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Pathologie/Chirurgie



Dents de sagesse : faut-il les extraire ?
Version : 2006
Auteur : Pierre JacquemartDr Pierre JACQUEMART

Un tiers des dents de sagesse sont retirées sans raison scientifique prouvée. Or, préserver le capital dentaire est essentiel pour, par exemple, favoriser plus tard la stabilité d’un appareil dentaire. Ou encore, lorsque des molaires carieuses sont enlevées, les dents de sagesse peuvent compenser le manque de dents et permettre au patient de continuer à bien mâcher, mastiquer, couper… Aujourd’hui, l’extraction préventive n’est plus systématique. Les chirurgiens-dentistes adoptent une approche où la décision clinique se fonde sur des études scientifiques.

Les dents de sagesse sont fréquemment sources de problèmes chez l’adolescent et l’adulte. Formées vers l’âge de 18 ans, elles peuvent sortir à cet âge, plus tard ou jamais. Une dent de sagesse pousse souvent mal et peut entraîner alors une inflammation de la gencive entourant la dent, appelée péricoronarite. Peuvent alors apparaître des douleurs, des chevauchements de dents, des névralgies, ou encore des troubles de l’articulation dentaire...

Si jusqu’à aujourd’hui certains patients espéraient passer à côté de ces complications, d’autres bénéficiaient de l’avis du chirurgien-dentiste sur l’intérêt d’une extraction préventive puisque les dents de sagesse étaient considérées comme inutiles.

De moins en moins d’extractions préventives...
Désormais, l’intervention chirurgicale n’est plus systématique. Le chirurgien-dentiste a conscience de l’intérêt de conserver les dents de sagesse dans de nombreux cas. Le capital dentaire doit être préservé. Ces dents deviennent vraiment utiles quand d’autres commencent à manquer et elles assurent alors une meilleure fonctionnalité (mâcher, mastiquer, couper...). Elles servent aussi à caler la mâchoire inférieure...

...au profit d’une extraction raisonnée scientifiquement
La décision clinique se fonde désormais de plus en plus sur des études scientifiques. Grâce à ces études randomisées en double aveugle, les meilleures conduites pratiques à adopter peuvent être établies. Pour orienter la décision clinique, l’imagerie médicale et les avancées en radiologie sont d’une grande aide. Les études scientifiques actuellement disponibles précisent dans un grand nombre de cas les non-indications (accident infectieux isolé, aucun phénomène infectieux observé radiologiquement, absence de premières molaires...) mais aussi de mieux codifier les indications d’extractions.

Parallèlement, dans le cadre d’une politique de santé publique, des documents visant à faciliter la décision clinique sont réalisés sous l’égide d’organismes et de sociétés scientifiques. Ils réalisent la synthèse des meilleures connaissances scientifiques actuelles pour aboutir à des « recommandations de santé publique ».
Cette nouvelle approche améliore le bénéfice pour le patient d’autant qu’une intervention chirurgicale n’est jamais exempte de tout risque.

 
 
 
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