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Médecine buccale



Le chirurgien-dentiste, acteur de la lutte contre le cancer
Version : 2006
Auteur : Ahmed Feki

La France est au 1er rang européen et au 3ème rang mondial avec 6 300 nouveaux cas de cancers de la bouche par an dépistés à l’examen bucco-dentaire chez l’homme et 1 500 chez la femme. Parce qu’elles ont peut-être fumé ou consommé des alcools forts trop longtemps, les personnes de 50 à 70 ans sont davantage concernées. Et les cancers de la langue et du plancher buccal sont les cancers buccaux les plus rencontrés. Du diagnostic à la prise en charge thérapeutique, le chirurgien-dentiste intervient comme l’un des acteurs de la lutte contre le cancer.

Le Nord de la France est la région la plus à risque de cancers buccaux
Les cancers de la langue et du plancher buccal sont les cancers buccaux les plus rencontrés.
Les cancers du palais, des lèvres, de la gencive, des joues ou encore des glandes salivaires sont plus ou moins importants selon la nature et l’importance des facteurs de risque. Les départements du Nord de la France présentent les risques les plus élevés (Somme, Calvados, Bas-Rhin et Manche), probablement en raison de la nature et de l’importance de la consommation d’alcool.

Les cancers buccaux sont à l’origine de 3% des décès chez l’homme et 1% chez la femme (9 000 décès par an). Les patients atteints de cancer buccaux ont un taux de survie plutôt faible et corrélé à l’âge : 30% de survie à 5 ans et 5 à 10% de survie à 10 ans. En dépit des progrès enregistrés dans le domaine de la thérapeutique anticancéreuse, le traitement des cancers buccaux reste souvent mutilant, avec d’évidentes répercussions fonctionnelles et psychologiques pour le patient, et d’importants préjudices socio-économiques pour la collectivité. Le taux de survie à 5 ans demeure relativement stagnant depuis 30 ans.

Le diagnostic précoce est garant d’une augmentation sensible du taux de survie
Pour maîtriser l’évolution des tumeurs et augmenter le taux de survie, les lésions potentiellement suspectes, précurseurs du cancer, doivent être dépistées au plus tôt. Ce diagnostic précoce réduit de façon appréciable les séquelles anatomiques et fonctionnelles et améliore la qualité de vie des patients. Le chirurgien-dentiste joue un rôle décisif. En effet, 40 000 praticiens croisent en moyenne un demi million de patients par jour en consultation. L’examen de leur bouche est l’opportunité de détecter ce type de lésions.

Le chirurgien-dentiste identifie des lésions suspectes...
Quand ces précurseurs sont identifiés chez un patient qui possède des facteurs de risque avérés, une biopsie est envisagée. Elle peut être réalisée par le chirurgien-dentiste sauf si la nature de la lésion est maligne. Le patient est dans ce cas orienté vers un centre spécialisé où il est pris en charge par une équipe multidisciplinaire.

...puis intervient à tous les stades de la prise en charge thérapeutique :
Le chirurgien-dentiste effectue un bilan préopératoire puis réhabilite la cavité buccale quel que soit le traitement anticancéreux envisagé (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie). Ces traitements peuvent provoquer des complications que le chirurgien-dentiste doit prévenir ou minimiser : la chirurgie est souvent délabrante, la perte totale des dents doit être évitée ; L’altération de la sécrétion salivaire par la radiothérapie cervico-faciale est à l’origine de caries multiples, d’infections et de nécrose osseuse ; La chimiothérapie a des effets délétères sur la moelle osseuse induisant des risques hémorragiques et infectieux importants qui ont des effets sur la santé bucco-dentaire. Le chirurgien-dentiste assure le suivi et la surveillance du malade, pour contrôler l’observance des prescriptions, la continuité des mesures d’hygiène et la survenue éventuelle de récidives.

Par son rôle primordial dans la détection précoce des cancers buccaux et leurs précurseurs, par son implication indispensable dans les différentes phases thérapeutiques, le chirurgien-dentiste occupe ainsi une place indéniable au sein de l’équipe multidisciplinaire.

Dans le cadre de son Programme « Prévention des cancers des voies aérodigestives supérieures : lutte contre les cancers buccaux », l'Institut national du cancer (INCa), avec la participation de sociétés scientifiques et d’organismes professionnels, a mis en place 3 groupes de travail pour définir des interventions en matière de prévention de cette pathologie :

1. Formation des chirurgiens dentistes en oncologie et en prévention primaire
2. Sensibilisation des chirurgiens dentistes à la prévention primaire
3. Accès aux populations à haut risque

Cette initiative utile et prometteuse, rentre dans le cadre global du « plan cancer » Elle illustre l’importance qu’il faut accorder à ce fléau qui constitue un véritable problème de santé publique.


Les facteurs de risque :

Le cancer traduit une perte d’équilibre entre la vie (division cellulaire) et la mort (apoptose) des cellules. Cet équilibre est normalement géré par des mécanismes de contrôle et de régulation qui s’opèrent au niveau du noyau cellulaire. Sous l’influence de facteurs dits cancérigènes, comme le tabac et l’alcool, des modifications génétiques (mutations) de certaines composantes du noyau peuvent survenir. L’équilibre entre division cellulaire normale et apoptose n’est alors plus assuré. Ce qui se traduit par une prolifération anarchique de cellules anormales qui échappent ainsi aux mécanismes habituels de contrôle et de régulation. Dans ce sens on peut qualifier le cancer de maladie génétique.

D’autres facteurs que le tabac et l’alcool sont également susceptibles d’induire les mêmes effets. Il peut s’agir du rayonnement solaire ou de certaines affections virales. Les facteurs environnementaux et nutritionnels joueraient aussi un rôle qui n’est pas bien défini pour le moment. Le rôle de l’inflammation chronique, reflet de la mauvaise hygiène bucco-dentaire, n’est pas bien établi. D’autant plus que cette inflammation chronique est très souvent associée à un contexte d’intoxication alcoolo-tabagique, de négligence et de conditions socioéconomiques précaires.

 
 
 
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