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Odontologie pédiatrique



Les petits : bien faire pousser leurs dents ! Ou prévenir les malpositions dentaires dès le plus jeune âge
Version : 2007
Auteur : Annie Berthet

Pour afficher un sourire avec des dents bien alignées à l’âge adulte, il est primordial de porter une attention particulière à l’ensemble de la bouche dès l’enfance en prenant soin de :
- conserver des dents de lait saines,
- corriger les défauts précocement : palais trop étroit, décalage des mâchoires...
- surveiller les mauvaises habitudes comme sucer son pouce...

L’INTERET DE SOIGNER LES DENTS DE LAIT

Vers l'âge de 3 ans, toutes les dents temporaires, plus souvent appelées dents de lait ont fait leur apparition. Les dents de « lait » permettent de maintenir la place pour les futures dents adultes. Pour préserver le sourire du petit enfant, il donc est essentiel de les conserver, c’est-à-dire les soigner lorsque nécessaire, même si ces dents, au final, tomberont.

Une lésion carieuse non traitée sur une dent de lait peut s’infecter et endommager la future dent adulte permanente située juste en dessous. La destruction plus ou moins importante de la couronne de la dent de lait par la carie réduit son volume initial et diminue la longueur de l'arcade.

De plus, la perte prématurée des dents de lait pour extraction en cas d’infection par exemple, ou pour traumatisme le plus souvent en cas de chute (vélo, patins à roulettes...) entraîne aussi un déséquilibre.

Les dents de lait restantes s'étalent alors en se versant plus ou moins dans les espaces laissés libres par les dents extraites ou perdues. Les dents adultes n'ont plus la place de pousser et restent alors bloquées à l'intérieur de la mâchoire ou évoluent en malposition (par exemple, dans le palais...). En quelque sorte, elles perdent leur « chemin » pour arriver en bonne position dans la bouche.

Le remplacement des dents de lait par les dents permanentes à partir de l'âge de 6 ans est souvent le point de départ ou l’aggravation de malpositions.

La taille des dents n'est pas toujours en correspondance avec le volume des mâchoires. Une ou plusieurs dents peuvent évoluer en position « inversée » par rapport aux autres, la mâchoire inférieure peut être déviée d'un côté en raison d'un palais trop étroit (occlusion croisée). Elle peut être positionnée trop en avant ou trop en arrière, cette tendance étant susceptible de s'accentuer avec la croissance. L'hérédité joue ici un rôle fondamental souvent à l'origine de ces décalages, à laquelle s'ajoutent tous les effets néfastes du dysfonctionnement de la langue (trop en avant, trop grosse...) et des mauvaises habitudes,
notamment avec le pouce...


Le saviez-vous ?-- Prévenir les malpositions signifie soigner les « dents de lait » et en cas de perte, maintenir l'espace par des petits appareillages provisoires, fixes ou amovibles.-- Introduire des aliments en morceaux et de plus en plus durs dès l'âge de 6 mois apprend à l'enfant à mastiquer. La fonction masticatoire participe au développement équilibré des mâchoires.

POUCE, RHUME ET NEZ BOUCHE : A SURVEILLER !

Arrêter de sucer son pouce : des astuces à l’appareil anti-pouce

La plupart du temps, la succion digitale déforme le palais et est à l'origine de malpositions dentaires. Les incisives supérieures se déplacent vers l'avant et créent souvent un espace avec les incisives inférieures. La langue se faufile ainsi dans la béance et adopte une mauvaise position. La déglutition et la phonation sont alors précocement perturbées.

Comment éliminer cette pratique chez le petit enfant sans le perturber ? Il est souvent préférable d'attendre qu'il ait acquis une maturité suffisante pour le convaincre d'arrêter, sans pour autant trop insister sur ce problème sous peine de renforcer le rituel. Mieux vaut l’aider à abandonner son pouce en évitant de le culpabiliser et en usant d’astuces : il peut dessiner sur le doigt concerné au feutre indélébile le visage d'un personnage favori qui l'obligera à ne pas mettre son doigt à la bouche !

Vers 4 ans, si le jeune enfant l’accepte, on peut lui proposer de porter un petit écran qu'il place lui-même devant ses incisives, la nuit ou même la journée à la maison, pour contraindre le doigt à s'éloigner de la bouche.

