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Implantologie



Extraire ou conserver ?
Version : 2005
Auteur : Philippe Bouchard

La préservation des dents et leur remplacement font partie du champ d’activité des chirurgiens-dentistes. Ils y consacrent l’essentiel de leur temps à travers les actions de prévention et de traitement. L’amélioration des connaissances et l’avènement de nouvelles technologies ont fait reculer le nombre des extractions dentaires dans les pays industrialisés. Néanmoins, le nombre d’adultes présentant au moins une dent absente à remplacer et le nombre de personnes âgées totalement édentées ne sont pas négligeables.

POURQUOI EXTRAIRE UNE DENT ?

En dehors des dents de sagesses, cinq raisons essentielles, classées ici par ordre de fréquence, peuvent amener un chirurgien-dentiste à proposer l’extraction d’une dent.

1) Son support gingival et osseux est trop abîmé pour espérer sa conservation à moyen ou à long terme
Cause : les maladies parodontales. Les gingivites (50% de la population environ) et les parodontites (15 à 18% de la population environ) sont les maladies parodontales les plus fréquentes. Ces maladies inflammatoires peuvent entraîner des conséquences sur l’état général (contribution au déséquilibre d’un diabète, augmentation du risque cardiovasculaire, du risque d’accouchement prématuré) et être aggravées par l’état général du patient (diabète, Sida) ou par la prise de médicaments (anti-épileptiques, médicaments anti-rejet).

2) La dent est trop abîmée pour être conservée
Cause : les caries

3) La dent a subi un traumatisme de sa racine à la suite d’un choc
Cause : les fêlures et les fractures

4) La dent ne peut être traitée en raison d’un mauvais état général du patient
Cause : les infections

5) La dent est à extraire pour des raisons stratégiques lors d’un traitement dentaire
Cause : les traitements d’orthodontie ou de prothèse

COMMENT EXTRAIRE UNE DENT ?

L’évolution des techniques chirurgicales a permis aux chirurgiens-dentistes de procéder à des interventions totalement indolores permettant de conserver au maximum l’os qui entoure la dent. Cette conservation osseuse est capitale afin d’envisager son remplacement dans de bonnes conditions esthétiques et fonctionnelles.

Pour préserver l’os, le praticien peut utiliser, lorsque cela est indiqué, des substituts osseux (biomatériaux), des greffes d’os prélevés sur le patient, de petites membranes synthétiques résorbables ou non pour maintenir les tissus et des greffes de gencives.

POURQUOI CONSERVER SES DENTS ?

Vers 12 ans, en dehors des dents de sagesse, un enfant présente 28 dents sur les mâchoires représentant un capital qu’il devra conserver toute sa vie, c'est-à-dire 72 ans pour une femme et 65 ans pour un homme ![1] C’est un capital de santé et un capital économique. Le remplacement d’une dent absente est indispensable à la conservation des autres, et ce remplacement est souvent onéreux car il met en oeuvre une technologie sophistiquée, adaptée sur mesure à chaque individu.

COMMENT CONSERVER SES DENTS ?

En se brossant les dents 2 à 3 fois par jour à l’aide d’un matériel approprié à la bouche du patient. Chaque patient est unique. Il n’existe pas de matériel standard et les conseils doivent être personnalisés. Le chirurgien-dentiste est à même de donner ces conseils.
Chez l’adulte et l’adolescent, deux visites par an chez un chirurgien-dentiste permettent de prévenir les maladies des gencives (maladies parodontales) en les dépistant précocement et en procédant à un détartrage-polissage (détartrage simple) tous les 6 mois. Une visite tous les 6 mois réduit de 120% le risque d’avoir une maladie parodontale destructive en comparaison avec un patient qui ne va chez le dentiste que tous les 3 ans !

Lorsque le patient est atteint d’une maladie parodontale, le chirurgien-dentiste procède à un surfaçage de toutes les racines (détartrage avancé) et à la prescription d’antiseptiques (bain de bouches, dentifrices). Parfois, lorsque ces maladies sont avancées, il a recours à la chirurgie. Des substituts osseux, des greffes d’os ou de gencive, des gels issus de l’ingénierie tissulaire favorisent une repousse des tissus endommagés par la maladie. Ces visites permettent également de détecter les caries afin de les traiter à l’aide de matériaux esthétiques, le plus souvent collés à même la dent, dans la cavité créée par la carie (composites).

