La bouche, miroir de la santé
Version : 2005
Auteur : Claude-Bernard Wierzba

Aujourd’hui, le rôle du chirurgien-dentiste va au-delà du « simple » traitement des dents. La santé bucco dentaire n’est pas à part de la santé, mais elle en est partie prenante.La cavité buccale ne doit pas être considérée comme un élément anatomique isolé, indépendant. Chaque chirurgien-dentiste ne peut exercer correctement sa profession sans connaître l’interdépendance de la pathologie bucco-dentaire et de la pathologie générale, et sans être conscient du rôle primordial qu’il tient dans le dépistage et la prévention.

Un grand nombre d’affections de la muqueuse buccale ou des dents relèvent d’une pathologie générale, faisant partie ou non d’un ensemble de manifestations symptomatiques parfois révélatrices d’une pathologie générale.

Inversement, de nombreuses pathologies générales, infectieuses surtout, possèdent un point de départ dentaire : l’endocardite d’Osler en représente un exemple type, classiquement expliqué par l’infection focale.

LE CHIRURGIEN-DENTISTE : UN ROLE AU-DELA DES DENTS

Cela ne se sait pas toujours, mais le « spécialiste des dents » se trouve aussi souvent en première ligne dans le dépistage et la prévention de certaines maladies. En examinant une lésion, il peut être amené à déclencher des démarches diagnostiques et initier une action thérapeutique

En dermatologie buccale et péri-buccale, il représente souvent le premier maillon de la chaîne thérapeutique. Il peut par exemple détecter des lésions buccales précancéreuses ou cancéreuses, ou encore des lésions opportunistes ou spécifiques de l’infection par le VIH ou les pathologies du SIDA.

La consultation d’un patient pour une douleur ou pour une gêne, ou bien la découverte fortuite d’une lésion buccale amènent fréquemment le praticien à établir un diagnostic. Et « mieux vaut ne pas se tromper...» car les étiologies nombreuses, les notions de terrain, la réaction à certains médicaments, rendent les diagnostics cliniques de plus en plus difficiles.

De la simple lésion aphteuse à l’étiologie inconnue, d’une lésion typique aux manifestations buccales du SIDA, le chirurgien-dentiste doit examiner, interroger, et diagnostiquer.

DES MANIFESTATIONS BUCCALES, MIROIR D’UNE PATHOLOGIE GENERALE

- les gingivorragies signe d’hémopathies
Gingivorragies : saignements de gencives spontanés
Hémopathies : maladies des lignées sanguines, principalement la lignée blanche : globules blancs du sang

- les candidoses, l’herpès récidivant, la maladie de Kaposi, la leucoplasie orale chevelue ou le lymphome non hodgkinien caractéristiques des patients VIH
Candidoses : pathologies de la muqueuse buccale ou de la muqueuse digestive dues à des champignons. Il existe plusieurs formes de candidoses buccales : chez le patient séropositif VIH, ces candidoses sont très difficiles à faire disparaître.
Maladie de Kaposi : néoplasie qui constitue une pathologie inaugurale du SIDA. Lésion plane de couleur lie de vin, ne disparaissant pas à la pression.
Leucoplasie orale chevelue : lésion spécifique du Sida siégeant sur les bords de la langue, non détachable.

- les différentes formes de lichen observées lors de pathologies hépatiques
- les hémorragies spontanées de l’hémophilie
- des ulcérations aphtoïdes torpides et indolores des joues et des lèvres dans 20% des cas
de maladie de Crohn
- les parodontopathies du diabète

- les glossodynies et le syndrome algo-dysfonctionnel de l’appareil manducateur dans
certaines formes de dépression, ou bien une sécheresse buccale liée aux médicaments spécifiques de la dépression
Glossodynies : brûlures généralisées de la langue avec sensations de picotements d’étiologie inconnue
Syndrome algo-dysfonctionnel de l’appareil manducateur : douleurs de l’articulation de la mandibule
qui est un organe mobile

...ET DES PATHOLOGIES BUCCO-DENTAIRES A L’ORIGINE D’UNE PATHOLOGIE GENERALE

- Toute lésion buccale pouvant transmettre un phénomène infectieux à l’organisme par propagation d’un germe ou d’une bactérie véhiculé par le sang à partir du foyer primaire buccal jusqu’à un organe cible : coeur, rein, poumon...
- Au niveau cardiaque, l’endocardite infectieuse : il s’agit d’une septicémie dans laquelle l’agent pathogène infectieux se greffe sur un endocarde sain ou préalablement altéré et provoque des lésions destructrices, pouvant entraîner le décès du patient
- Une glomérulonéphrite est une atteinte du glomérule rénal, secondaire à une infection
bactérienne ou virale, entraînant un syndrome néphritique aigu.

Devant des lésions de la muqueuse buccale ou péri-buccale, le chirurgien-dentiste doit rester extrêmement vigilant. Une observation précise des lésions et des examens complémentaires permettent aujourd’hui, de mieux connaître les affections, caractéristiques de certaines pathologies générales, ou bien de localiser une lésion spécifique à l’origine de manifestations à distance et donc de mieux les traiter.

 
 
 
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