PLongez dans
le DPC !

Derrière l’obligation de formation des chirurgiens-dentistes se cachent bien des enjeux : acquisition de nouvelles connaissances, évolution des pratiques professionnelles, gestion des risques, qualité et sécurité des soins… Le DPC (Développement Professionnel Continu) y apporte une réponse opérationnelle et efficiente.

Publié le 01 mars 2021

Le devoir de formation continue

En tant que chirurgien-dentiste, quel que soit votre mode d’exercice, vous êtes soumis à une obligation de formation continue tout au long de votre vie professionnelle et à une obligation de développement professionnel continu.

Cette obligation relève pour la formation professionnelle de :
- l’éthique personnelle, par le devoir moral de chacune et chacun d’offrir à nos patients la meilleure compétence.
- l’obligation déontologique indiquée dans le code de la Santé publique (Code de Déontologie, art. R.4127-214).

Elle a été complétée par une obligation de s’inscrire dans une démarche de développement professionnel continu à partir de 2009, obligation réformée en 2016.

L'obligation
de DPC a été
créée en 2009 puis réformée en 2016

Au-delà de l'obligation, le DPC est surtout une opportunité

Avec la mise en place du DPC, une obligation triennale pour chaque professionnel de santé a été créée. Sur 3 ans, il doit réaliser des actions de formation, d’évaluation de ses pratiques professionnelles ou de gestion des risques sur des thématiques entrant dans le cadre d’orientations prioritaires porteuses d’enjeux pour le système de santé et pour les professions.

L’objectif ?
- Développer la qualité et la sécurité des soins à travers l’évaluation, l’amélioration des pratiques professionnelles et la gestion des risques.
- Maintenir et actualiser les connaissances et compétences des professionnels.
- Prendre en compte les priorités de santé publique.

L’Agence Nationale du Développement Professionnel Continu (ANDPC) s’assure de la mise en œuvre et du suivi de ce dispositif ainsi que d’une partie de son financement pour un certain nombre de professionnels (10 professions conventionnées à exercice libéral ou salarié de centres de santé).

Si l’obligation de DPC n’est pas remplie, le Conseil de l’Ordre demande alors les motifs de ce non-respect. Selon la réponse, il pourra imposer au chirurgien-dentiste la mise en place d’un plan annuel de DPC.

Image de dentiste qui se pose une question

Existe-t-il des formations DPC pour les assistant.e.s dentaires ?

Les assistant.e.s dentaires, reconnu.e.s comme professionnels de santé depuis 2016, sont désormais également concerné.e.s par l’obligation de DPC. Cela a été annoncé par l’ANDPC le 5 février dernier, une demande que l’ADF portait depuis plusieurs mois. Pour le moment, aucune offre n‘est encore déposée auprès de l’Agence. Mais cela devrait évoluer au cours de l’année 2021 et il va falloir réfléchir aux orientations nationales qui les concerneront spécifiquement. Les assistant.e.s dentaires occupent notamment un rôle essentiel pour la sécurité et la qualité de traitement des patients. Leur donner accès au DPC était donc crucial pour améliorer leurs pratiques.

« Les chirurgiens-dentistes commencent à s’approprier le DPC »

Michèle Lenoir-Salfati,
directrice de l’ANDPC

Portrait de Michèle Lenoir-Salfati
Quel bilan tirez-vous de l'année 2020 ?
M. Lenoir-Salfati : Avec la crise sanitaire, de nombreuses professions se sont moins engagées dans le DPC. Pour les chirurgiens-dentistes, les chiffres ne sont pas si mauvais. La progression est régulière depuis 2017 où nous étions à 4 212 chirurgiens-dentistes engagés. En 2020, nous sommes à 6 861. Les chirurgiens-dentistes commencent à s’approprier le DPC. Le dispositif les a un peu pris de cours par rapport à leur offre historique de formation. Mais avec les représentants de la profession, nous avons communiqué sur la place du DPC par rapport à un parcours global de formation. Pour la période triennale 2017-2019, un tiers de la population de chirurgiens-dentistes éligibles à notre financement s’est engagé dans le DPC. Pour une profession qui appréhendait mal le dispositif, ce n’est pas si mal ! La représentation professionnelle doit être vigilante mais je dirais que les chirurgiens-dentistes se sont mis en mouvement. Ils rattrapent d’autres professions.

Les progrès apportés au DPC sont-ils
pour beaucoup dans ce bilan ?

MLS : Oui, la profession a proposé pour 2020-2022 des orientations prioritaires plus proches des besoins de terrain. Les CNP, représentant au sens large les chirurgiens-dentistes, se sont vraiment emparés de ce travail. Autre progrès à venir, les assistant.e.s dentaires intègrent le dispositif en 2021. Des actions de DPC devraient leur être proposées. Pourquoi ne pas aller vers des actions qui concerneraient dentistes et assistant.e.s pour améliorer la prise en charge au sein des cabinets ? Les opérateurs de DPC doivent maintenant créer ces programmes.

Quelles sont les améliorations qui restent à mener ?
MLS : Les acteurs de la profession ont fait un gros travail. Maintenant c’est aux opérateurs de DPC de jouer ! Car le DPC ce sont des actions de formation mais aussi des actions d’évaluation de pratiques professionnelles (EPP) et de gestion des risques. Aujourd’hui, 95 % de l’offre de DPC restent une offre de formation continue. Si les opérateurs de DPC ne conçoivent pas d’actions d’EPP et de gestion des risques, comment être au plus près des pratiques ? C’est un vrai problème pour les praticiens par rapport à leur obligation de DPC. Nous travaillons avec les opérateurs de DPC pour leur diffuser l’EPP, la gestion des risques, les méthodes de la Haute Autorité de Santé notamment à l’aide de guides méthodologiques. Ils doivent se doter de compétences pour s’engager dans la création de ces actions. C’est le meilleur moyen d’améliorer la pertinence des soins. Toute la profession y gagnera.

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