POURQUOI REMPLACER UNE DENT ?

Les conséquences d’une dent absente non remplacée sont rarement immédiates mais s’établissent avec le temps :

- Diminution de la fonction masticatrice d’un côté. Le patient mâche de l’autre côté et créé un déséquilibre des articulations de la mâchoire pouvant entraîner des troubles graves (douleur aigue, luxations).
- Bascule des dents de part et d’autre de la dent absente entraînant la rupture des contacts entre toutes les dents et favorisant les caries.
- Descente de la dent opposée sur l’autre mâchoire pouvant aller jusqu’à sa perte.
- Préjudice au niveau du sourire lorsque la dent est située dans une zone visible.
- Modification de la phonation, de la capacité à jouer d’un instrument à vent. Plus le nombre de dents absentes est important, plus les troubles s’aggravent avec un retentissement général (amaigrissement, problèmes gastriques) et social (esthétique).

COMMENT REMPLACER UNE DENT ?

A l’aide d’une prothèse dentaire. Trois techniques existent actuellement :

1) Le bridge[2]. Il s’agit d’établir un « pont » entre les dents de part et d’autre de la dent absente, en taillant celles-ci à l’aide d’une turbine rotative à haute vitesse et permettant l’insertion d’un ancrage. Une armature relie les deux dents (piliers) en remplaçant la dent absente (travée) par une dent artificielle. Cette armature est fixée à l’aide d’une colle ou d’un ciment. Une ou plusieurs dents peuvent être ainsi remplacées.

2) L’implant. Une vis en titane, contenant elle-même un pas de vis, est insérée chirurgicalement dans l’os à l’endroit où la dent est absente. Après quelques temps[3], une dent artificielle est vissée dans l’implant. Une ou plusieurs dents peuvent être ainsi remplacées.

3) La prothèse amovible. Il s’agit d’un appareillage en résine ou en métal qui supporte la dent artificielle et vient s’accrocher sur les dents de part et d’autre de la dent absente. En général, les prothèses amovibles remplacent plusieurs dents absentes.

Le tableau ci-dessous résume les avantages et les inconvénients de chaque technique :

Bridge Implant Prothèse amovible
Succès à 10 ans ~95% ~95% ? [4]
Recul Très élevé[5] 20 ans environ Très élevé
Maintenance Assez exigeante Très exigeante Moins exigeant
Coût Élevé Très élevé [6] Faible à peu élevé
Temps de réalisation Court Long [7] Trèscourt
Confort Élevé Élevé Acceptable [8]
Mutilation des dents [9] Oui Non Oui/Non

En conclusion, même si les techniques modernes permettent d’optimiser le remplacement des dents dans les conditions de confort inégalées jusqu’à aujourd’hui, la conservation d’une denture intacte est le garant d’un bon état de santé. Les chirurgiensdentistes possèdent le savoir nécessaire pour la conservation des dents, à condition bien entendu que des visites régulières soient effectuées par le patient.


[1] Espérance de vie en 2004 en France (données INSEE) : Hommes 77 ans, Femmes : 84 ans.
[2] Bridge en anglais signifie « pont »
[3] 2 à 6 mois environ, le temps nécessaire à l’intégration du titane dans l’os (ostéointégration)
[4] Sans doute très élevé mais il n’existe pas d’étude pour le démontrer
[5] Les bridges et les prothèses amovibles existent depuis l’antiquité
[6] En raison des remboursements quasi inexistants
[7] En raison du temps nécessaire de à l’ostéointégration
[8] Ce type de prothèse, contrairement au bridge et à l’implant, peut être retiré par le patient lui-même
[9] Il s’agit de la mutilation des dents de part et d’autre de la dent absente. La prothèse amovible ne mutile pas directement les dents car celle-ci ne sont pas taillées comme pour le bridge, mais ces dernières supportent des crochets alors qu’avec un implant, elles ne supportent aucune charge

 
 
 
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