Peut-on sortir du cobalt ?

Publié le 20 juillet 2022

Couronnes, bridges, prothèses amovibles à châssis, dispositifs et appareils orthodontiques… peuvent-ils être fabriqués dans des matériaux alternatifs au cobalt ? La filière dentaire est lourdement impactée par le classement du cobalt en substance cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction. 
Les responsables de la profession réagissent et interpellent les pouvoirs publics.

La classification du cobalt comme substance CMR (cancérogène, mutagène, toxique pour la reproduction) touche toute la filière dentaire, et les patients en odontologie. Elle impacte tous les dispositifs médicaux et tous les soins prothétiques contenant du cobalt : les couronnes, les bridges, les prothèses amovibles à châssis, les dispositifs et appareils orthodontiques comme les brackets et bagues, et les fils.

Des réflexions sont menées concernant des matériaux de substitution comme le titane, mais l’utilisation de ce matériau engendre un surcoût économique important sur les produits sans être aussi efficace que les alliages chrome-cobalt. Quant aux recherches de matériaux alternatifs, elles peuvent prendre des années. Alors existe-t-il des alternatives au cobalt envisagées et envisageables, en fonction des situations cliniques ? 
Le cobalt est-il irremplaçable dans certains cas ? Comment agit la profession face à cette situation ?

Les alternatives au cobalt en fonction des situations cliniques

Il existe différentes possibilités de substitution du cobalt envisageables dans les alliages dentaires, notamment une substitution du cobalt dans l’alliage même, ou une substitution de l’alliage chrome-cobalt par d’autres matériaux dans certaines situations cliniques.
- Concernant les bridges, les alternatives envisageables sont les alliages à forte teneur en or, le titane pur ou les alliages en titane et les céramiques à base de zircone. Leurs points faibles sont leurs coûts plus élevés, et une moindre résistance mécanique des alliages à forte teneur en or ou en titane comparée aux alliages chrome-cobalt. Les bridges réalisés avec ces alternatives présentent donc une épaisseur de paroi plus forte, et leurs connexions doivent être plus étendues. De plus, l’utilisation de matériaux à base de titane oblige les prothésistes à changer de technique de recouvrement céramique. 
- Pour la couronne unitaire, il existe déjà, depuis une dizaine d’années, des substituts au chrome-cobalt comme la vitrocéramique et les zircones translucides, lesquels permettent

de réaliser des couronnes résistantes mécaniquement et à lacorrosion. De plus, elles sont de haut niveau esthétique. Il existe également une autre alternative pour cette indication, avec des alliages précieux, recouverts ensuite d’un matériau cosmétique. Cependant, les coûts de réalisation de ces alternatives sont plus élevés que ceux en alliage chrome-cobalt.
- Dans le cas des traitements orthodontiques, la situation est plus complexe. Même si depuis plusieurs années, l’utilisation de gouttières plastiques successive et aligneurs constitue une alternative thérapeutique efficace dans de nombreuses situations cliniques, elle ne permet pas de réaliser l’intégralité des traitements orthodontiques notamment chez les enfants pour lesquels il s’agit d’accompagner et de guider la croissance osseuse des maxillaires à l’aide d’appareils fonctionnels contenant du cobalt. Dans ce cas, seuls les brackets et les bagues peuvent être réalisés en céramique ou en résine, en fonction des situations. Les fils n’ont pas d’autres alternatives.

Le cobalt, irremplaçable dans quel cas

Actuellement, la problématique majeure du cobalt et des alternatives en dentisterie est la prothèse amovible à châssis métallique. Elle n’est pas envisageable dans un autre matériau que l’alliage chrome-cobalt, en raison de ses propriétés mécaniques hors pair : dureté et élasticité, résistance à la corrosion et à la flexion.

Actions menées par les responsables professionnels

Sous l’égide de l’Association dentaire française (ADF), les Chirurgiens-dentistes de France (LesCDF), la FSDL, l’Union dentaire (UD), le Syndicat des femmes chirurgiens-dentistes (CFCD), la Société française d’orthopédie dento-faciale (SFODF), l’Union nationale patronale des prothésistes dentaires (UNPPD), et le Comident représentant des industriels et des distributeurs du secteur dentaire, se sont réunis autour de la problématique de la réglementation européenne sur le cobalt pour interpeller et faire part au ministre de la Santé des nombreuses incertitudes sur les ruptures d’approvisionnement sur certains produits, ayant pour conséquences des ruptures de soins préjudiciables pour les patients et une diminution de l’accès aux soins essentiellement dans le cadre des prothèses amovibles.

La problématique de la réglementation européenne sur le cobalt pourrait avoir pour conséquence des ruptures de soins préjudiciables pour les patients.

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