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Odontologie pédiatrique



A 6 et 12 ans naissent les molaires à risque carieux
Version : 2006
Auteur : Catherine Miller

Grignotages, consommation de boissons sucrées, brossage aléatoire… Les comportements alimentaires des enfants de 6 et 12 ans augmentent le risque carieux des molaires permanentes en formation, dont l’émail est immature et poreux. En supplément des conseils nutritionnels et d’hygiène bucco-dentaire pour éviter le développement de lésions carieuses, d’autres mesures de prévention peuvent être établies comme le scellement des sillons. Aujourd’hui, 4 adolescents sur 5 présentent des lésions carieuses.

6 et 12 ans correspondent à des paliers dans le développement psychomoteur de l’enfant et dans son mode de vie, mais aussi dans l’évolution de sa dentition. Le risque carieux chez ces enfants doit être particulièrement surveillé.

6 ans, l’âge des « grands » et des premières molaires

Des molaires fragiles sujettes aux lésions carieuses

Vers l’âge de 6 ans, parallèlement à la chute et au remplacement des incisives temporaires, les premières molaires permanentes font éruption en arrière de l’arcade dentaire. Au moment de leur formation, l’émail est immature et présente une grande porosité. Les protéines de l’émail disparaissent peu à peu au profit d’une augmentation de la charge minérale, garantie de la solidité de la dent. Plus la dent vieillit, plus le risque carieux diminue.

Du fait de leur lente évolution (14 à 18 mois), les premières molaires permanentes ne sont pas soumises à un auto-nettoyage lors de la mastication, ce qui favorise le développement de la plaque bactérienne. Ces premières molaires sont les plus exposées à la pathologie carieuse et leur délabrement précoce reste encore trop fréquent.

Les lésions carieuses, précurseurs de caries, se manifestent par l’apparition de sillons étroits qui progressent en profondeur de la dent. Les sillons, échappant à la fois au brossage et aux propriétés anti-carieuses de la salive, sont des refuges idéaux pour les bactéries et les débris alimentaires.

À cet âge, s’ajoute un comportement à risque sur le plan de l’alimentation. En entrant à l’école primaire, l’enfant acquiert plus d’autonomie et les grignotages et la consommation de boissons sucrées et acides augmentent. Bien qu’il sache suffisamment coordonner ses gestes pour se brosser les dents tout seul, le brossage est souvent aléatoire, en l’absence de surveillance des parents.

Par ailleurs, une pathologie ou la prise de médicaments dans les mois suivant la naissance, alors que ces molaires commencent leur minéralisation, peut être à l’origine de défauts de l’émail parfois très importants qui entraînent une susceptibilité accrue à la carie.

Les conseils alimentaires à donner aux enfants

Pour ne pas passer à côté de l’évolution de ces premières molaires et afin de mettre en place les mesures de prophylaxie qui s’imposent à cet âge, l’enfant doit consulter le chirurgien-dentiste deux fois par an.

Le praticien se doit de rappeler les mesures élémentaires concernant l’alimentation :
--- Les rythmes alimentaires doivent être respectés. Les enfants ne doivent pas manger en dehors des quatre repas traditionnels. Même si l'enfant a peu mangé au cours d'un repas, il est important de ne pas céder à sa demande éventuelle de grignotage et lui demander d'attendre le repas suivant s’il réclame.
--- L'équilibre nutritionnel doit être assuré. Les glucides complexes et les fibres seront privilégiés aux dépens des lipides et des glucides simples. L'appétence innée des enfants pour les aliments riches en graisses et en sucres justifie une éducation prolongée pour être efficace. Les boissons sucrées doivent être réservées au petit-déjeuner ou au goûter, l’eau doit être la seule boisson au déjeuner ou au dîner.
--- Le goût doit être éduqué. Les enfants ont habituellement une appétence moindre pour les aliments à faible densité énergétique (légumes, certains fruits). Pour leur apprendre à les apprécier, il faut savoir leur présenter souvent ces aliments, sans les forcer à en manger, pour éduquer leur goût et éviter les aversions.
--- Aucun aliment ni aucune boisson ne doivent être interdit. L’objectif étant, au contraire, que l’enfant sache se maîtriser, il doit apprendre à ingérer ces produits en quantité modérée et à ne jamais les consommer en dehors des repas.