Raisonnablement, c'est vers 8 ans qu'une méthode plus coercitive mais radicale peut être envisagée. On place dans la bouche un appareil anti-pouce qui ne se retire pas (porté 24h/24h), c’est-à-dire une grille qui par sa présence juste derrière les incisives empêche l’introduction du doigt dans la bouche.

Veiller à dégager les voies respiratoires !

Des rhumes à répétition et le nez bouché sur de longues périodes, des amygdales et des végétations trop volumineuses chez le petit enfant, mais aussi des rhinites allergiques chez le plus grand peuvent avoir des répercussions sur le positionnement des dents.

L’enfant ouvre la bouche pour respirer car les voies aériennes supérieures sont obstruées ; l'enfant bave et ronfle la nuit parce que les lèvres sont entrouvertes pour prendre l'air ; il a soif ; son sommeil est fréquemment agité ; il est fatigué le matin et a souvent des cernes sous les yeux...Tous ces phénomènes s'expliquent par des échanges énergétiques perturbés, notamment une oxygénation moindre.

De plus, la bouche « toujours ouverte » interfère aussi sur la position et le volume des maxillaires : palais étroit, posture basse de la langue qui a tendance à positionner la mâchoire inférieure en avant.

Une consultation chez l'ORL et le chirurgien-dentiste et chez l'orthodontiste permet d’intercepter ces dysfonctions à l’origine de troubles de la dentition.

Le saviez-vous ?Une intervention précoce (ablation des amygdales et/ou des végétations suivie d'exercices pour apprendre à respirer par le nez) permet de rétablir une respiration normale « par le nez » et de corriger les malpositions naissantes ou installées et la dysfonction associée de la langue.

LES DEFAUTS A CORRIGER TRES TOT

Il convient de développer un palais trop étroit :
- pour permettre la mise en place de toutes les dents adultes = Intercepter les malpositions
- pour éviter ou corriger la déviation vers la droite ou vers la gauche de la mâchoire du bas qui ne peut pas « s’emboîter » = Intercepter la dissymétrie du visage

-- Le recouvrement excessif des incisives inférieures par les incisives supérieures : la mâchoire du bas est verrouillée. La correction précoce de la relation inter incisive la libère et elle peut exprimer son potentiel de croissance
= Interception du déficit vertical, d’un décalage des mâchoires et protection des articulations temporo-maxillaires.

-- Le recouvrement insuffisant des incisives inférieures par les incisives supérieures : présence d’un espace. La correction a pour but de créer un contact inter incisif.
= Interception de la succion digitale, de la dysfonction linguale, de la ventilation buccale, protection des articulations temporo-maxillaires.

-- Le décalage des mâchoires : la mâchoire du bas est en avant dès le plus jeune âge. Il s’agit de freiner d’un côté sa croissance mais de l’autre solliciter celle du maxillaire supérieur.
= Interception d’un décalage des mâchoires, des dysfonctions associées, protection des articulations temporo-maxillaires.

En revanche, si la mâchoire du bas est très en arrière, une action précoce permet de stimuler la croissance dans la bonne direction, ce qui n’est plus possible à un âge avancé.

-- Un articulé inversé entre une incisive supérieure et inférieure est à corriger dès l’âge de 7/8 ans
= Interception d’une ou plusieurs malpositions, suppression de la souffrance du parodonte (gencive).

UN TRAITEMENT PRECOCE POUR REDUIRE LE TEMPS DU TRAITEMENT

Une visite chez le chirurgien-dentiste ou chez l'orthodontiste vers 3 ans et demi, quand toutes les dents de lait sont en place, puis vers 6 ou 7 ans quand les premières dents permanentes apparaissent, est primordiale pour dépister les éventuelles anomalies et choisir le moment le plus favorable pour agir.

Dans certains cas, un traitement précoce peut être recommandé. Il s'avère parfois suffisant pour rééquilibrer la denture et permet d’éviter toute autre intervention vers 12-13 ans sur les dents permanentes. Dans d’autres cas, cette première étape facilite la suite de la thérapeutique orthodontique -souvent complexe à un âge plus avancé- et réduit le temps du traitement.

 
 
 
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