Photo-portrait de Gwenola Drogou, présidente de l’Association française d’Identification odontologique (AFIO) Photo-portrait de Gwenola Drogou, présidente de l’Association française d’Identification odontologique (AFIO)

À la rencontre de... Gwénola Drogou, présidente de l'AFIO

Publié le 4 février 2022.

Portraits de femmes engagées. L’ADF a choisi de mettre en avant les femmes qui s’engagent au quotidien au sein de notre profession. Découvrons leurs parcours, leur histoire, leurs projets. 

Gwénola Drogou, présidente de l’Association française d’Identification odontologique (AFIO) depuis 3 ans, nous présente cet aspect méconnu de l'odontologie.

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de l’AFIO ?

Je suis la présidente de l’AFIO depuis trois ans, après en en avoir été sa secrétaire générale. J’ai un exercice libéral dans un cabinet dentaire à Ploemeur dans le Morbihan. Je suis réserviste du service de santé des armées auprès d’un Centre Médical des Armées et auprès de l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN). Comme une vingtaine d’autres dentistes, je fais partie du groupe spécialistes et réservistes de la gendarmerie. Je suis également expert judiciaire, chargée d’enseignement à la faculté d’odontologie de Nantes et je fais partie de l’UIO Unité d’identification d’Odontologie du Conseil de l’Ordre dont je suis coordonnateur opérationnel.

L’AFIO existe maintenant depuis 32 ans. Elle a pour but de promouvoir l’identification odontologique c’est-à-dire l’identification des cadavres non identifiés. L'identification odontologique fait partie avec l’analyse des empreintes digitales et l’analyse de l’ADN des trois méthodes qui permettent de prononcer une identification formelle d’une victime selon le protocole Interpol. Quelques enquêteurs utilisent plus l’ADN mais l’identification odontologique est aussi efficace. En effet, l'émail dentaire est la partie la plus dure du corps humain. De ce fait, les dents peuvent résister à de nombreux facteurs comme la putréfaction, l'enfouissement, la noyade…

L'identification odontologique fait partie avec l’analyse des empreintes digitales et l’analyse de l’ADN des trois méthodes qui permettent de prononcer une identification formelle d’une victime selon le protocole Interpol.

Quels facteurs vous ont poussée à intégrer l’AFIO et à en devenir sa présidente ?

La bonne ambiance, la qualité des présentations lors des congrès et les membres de l’AFIO m’ont donné envie de les rejoindre. Intellectuellement cela m’intéressait sans savoir si je pourrais poursuivre psychiquement et physiquement. Cela s’est bien passé, et j’ai pu me former aux examens autopsiques. Je voulais mettre au service de la justice mes connaissances odontologiques.

Quelle est la particularité de l’AFIO ?

Sa particularité est de s’occuper exclusivement d’identification et d’expertise en dommage corporel. Nous organisons un congrès annuel la dernière semaine de septembre, dans une ville différente chaque année. En 2021, il s’est déroulé à Nice. L’année prochaine, il aura lieu les 29-30 septembre 2022 à Lyon. Une autre séance de formation a lieu lors du Congrès de l’ADF. Nous avons le plaisir de recevoir de nombreux intervenants étrangers. Même avec l’épidémie de COVID, une dizaine de nationalités était représentée. Nous avons échangé autour du dommage corporel, des missions d’identification, des applications de l’intelligence artificielle en criminalistique ou sur la recherche et le développement en identification.

Vous êtes présidente de l’AFIO, pourquoi vous ?

Il n’y avait personne d’autres (rire). J’étais déjà secrétaire générale et bien impliquée lors des différentes interventions de l’AFIO au côté de Guy Collet, l’ancien président. Ma pratique de l’anglais a permis avec d’autres membres de représenter notre association au niveau international, notamment auprès de l'IOFOS (International Organization For Forensic Odonto-Stomatology). Nous avons d’ailleurs renoué avec ces derniers. C’est une association qui regroupe les associations d’identification odontologique d’une quarantaine de pays. Tous ces liens à l’international ont augmenté le rayonnement de l’AFIO. Je représentais l’AFIO à l’international, c’est donc tout naturellement que je me suis retrouvée présidente.

Quels sont les avantages pour les experts judiciaires d’être membre de l’AFIO ?

Tous les ans, ils doivent faire des formations, le compte-rendu des expertises faites et prouver qu’ils ont eu ces formations. L’AFIO est la seule association qui assure cette formation continue pour les réinscriptions sur les listes d’experts en identification. De plus, cela permet d’avoir accès à toutes les communications qui ont eu lieu sur les congrès passés, aux différentes publications et à la mise à jour des textes de lois. Les membres de l'AFIO sont tenus au courant de toutes les nouvelles technologies et bénéficient d’un partage des connaissances actualisées. En outre, ils ont des droits d’inscription à tarif préférentiel.

Comment envisagez-vous le futur à titre personnel et pour l’association ?

Les élections ont lieu cette année, je me représente comme présidente pour trois ans. Il va y avoir un renouvellement de deux postes. Le gros changement sera une journée en plus de formation. Si le contexte nous le permet, cela sera une journée des membres avec des cas d’expertises en dommage corporel et en identification. Nous aimerions aussi établir des fiches à diffuser auprès des officiers de Police Judiciaire (OPJ) pour faciliter l’utilisation de l’identification odontologique. Un autre projet consistera à mettre en place des workshops pendant le congrès pour l’utilisation des formulaires Interpol. Il s’agit ainsi de mettre des congressistes en situation d’identification des victimes de catastrophe. Toute l’identification se fait avec la comparaison de dossiers ante-mortem et de dossiers post-mortem. Il faudra les remplir de manière à uniformiser nos pratiques. Et bien sûr encore plus de participation aux congrès internationaux.

On remarque une féminisation de la profession mais cela ne transparaît pas toujours au niveau des élus. Est-ce le cas à l’AFIO ?

Chez nous cela suit la même évolution que dans la profession. Il y a déjà eu un renouvellement, un rajeunissement et la parité. J’étais la seule femme avec sept hommes. Nous sommes à présent cinq femmes et cinq hommes. Elles sont représentées au bureau comme dans "la vraie vie".

L'AFIO est membre de l’ADF depuis 25 ans, qu'est-ce que cela lui a apporté ?

L’ADF nous a permis de promouvoir l’identification. Cela apporte à notre association de la visibilité. D’une part avec un stand lors du congrès de l’ADF et aussi en nous incluant dans le programme pluridisciplinaire. C’est super que l’ADF nous offre cette opportunité. Et nous l’en remercions.

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