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Odontologie pédiatrique



Enfants, adolescents et santé bucco-dentaire : recommandations de bonnes pratiques en odontologie pédiatrique
Version : 2007
Auteur : Michelle Muller-Bola

Les recommandations de bonnes pratiques en odontologie pédiatrique sont des règles ou « lignes de conduite » proposées aux chirurgiens-dentistes dans le cadre des soins dentaires des enfants et des adolescents, édictées en référence à des articles et études scientifiques.

Ces recommandations ont été établies par la Haute Autorité de Santé (www.has-sante.fr).

LA MALADIE CARIEUSE ET SES COMPLICATIONS

Dans le domaine de la maladie carieuse chez les enfants et les adolescents, ces recommandations peuvent concerner :
- les actes de prévention = avant le développement de la maladie
- les actes d’interception = reminéralisation des caries de l’émail également appelées caries débutantes
- les actes de restauration = remplacement du tissu carié par un matériau adapté. Dans ce cas, il y a eu carie de la dentine qui peut atteindre la pulpe. Cela implique la réalisation de traitements pulpaires (ou endodontiques) avant la mise en place de la restauration.

Quel que soit l’acte clinique envisagé, il sera toujours adapté en fonction du risque de carie individuel, c’est-à-dire du risque pour un individu donné de développer des caries.

Pour évaluer ce risque, le chirurgien-dentiste tient compte de la présence de carie(s) ou de plaque bactérienne visible à l’oeil nu au moment de l’examen buccal. Il doit par ailleurs rechercher à l’aide de questions ciblées, les mauvaises habitudes alimentaires (grignotages quotidiens de boissons, aliments sucrés ou bonbons ou les mauvaises habitudes d’hygiène bucco-dentaire (absence de brossage quotidien avec un dentifrice fluoré). Le praticien s’informe également sur la prise au long cours, à l’occasion d’une maladie chronique, de médicaments sucrés ou de médicaments diminuant la quantité de salive normalement présente en bouche.

LE RISQUE DE CARIE FAIBLE

En l’absence de ces éléments, le sujet est à risque de carie faible. Néanmoins, des recommandations de prévention sont à généraliser chez tous les enfants, les adolescents et leurs parents.

-- La prescription d’un dentifrice fluoré
Le dosage en fluorures et la quantité de dentifrice à déposer sur la brosse à dents sont adaptés à l’âge du patient et à son risque carieux. Son utilisation au minimum deux fois par jour doit être de règle pour maintenir une concentration en ions fluor suffisante dans la salive afin d’assurer la reminéralisation (« cicatrisation ») d’éventuelles lésions carieuses débutantes.

--La méthode de brossage et le type de brosse à dents
Ils doivent être adaptés en fonction de l’âge. En général, un enfant parvient à se brosser les dents efficacement vers 6 ans, au niveau du CP. A cet âge, apparaissent les premières molaires permanentes ; dents très fragiles pendant les premiers mois qui suivent leur éruption. Les parents ont donc un rôle primordial à jouer : prendre en charge le brossage jusqu’à 7/8 ans, puis assister, contrôler, aider et… répéter son importance.

-- L’application d’un vernis fluoré
Dans les mois suivant l’éruption des dents (période de fragilité), l’action du dentifrice fluoré pourra éventuellement être complétée par l’application d’un vernis fluoré 2 fois par an par le chirurgien-dentiste pour renforcer l’émail des dents permanentes. Ainsi, la minéralisation incomplète des dents, qui viennent de faire leur éruption, pourra être accélérée par une utilisation locale et plus fréquente de produits fluorés.

Un enfant ou un adolescent à risque de carie faible doit être réexaminé tous les ans.

LE RISQUE DE CARIE ELEVE

En présence d’au moins un des éléments utiles à la définition du risque de carie, le sujet est à risque de carie élevé. Il en est de même s’il appartient à une famille présentant des problèmes carieux.