Utiliser un dentifrice fluoré
Quant au brossage, il est recommandé, à partir de l’évolution des premières dents permanentes, d’utiliser un dentifrice fluoré dosé entre 1000 et 1500 ppm. L’enfant est désormais capable de cracher, le risque d’ingestion d’une dose excessive de fluor n’existe plus. Le fluor va ralentir le processus de déminéralisation et favoriser la reminéralisation de l'émail.

Si le risque carieux de l’enfant est évalué comme élevé, le praticien associera d’autres formes de fluor topiques, par exemple, une application de vernis sur les molaires en formation.

Également en vue de prévenir le développement de lésions carieuses, le scellement des sillons est recommandé. En introduisant un matériau dans des sillons de dents indemnes de caries, une barrière de protection est formée, qui permet d’isoler les bactéries cariogènes de leur source de nutriments. L’indication de scellement des sillons doit être posée à la fois en fonction du risque carieux du patient et de la morphologie des sillons.

12 ans : l’adolescence et les caries

À 12 ans se mettent en place les deuxièmes molaires permanentes et les éléments de risque avancés pour les premières se retrouvent. Il est de la même manière recommandé de réaliser un scellement prophylactique de leurs puits et fissures.

Eviter les grignotages fréquents et adopter une alimentation équilibrée
4 adolescents français sur 5 présentent des lésions carieuses. L’adolescence est une période tumultueuse souvent caractérisée par des phases d’opposition avec les parents et plus généralement les adultes. L’hygiène est parfois négligée, l’alimentation peu équilibrée et les grignotages fréquents. A cette période, une modification du risque carieux peut s’observer, du fait des changements de comportement.

Le praticien doit renforcer les conseils alimentaires en s’entretenant directement avec l’adolescent. Ils peuvent par exemple identifier ensemble les moments, les lieux et l'environnement où le grignotage a lieu (retour de l’école, week-end, solitude, etc.), et lui proposer une activité de substitution.

La diabolisation de certains aliments, comme les sodas ou les confiseries, est une pratique erronée, le plus souvent totalement inefficace et qui peut induire des phénomènes de désinhibition au cours desquels l’enfant se met à consommer de manière compulsive et excessive ces produits tabous. Deux règles doivent cependant être strictement respectées : les consommer en quantités limitées et jamais entre les repas. Il n’est pas question de bannir la fréquentation des fast-foods, mais au contraire autoriser l’enfant à y aller en adoptant une fréquence de visites raisonnable, par exemple une fois par semaine.

Le traitement orthodontique peut contribuer à l’augmentation du risque carieux
A 12 ans, de nombreux adolescents ont recours à un traitement orthodontique. Ce dernier contribue également à l’augmentation du risque carieux, les appareillages orthodontiques constituant un facteur supplémentaire de rétention de la plaque. Tout traitement d’orthodontie devrait donc être précédé d’une recherche systématique des lésions carieuses et d’un scellement des sillons. Le patient doit être vu en consultation une à deux fois par semestre selon l’importance du risque carieux. Un programme de fluoration topique peut être indiqué lors de la phase du traitement orthodontique et après ce dernier.

En conclusion, 6 et 12 ans apparaissent comme des âges-clefs dans la prise en charge bucco-dentaire de l’enfant. Il est indispensable que des mesures de prévention adaptées au risque individuel de l’enfant soient mises en place à ces périodes, afin de garantir une santé orale optimale à ces jeunes patients.

 
 
 
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