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Dentisterie Restauratrice



Approche biologique et médicale de la carie
Version : 2000
Auteur : Y. Haïkel, M. Hennequin, S. Doméjean-Orliaguet,

EVALUATION MEDICALE ET BIOLOGIQUE DU RISQUE CARIEUX


La prévalence de la carie dentaire a diminué dans les pays industrialisés.
Le fluor contenu dans les dentifrices paraît, selon les experts, en être le facteur déterminant. Cette prévalence carieuse relativement faible masque les susceptibilités individuelles, le patient à risque, les sites et les dents à risque et les périodes à risque (âge, grossesse, ménopause, ... ).

Bien que la carie soit considérée comme un processus multifactoriel, il apparaît que cette affection soit due à l'activité métabolique des bactéries dites cariogènes qui colonisent les surfaces dentaires et produisent des acides organiques susceptibles de détruire les cristaux d'apatite de la dent. Pour diagnostiquer un patient à risque il faut donc évaluer le facteur étiologique présent simultanément dans la plaque (Indice du Taux de Renouvellement de la Plaque) et déterminer le taux de streptocoques présents dans la salive.

Les techniques de prévention chez le patient à risque :

Les stratégies actuelles consistent à élaborer des traitements étiopathogéniques qui visent à :
- réduire le facteur étiologique par la pose de vernis à la chlorhexidine
- à renforcer la résistance de la surface de la dent aux attaques acides
- à fournir un réservoir de fluor à libération lente grâce aux vernis fluorés favorisant la passivation ou la réversion des lésions infra-cliniques de l'émail ou du cément
- à sceller les puits et sillons (en fonction du risque carieux, de l'âge, de la morphologie des sillons),
- à stimuler la sécrétion salivaire (chewing-gum).
Ces techniques préventives s'inscrivent dans une approche de prise en charge individuelle au cabinet dentaire avec un suivi et des réévaluations périodiques en fonction du risque carieux.

Cette prévention individuelle devrait être le prolongement de la prévention collective et non le relais d'une politique de prévention collective.

Source: Youssef Haïkel

LES MOYENS ET PROTOCOLES DE PREVENTION DE LA CARIE AU CABINET DENTAIRE


Le contrôle de l'évolution du processus carieux dépend d'une part de la capacité à diminuer les concentrations en ions hydrogènes en limitant la population bactérienne acido-génique, et d'autre part des possibilités d'augmenter les concentrations locales de fluor. Si ces deux facteurs sont favorables, les lésions carieuses peuvent être évitées, inhibées ou reminéralisées, selon leur stade d'évolution.

Toutes les thérapeutiques préventives visent à contrôler ces facteurs et leur efficacité dépendra avant tout de la précocité de l'intervention, les thérapeutiques les moins invasives concernant les lésions les plus précoces.

L'arsenal thérapeutique en dentisterie préventive comporte différentes techniques spécifiquement adaptées au risque propre de chaque patient et à son bilan carieux.

La fluoration topique par gel vise à reminéraliser les lésions infracliniques et les lésions de l'émail de site 2 (faces lisses) sur l'ensemble de la denture alors que la fluoration topique par vernis est réservée à des utilisations locales sur une ou un groupe de dents.
Les scellements occlusaux (sealant) sont développés pour prévenir le risque carieux au niveau des sites 1 (puits et sillons), ils sont indiqués à des fins préventives, sur des sillons supposés sains et, à des fins thérapeutiques sur des sillons infectés présentant des lésions cavitaires ouvertes ou fermées.
Le polissage constitue le traitement préventif des lésions de site 3 (lésions cervicales et radiculaires).
Enfin, le traitement restaurateur atraumatique est également une réponse préventive pour les lésions cavitaires évoluées et il s'avère particulièrement adapté pour des groupes humains à risque n'ayant pas accès à l'instrumentation rotative.

Source: M. Hennequin, S. Doméjean-Orliaguet


RESTAURATION OU REVERSION DE LA LESION CARIEUSE


Reverser ou restaurer une lésion carieuse implique une action thérapeutique sur le cercle infectieux aboutissant à la lésion carieuse. L'évolution de la lésion carieuse est définie par 5 niveaux, de 0 à 4.

La notion de réversion ou retour ad integrum ne concerne que le stade 0. Les autres niveaux impliquent un mécanisme de cicatrisation.

- Au stade 0, la réversion de la lésion initiale a pour objectif le maintien de l'équilibre minéral de surface et la diminution de l'adhérence bactérienne. Les traitements consistent en la mise en place de vernis actifs sur les sites initiaux et les sites à risque et à l'information du patient sur les thérapeutiques préventives et leurs applications.

- Au stade 1, les objectifs seront la passivation forcée ou scellement aseptique d'une lésion débutante. Les thérapeutiques devront être a minima (sonique, chimique, air abrasion) sous champ opératoire et sous antiseptique et les matériaux de restaurations seront déterminés en fonction des sites, du risque carieux et des contraintes mécaniques : matériaux bio-actifs ou classiques.

- Pour les stades 2, 3 et 4, les objectifs seront, non seulement de protéger le complexe dentino-pulpaire, mais de rétablir la fonction et si possible l'esthétique. Cela fait appel à des notions de substituts dentinaires, de passivation carieuse de l'interface dentine infectée - affecté et éventuellement à la mise en place de composites alternatifs.

Le choix des techniques est important (composite, cône lumineux, Soft techniques... ). Les perspectives sont l'utilisation de matériaux intelligents, de matrice organique associant des antiseptiques et, éventuellement, des facteurs de croissance.

Source: Tassery H, Miller C.

 
 
 
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