Les enfants ou les adolescents à risque de carie élevé doivent être examinés plus régulièrement par leur chirurgien-dentiste, soit au moins 2 fois par an pour permettre l’interception d’une éventuelle lésion carieuse débutante. Les conseils de prévention sont alors renforcés et les fautes alimentaires ou inhérentes aux habitudes d’hygiène buccodentaire corrigées.

--L’application locale de fluorures
Chez les patients à risque carieux élevé, le chirurgien-dentiste privilégiera en plus du dentifrice fluoré l’application locale de fluorures sur les dents, sous la forme la mieux adaptée à l’âge et aux habitudes familiales : prescriptions de gels ou de bains de bouche, ou applications de vernis...

-- Un bilan fluoré
Chez le jeune enfant à risque de carie élevé, du fluor sous forme de gouttes ou de comprimés absorbés par voie orale peut être envisagé après réalisation d’un bilan fluoré (identification des apports fluorés quotidiens). Ce bilan vise à éviter la surconsommation de fluor responsable d’une fluorose des dents permanentes (tâches blanches sur les dents).

-- Le scellement de sillons
Chez les enfants de plus de 6 ans, un scellement de sillons doit être réalisé sur les molaires permanentes. Il s’agit d’une petite couche de résine qui est collée sur la face occlusale des dents (face sur laquelle les enfants mastiquent les aliments) pour prévenir le développement de caries plus fréquentes à ce niveau. En effet, la brosse à dents ne permet pas toujours de nettoyer cette surface dentaire irrégulière du fait de la présence des sillons.

--Les traitements pulpaires
Les traitements pulpaires, lorsque la carie est très évoluée, sont différents de ceux pratiqués chez l’adulte car seuls les deux tiers des racines sont formés au moment de la sortie des dents permanentes dites « immatures ». La partie apicale des racines, c'est-à-dire l’extrémité des racines, se minéralise au cours des 3 à 4 années suivantes. Ainsi, les traitements endodontiques et les matériaux d’obturation utilisés sont spécifiques afin d’autoriser la formation complète de la dent permanente pour la rendre « mature ».

Lorsque la carie dentinaire très évoluée concerne une dent temporaire, les approches thérapeutiques pulpaires sont encore différentes, en raison des particularités anatomiques et physiologiques de cette dent. C’est une dent dont la (les) racines se construisent après sa sortie, pour ensuite se résorber progressivement afin de permettre à la dent permanente de la remplacer.

Les solutions thérapeutiques dépendent donc de l’état pulpaire, du stade de développement de la dent ainsi que de sa valeur dans le développement et la croissance de l’enfant. Si l’infection ne peut être maîtrisée, le tissu de soutien réhabilité et la dent restaurée, l’extraction doit être envisagée.


Quelques conseils......Pour limiter le risque de carie individuel faible--- Effectuer un brossage bi-quotidien efficace avec du dentifrice fluoré : la plaque bactérienne ne doit plus être visible en bouche à la fin du brossage.Se renseigner auprès du chirurgien-dentiste pour connaître le dosage en fluorures adapté à l'âge et au risque de carie individuel de l'enfant. Les dentifrices aux fluorures doivent contenir moins de 600 ppm chez les enfants de moins de 6 ans ; les concentrations sont toujours indiquées sur les tubes.--- Eviter tout grignotage entre les 3 repas et le goûter : bonbons, aliments sucrés et surtout boissons autres que l'eau (les boissons sans sucre restent très acides !)--- Consulter régulièrement un chirurgien-dentiste pour éviter la présence de caries ou la (les) traiter si nécessaire. La fréquence des visites de contrôle est indiquée par le chirurgien-dentiste en fonction du risque carieux individuel....En cas de risque de carie individuel élevéIl existe :--- des actes de prévention : brossage préventif ou prophylactique, scellements de sillons des molaires permanentes, application professionnelle de produits fluorés,--- des recommandations adaptées aux mauvaises habitudes,--- des prescriptions à réaliser au cas par cas par le chirurgien-dentiste.

