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Implantologie



Greffe osseuse et implant dentaire
Version : 2007
Auteur : Alain Borghetti

Le remplacement des dents manquantes trouve maintenant des solutions efficaces et souvent esthétiques avec l’utilisation d’implants dentaires. Ils présentent l’avantage de ne pas mutiler les dents intactes contrairement aux bridges, et offrent plus de confort que les appareils par définition « amovibles ». C’est au Professeur Bränemark, chirurgien suédois, que l’on doit le succès de l’implant dentaire. Dans les années 1970/80, il développe les principes de cette technique qui ne cessera d’évoluer et de se répandre... Aujourd’hui, on parle même de greffe osseuse dans le cadre d’implants dentaires...

L’IMPLANT, UNE « FAUSSE RACINE »

Un implant est une vis en titane qui peut être assimilée, pour la compréhension, à la racine d’une dent. Sur cet implant est vissée une deuxième pièce qui reçoit elle-même une couronne en céramique. Il s’agit du schéma classique du remplacement d’une dent. Lorsque plusieurs dents sont manquantes, des bridges peuvent être supportés par des implants. Lorsque toutes les dents sont absentes, une prothèse fixée sur plusieurs implants se présente comme la meilleure des solutions. A défaut, la tenue d’une prothèse complète ou partielle amovible (« dentier ») peut être améliorée par des implants.

DE L’OS POUR ACCUEILLIR L’IMPLANT

Le principe de la tenue de l’implant dentaire réside dans « l’ostéointégration », c’est à dire la propriété du titane de se lier à l’os, à l’origine du succès des implants dentaires. L’ostéointégration permet de nombreuses applications et le titane est aujourd’hui également employé dans d’autres types de prothèses, comme celles de la hanche, par exemple.

Le recours aux implants dentaires dépend donc de la présence d’os de la mâchoire dans lequel puissent venir se visser le(s) implant(s) nécessaire(s). La perte d’une dent entraîne naturellement une certaine résorption de l’os permettant de la soutenir. De plus, l’infection (déchaussement, carie) ou le traumatisme, généralement à l’origine de la perte de la dent, peuvent aussi contribuer à une diminution osseuse supplémentaire. Un volume osseux insuffisant, pour des raisons fonctionnelles ou esthétiques, peut alors nécessiter une reconstruction de la partie de l’os de la mâchoire destinée à recevoir l’implant, c'est-à-dire une greffe osseuse.

LA GREFFE OSSEUSE : DEUX TYPES DE PRELEVEMENTS

Comme son nom l’indique, la greffe osseuse consiste à transplanter de l’os prélevé sur le patient lui-même. Il s’agit donc d’une autogreffe dont la taille varie selon le cas à traiter :
- la greffe de petit volume prélevée dans la bouche est réalisée sous anesthésie locale par un chirurgiendentiste,
- la greffe de grand volume prélevée hors de la bouche est réalisée sous anesthésie générale par un chirurgien maxillo-facial.

Le prélèvement intra buccal se fait de préférence au niveau de la mâchoire inférieure, dans la région des dents de sagesse. L’intervention s’apparente à l’extraction d’une dent de sagesse qui ne serait pas sortie, tant en ce qui concerne l’acte que les suites opératoires. Il existe également un autre site de prélèvement, mais de moins en moins employé : la région située sous les incisives inférieures, au niveau du menton.

Sorte de bloc de consistance dense, proche de la taille d’un sucre, le greffon osseux est fixé par des vis à l’os receveur. Un délai d’attente d’environ 4 mois est indispensable pour assurer la régénération de cette partie osseuse nécessaire à la pose de l’implant.

Une autre technique appelée « régénération osseuse guidée » consiste à employer une greffe d’os réduit à l’état de petites particules et associée à une membrane qui la recouvre. Enfin, l’os peut être éventuellement remplacé par un biomatériau, en particulier dans l’augmentation du volume osseux au dépend du sinus maxillaire dans la région des dents postérieures à la mâchoire supérieure.

Le prélèvement extra buccal peut se réaliser à différents endroits du squelette (hanche, tibia, côte), mais le site préférentiel est actuellement le crâne pour des raisons de qualité et de volume du prélèvement. Paradoxalement, cette intervention ne provoque que de faibles suites opératoires, elle ne présente qu’exceptionnellement des complications et les séquelles sont négligeables. Ce type de prélèvement permet d’obtenir une taille de greffon assez conséquente et donc des reconstructions plutôt volumineuses des mâchoires.

Certaines conditions sont bien sûr nécessaires pour que ce type de greffe puisse être utilisé, mais elles peuvent rendre possible l’utilisation d’implants multiples dans des cas de pertes osseuses importantes.

Comme dans le cas du prélèvement intra buccal, un délai d’attente est nécessaire pour que le greffon prenne, suivi d’un autre délai pour que le titane s’intègre à l’os comme pour tous les implants dentaires. Cette période intermédiaire est plus ou moins facile à accepter pour le patient, pour des raisons fonctionnelles et esthétiques (port intermittent d’une prothèse amovible).

En conclusion, on peut considérer qu’actuellement le remplacement d’une ou plusieurs dents manquantes doit être réalisé de préférence avec l’utilisation d’un ou plusieurs implants, sauf contre-indications ou impossibilité financière. Le développement des greffes osseuses et les bons résultats régulièrement obtenus par cette technique ont étendu les possibilités de traitement par les implants dentaires. Si les indications sont étendues, l’acte reste chirurgical, sous anesthésie locale ou générale et soumis aux règles et contre-indications habituelles de la chirurgie.

 
 
 
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