LES MALOCCLUSIONS ET LES DYSFONCTIONS A INTERCEPTER

Une malocclusion est un rapport irrégulier de la fermeture des dents. Si de nombreux enfants et adolescents portent des appareils orthodontiques, c’est parce que certains problèmes ne peuvent être évités. Chez un enfant qui hérite, par exemple, de grosses dents du côté paternel et de petites mâchoires du côté maternel, un traitement orthodontique s’impose.

Cependant, le chirurgien-dentiste peut intervenir à différents moments de la croissance par de simples conseils, la prescription de rééducation, ou le port d’appareillages pour intercepter. Intercepter, c’est éviter l’apparition voire l’aggravation des malocclusions et celle des dysfonctions, c'est-à-dire des fonctions anormales.

En premier lieu, le chirurgien-dentiste procède à un examen attentif du visage, de la denture, de l’occlusion (relations interdentaires) et des fonctions orofaciales du patient. Cet examen clinique est complété par l’examen d’une radiographie panoramique des deux maxillaires permettant d’observer les dents présentes en bouche et les germes des dents permanentes non encore évoluées.

Le chirurgien-dentiste doit être attentif aux différentes fonctions orofaciales :
- la respiration (ou ventilation),
- la succion/déglutition,
- la mastication.

Bien respirer par le nez, être nourri au sein ou au biberon avec une tétine physiologique, apprendre à boire au gobelet dès la mise en place des incisives, bien mastiquer des aliments de consistance ferme dès la mise en place des molaires temporaires, sont des étapes essentielles. Elles permettent d’aboutir à un bon équilibre occlusal et neuro-musculaire (muscles des joues et de la langue) dans les 3 sens de l’espace, qui est garant d’un alignement dentaire harmonieux.

DES MALOCCLUSIONS DIFFERENTES SELON LE SENS DE L’ESPACE

Dans le sens vertical, en cas d’interposition prolongée d’un doigt, d’une lèvre, de la langue ou d’un objet (parafonction), on parle d’infraclusion, c’est-à-dire qu’il existe une béance, un espace entre les incisives supérieures et inférieures. A cela s’ajoute une anomalie de la position de la langue. Il est donc important de supprimer cette habitude en fonction de la maturation psychoaffective de l’enfant : avant 6 ans en période de « denture temporaire » lorsque les dents permanentes ne sont pas encore sorties, ou en période de « denture mixte stable » quand les incisives et les premières molaires permanentes sont déjà sorties.

La supraclusion est le contraire de l’infraclusion. Dans ce cas, les incisives supérieures recouvrent trop les incisives inférieures.

D’autres anomalies de la morphologie ou malocclusions peuvent également être interceptées dans le sens transversal. Avant 6 ans, il faut faire attention à une inversion d’articulation des dents sur un côté (inversion d’occlusion unilatérale).

D’une façon générale, l’action précoce normalise des situations qui s’aggraveraient avec le temps si rien n’était fait. Il faut être conscient de toute l’importance des attitudes préventives et thérapeutiques mises en place chez l’enfant et l’adolescent du fait de leurs conséquences à court, moyen et long terme.


Malocclusions et dysfonctions : quelles fréquences de consultation ?- Il est important de s'inquiéter de l'occlusion (articulation des dents entre elles) de son enfant auprès du chirurgien-dentiste à partir de 4/5 ans.Cependant, la 1ère consultation au cabinet dentaire doit intervenir à l'âge de 6 mois pour des conseils deprévention et une 2e, 6 à 12 mois plus tard pour l'examen des dents. La fréquence des visites de contrôle ultérieures dépend du risque de carie individuel de l'enfant et du stade de développement dentaire.- Un enfant doit être vu au moins une fois par an par son chirurgien-dentiste et davantage s'il est à risque de carie élevé afin de surveiller la mise en place de son occlusion. En identifiant de mauvaises habitudes, en particulier de succion, le chirurgien-dentiste permet d'intercepter une malocclusion.
 
 
 
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